‹ Contribution à l'étude de L'Ovarite Scléro-KystiqueChapitre 13 sur 18 · ANATOMIE PATHOLOGIQUE · texte numérisé non relu

ANATOMIE PATHOLOGIQUE

Les lésions de l’uvaire scléro-kystique ont été bien étudiées par MM. Forgue et Massabuau, en 1910, et c'est sur leur travail que nous nous baserons pour faire une étude d’ensemble de ces lésions. Nous examinerons successivement les lésions ovariennes proprement dites, ensuite les lésions associées, tubaires, utérines, pelviennes et abdominales.

1° Lésiows pes ovaires. — L'ovaire scléro-kystique est ordinairement libre d’adhérences dans la cavité pelvienne : il est augmenté de volume, et sa surface montre l'alternance de petites saillies kystiques de volume variable et de plages dures, fibreuses, mamelornées quelquefois comme des circonvolutions cérébrales ; il arrive même parfois que les masses dures et rétractées l’emportent sur les formations kystiques, l'ovaire est alors plus scléreux que kystique.

Les kystes ne dépassent guère, en général, le volume d’une cerise ou d’une noix au maximum. Quelquelois cependant ils sont plus gros et très nombreux; l'ovaire revêt alors l’aspect d’une masse polykystique, qui peut atteindre le volune d’un œuf ou du poing et même exceptionnellement un volume plus considérable ; ce sont ces cas, anatomiquement

semblables aux précédents, auxquels Pozzi ‘a donné le nom de « maladie kystique de l'ovaire ».

Ces kystes présentent deux variétés : les kystes séreux, de beaucoup les plus fréquents, les kystes hématiques, plus rares.

1° Les kystes séreux. — On peut les classer en trois groupes, au point de vue de leur genèse : les kystes par hydropisie du stroma, les kystes folliculaires, les kystes du corps jaune.

À. Les kystes par hydropisie du stroma sont rares et dus à une dissociation du tissu conjonctif par l'œdème et à une fonte des éléments de ce tissu qui aboutit à la formation de cavités remplies de liquide.

B. Les kystes folliculaires. — Ce sont les plus fréquents. . Leur étude histologique a été bien faite tout d’abord par Paul Petit, Pilliet, von Kahlden. Ces auteurs ont établi que la lésion essentielle et primordiale réside dans le follicule. Il y a, dans l’ovaire kystique, un plus grand nombre de follicules en voie d'évolution que dans l'ovaire normal ; ces follicules sont atteints de bonne heure de lésions dégénératives qui débutent par l’ovule et la membrane granuleuse. [ls ne peuvent arriver jusqu'à maturité; les plus petits subissent un processus d’atrophie et de sclérose, ils sont envahis par la prolifération conjonctive qui vient du stroma ; les plus volumineux deviennent kystiques. |

La paroi des kystes comprend dès lors, en allant % la lumière vers la périphérie, des restes de la membrane granuleuse renfermant quelquefois l’ovule altéré quand le kyste ne dépasse pas le volume d’une cerise environ (Richtie, Webb, P. Petit), une lame fibreuse qui représente la thèque interne épaissie. #4

Das AE

Les notions récemment acquises sur l'histologie normale de l'ovaire, la connaissance de l’atrésie folliculaire et des cellules interstitielles de l’ovaire à fonctions glandulaires dérivées du follicule atrésique, que nous devons à Prenant et à ses élèves, eut modifié cette conception de la genèse et de la structure des kystes folliculaires.

Les lésions de l'ovaire kystique étudiées au jour de ces faits nouveaux ont été bien mises en évidence par Seitz, Cohn, Wallart, Forgue et Massabuau. Elles peuvent se résumer de la manière suivante : -

Le nombre/des ovaires en voie d’accroissement est augmenté. Ceux qui évoluent vers la maturité normale sont l’exceplion ; la plupart évoluent vers l’atrésie. o

Cette atrésie, étudiée dans un follicule tout petit, se caractérise par les éléments suivants :

1° D'abord des altérations de l’ovule, disparition de la vésicule germinative, épaississement de la membrane pellucide, dégénérescence du protoplasma, envahissement de l'œuf dégénéré par des éléments cellulaires, surtout des leucocytes mononucléaires ;

2° Parallèlement à la dégénérescence de l’ovule se produit la dégénérescence de l’épithélium folliculaire ; il arrive un moment où la granuleuse, entièrement dissociée, n’est plus représentée que par quelques éléments cellulaires modifiés dans leur forme et méconnaissables:

3° Les modifications de la thèque interne sont les plus importantes : la thèque interne s'élargit, ses cellules con- Jonctives deviennent progressivement de grosses cellules polygonales, d'aspect épithélioïde, serrées les unes contre les autres ; leur protoplasma est creusé de vacuoles dans lesquelles se trouve une substance lipoïde analogue à celle que l’on rencontre dans les cellules de la surrénale ;ce sont les cellules lutéiniques de la thique, ecore appelées cellules in-

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