‹ Contribution à l'étude de L'Ovarite Scléro-KystiqueChapitre 5 sur 18 · HO · texte numérisé non relu

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la petite formation ; elle présente des vaisseaux congestionnés.

Tout à côté, existe un follicule de volume identique au précédent. La limite interne du kyste est formée par une bande réduite de granuleuse dans laquelle on ne peut voir ni cumulus ni ovule. En dehors de cette couche, il n’y a pas de bande hyaline. La couche des cellules lutéiniques est épaisse. plus épaisse dans les points où la granuleuse est moins dégénérée. La limite externe de cette zone est très irrégulière, elle renferme de nombreux capillaires très congestionnés.

On trouve dans les diverses préparations plusieurs follicules à ce stade de l’évolution atrésique. À

Signalons un follicule dans lequel la couche lutéinique présente un prolongement massif qui s'enfonce en c dans le stroma ovarien ; dans ce prolongement, les cellules présentent des figures de caryocinèse indubitables.

Un autre follicule présente une cavité entièrement libre, une paroi revêtue d’une membrane hyaline assez épaisse qui pousse des prolongements dans la couche lutéinique qui lui est intimement accolée. Cette formation hyaline se reconstitue à la périphérie de la couche lutéinique, sous forme de travées ‘hyalines qui se dispersent et s’effilochent dans le tissu con- Jonetif et qui paraissent être dues à la transformation spéciale de la substance conjonctive fondamentale.

Les grands kystes présentent une struture tout à fait comparable à celle que nous venons d'étudier; tous sont des kystes lutéiniques. La couche lutéinique, plus ou moins épaisse, tantôt forme elle-même le revêtement de la cavité, tantôt est séparéege celle cavité, soit par une membrane granuleuse non encore dégénérée, soit par une bande byaline.

Dans une seule série de préparations, nous avons trouvé / dans le stroma ovarien des îlots de cellules à lutéine. L'un d'eux est typique. C’est un œuf irrégulièrement arrondi sur la

coupe qui est formé par des cellules claires qui s’éparpillent à la périphérie dans le tissu conjonctif ; il est traversé par de nombreux capillaires gorgés de sang, dont la disposition générale est en sens radiaire.

À un fort grossissement, ces cellules ont tous les caractères des grosses « cellules interstitielles » de l'ovaire.

Dans d'autres préparations, on se trouve en présence de stades plus avancés du processus régressif ; on y rencontre tous les degrés de latrésie oblitérante, tous les degrés de la transformation des kystes lutéiniques en kystes à paroi conjonctive simple.

Un follicule typique en voie d’atrésie présente cette forme triangulaire si souvent notée ; dans sa cavité, on voit encore un petit amas de cellules de la granuleuse modifiées, dans lequel l'œuf dégénéré existe encore et se reconnaît à la présence de la membrane pellucide.

La paroi de ce follieule est formée en allant de dedans en dehors par les couches suivantes : a) une couche de tissu conjonctif fibrillaire qui tend à gagner la partie centrale de la cavité et qui provient de la prolifération du tissu conjonctif de la thèque externe ; 4) une membrane hyaline très belle ; e) une épaisse couche Jutéinique dans laquelle les cellules claires sont déjà dissociées par l’envahissement du tissu conjonctif provenant de la thèque externe.

Ces cellules dissociées sont plus claires encore que les cellules lutéiniques des autres kystes ; leur protopiasma est creusé de larges vacuoles ; ce sont des cellules dont la fone-

tion glandulaire est terminée.

= Dans un follicale encore plus avancé dans son évolution, nous trouvons une cavité qui se rétrécit de plus en plus, envahie par un tissu conjonctif lâche, d'aspect myxomateux, qui la comble. La membrane hyaline existe encore ; en dehors d'elle, la couche lutéinique est méconnaissable; elle est la

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proie de l’envahissement conjonetif qui aboutit progressivement à la disparition des cellules claires.

Il y a encore des follieules complètement oblitérés qui sont constitués : a) par une tache claire centrale représentant la cavité folliculaire comblée par du tissu conjonctif très lâche ; b) par une couronne de tissu conjonctif dont les fibres sont disposées en sens radiaire et qui est remarquable par sa richesse en cellules rondes ; c’est la couche conjonctive qui a remplacé progressivement la couche lutéinique ; autour d'elle, le stroma ovarien reprend peu à peu son aspect normal.

Il existe enfin des follicules depuis longtemps oblitérés, qui se présentent simplement sous forme de cicatrices à contours irréguliers qui tranchent par leur coloration pâle sur le stroma ovarien plus sombre; ces cicatrices fibreuses se rencontrent surtout à la périphérie de l’ovaire, dans la couche corticale.

Il y a des follicules plus volumineux, kystiques véritablement, qui ne peuvent s’oblitérer ; le processus d’envahissement conjonctif de la cavité s’ébauche, puisque ces follicules sont revêtus, à leur face interne, d’une couche conjonctive dont le contour est très irrégulier, mais ne peut s'achever, ja pression du liquide intra-folliculaire étant trop considérable.

La couche lutéinique n’en est pas moins envahie dans ces follicules par la prolifération conjonctive qui vient de la thèque externe et qui tend à l’étouffer et à la faire disparaître.

Dans quelques grands kystes, il semble qu'il se soit passé un processus comparable à celui de l’atrésie oblitérante. Leur cavité ne s'oblitère pas, mais leur paroi peut présenter les trois structures suivantes : paroi formée d’une couche lutéinique très nette, paroi formée d’une couche lutéinique envahie par le tissu conjonctif périphérique et disparaissant progressivement, paroi uniquement constituée de tissu conjonctif riche en cellules, dont les couches les plus internes renferment presque uniquement de grosses cellules rondes,

+ pis

On trouve encore dans ces préparations quelques corps jaunes et plusieurs corps fibreux.

Le stroma présente une congestion très marquée et de petits foyers d'infiltration hémorragique ; les vaisseaux ont des parois épaisses et les artères présentent des bandes de dégénérescence hyaline.

| OBsERvATION [I

Ovarite scléro-kystique bilatérale prédominante à gauche.

Rétroflexion utérine mobile.

G... H..., âgée de 27 ans, a été réglée à 13 ans. Règles toujours irrégulières, abondantes et douloureuses.

Mariée à 20 ans, elle continue à souffrir au moment des règles.

Elle a une grossesse normale, pendant laquelle les douleurs se calment, suivie d’un accouchement normal.

Depuis cet accouchement, les douleurs ont apparu à nouveau et sont allées en augmentant d'intensité. D'abord, elles ‘ne se montraient qu'au moment des règles, localisées dans le bas-ventre et dans le côté gauche du ventre, irradiées dans la région lombaire. Elles sont ensuite devenues presque continues, au point d'empêcher la malade de se livrer à ses occupations.

Les règles sont, en outre, abondantes, ménorragiques par-. fois. Jamais de métrorragies.

Cette malade présente des troubles SYPPRRIQUES et un état névropathique très marqué.

Par le toucher vaginal, très douloureux, on perçoit un gros utérus rétrodévié et, dans le cul-de sac gauche, assez haut

Nr es situé, un gros ovaire dont la surface est irrégulièrement bosselée et mobile.

Diagnostic : ovarite seléro-kystique gauche.

: Laparotomie, le 20 juin 1908. Ablation du seul ovaire gauche polykystique, prolabé dans le Douglas, parfaitement libre et surmonté d’une trompe saine.

Par un Doléris, on redresse l’utérus rétrodévié.

Etude histologique. — L’épithélium de surface de l'ovaire est en partie conservé et il n'y a pas de fausses membranes à la surface de l'organe.

La couche corticale est normale, formée de tissu fibreux fasciculé homogène.

Les follicules primordiaux sont nombreux ; quelques-uns commencent à grandir êt sont revêtus d’une couronne d'épithélium cubique ; l’ovule est normal.

On trouve plusieurs follicules à des stades avancés de leur évolution vers la maturité ; la plupart d’entre eux présentent des altérations dégénératives.

Dans un de ces follicules, on constate la structure suivante : la granuleuse est formée de quatre ou cinq rangées dè cellules polygonales qui ne présentent aucune figure de dégénérescence. ‘

La membrane pellucide de l’ovule est élargie et présente une structure homogène ; entre la membrane pellucide et le disque ovulaire, existe une cavité ; le protoplasma ovulaire est dépourvu de vésicule germivative et est envahi par des cellules de la granuleuse.

Ce sont les premiers stades de la dégénérescence ovulaire.

Un autre follicule présente des lésions plus accentuées ; la dégénérescence de la granuleuse est notable ; dans la partie qui répond au cumulus proligère, on trouve une cavité comblée par un bloc homogène coloré en rouge par le Van Gieson

Te et qui pourrait être pris, au premier abord, pour l’ovule ; audessous de l’ovule, on voit un amas de structure identique. L'ovule lui-même est formé d’un disque qui ne renferme pas de noyau et qui est finement granuleux.

Autour d'une de ces masses homogènes de la granuleuse, les cellules épithéliales se disposent en cercle de cellules cubiques comparables, dans leur forme et leur disposition, à des cellules cubiques basses qui tapisseraient un acinus glandulaire.

Autour de ce follicule modifié, la thèque interne est élargie ; ses cellules ont subi une transformation épithélioïde et se disposent sur plusieurs rangs.

Dans d’autres follicules, l’épithélium de la granuleuse a complètement disparu ou bien il s'élimine par grands lambeaux décollés de la paroi par une hémorragie.

Dans des follicules de cet ordre, la thèque interne s’élargit beaucoup et donne naissance à une grosse masse de cellules épitélioïdes qui tend à proliférer dans la cavité et à réduire son calibre ; dans ces cellules, nous avons vu le noyau présenter des figures de division caryocinétique.

Des iravées conjonctives séparent ces cellules en petits amas : la couche la plus interne de ces cellules s'organise en un tissu d'aspect endothélial formé de cellules plates ou cubiques. Extérieurement sa limite est peu nette, et on passe insensiblement de ce tissu à un tissu conjonctif riche en cellules et en vaisseaux jeunes et dont la coupe ressemble à celle d’un bourgeon charnu.

La cavité de ces follicules finit par disparaître, comblée par un tissu conjonctif lâche qui vient des couches extérieures du follicule et traverse la zone des grosses cellules.

Dans certains de ces follicules en voie de comblement, on constate l'existence d’une membrane hyaline à contour irrégulier qui sépare la couche conjonetive endocavitaire de la

| — 18 — * thèque interne modifiée. Dans aucun des follieules à ce stade d'évolution nous n'avons rencontré d’ovules.

À côté de ces follicules encore reconnaissables, on trouve des cicatrices fibreuses qui représentent des follicules complètement oblitérés et qui ont subi l’envahissement conjonctif.

Les grands kystes peuvent se présenter avec deux aspects

1° Il en est dont la paroi est formée par la thèque interne élargie et dont les cellules polygonales et claires présentent un noyau bien coloré et un protoplasma qui renferme des enclaves lipoïdes ; au milieu de ces cellules et traversant la couche dans tous les sens, se voient de nombreux capillaires Sanguins ; |

2° Dans d’autres grands kystes, on ne trouve plus trace de granuleuse ni de thèque : c’est du tissu conjonctif qui tapisse les kystes ; dans un de ces kystes volumineux, nous avons trouvé l’ovule dégénéré, avec des cellules polygonales qui envahissent son protoplasma.

Dans de nombreux follicules qui sont à ce stade avancé du processus atrésique kystique ou oblitérant nous avons rencontré des ovules dégénérés.

D [Il

Ovarite scléro-kystique gauche. &ros utérus fibreux.

Histoire clinique. — M... S..., âgée de 42 ans, a été réglée à 14 ans. Règles habituellement douloureuses et abondantes ; elle n’a jamais eu d’actouchements ni d'avortements.

Depuis seize ans elle souffre plus vivement au moment des périodes menstruelles, et ses douleurs l’obligent à garder le lit pendant plusieurs jours. Elles présentent leur maximum d'intensité quelques jours avant les règles et semblent se

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