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irrégulières et très douloureuses. De bonne heure, elle a présenté des douleurs pelviennes intermittentes ; étant jeune fille, elle souffrait souvent, le soir, après sa journée de travail, et ces douleurs se calmaient par le repos au lit.
Mariée, elle a eu trois accouchements normaux ; le dernier, il y a deux ans et demi.
Jamais les troubles douloureux ne l'ont quittée ; ils ont même été en augmentant progressivement d'intensité, surtout au moment des règles. Il y a eu un mois, en dehors des règles, la malade a fait une crise douloureuse qui a pris le masque d’une pelvi-péritonite avec ballonnement abdominal, vomissements, constipation, et qui à nécessité le séjour au : lit pendant vingt jours. UE
Elle n’a jamais eu de ménorragie ni de métrorragie, mais des pertes blanches assez abondantes.
Elle est, en outre, dyspeptique et nerveuse.
Par le toucher vaginal, on perçoit le col gros, aux lèvres entr'ouvertes, refoulé en avant. Dans le cul-de-sac postérieur, bombe le corps de l'utérus rétrofléchi et, dans le cul-de-sac latéral gauche, on trouve une tumeur du volume d’un œuf, immobile, douloureuse à la pression, séparée de l'utérus par un sillon nettement appréciable.
Laparotomie, le 27 avril 1908
Ablation des deux ovaires seléro-kystiques, redressement de l’utérus gros et fortement rétrofléchi par un Doléris.
L'ovaire gauche est gros comme une petite mandarine, bosselé de saillies kystiques, dont les unes renferment un liquide séreux, les autres du sang. |
Etude histologique. — Quatre séries de préparations ont été faites. trs
Dans la première série, un kyste volumineux rempli de sang qui fait saillie à la surface de l'ovaire est un kyste du
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corps jaune. Sa paroi est formée d’une couche épaisse de cellules épithéliales dont le protoplasma se colore fortement par l’oséine et qui ressemblent à des cellules hépatiques allongées Le contour de cette couche est très ondulé, très nettement limité en outre à la périphérie par une bande conjonctive.
On trouve également dans le stroma de l'ovaire plusieurs corps fibreux volumineux, résultant de l’évolution régressive des corps jaunes.
Plusieurs kystes folliculaires sont proches les uns des autres ; en se comprimant réciproquement, leurs cavités prennent les formes les plus variables, allongées, sinueuses, en demi-cerele, en €, en €, etc.
Dans la plupart d’entre eux, la dires est complètement dégénérée ; tous possèdent une couche lutéinique plus ou moins épaisse, dont les éléments se confondent à la périphérie avec les cellules conjonctives. Ce qu’il y a de plus remarquables dans ces kystes, c’est la congestion énorme de leurs Fans l'infiltration hémorragique n’est pas seulement limitée à la paroi des kystes, elle forme encore de larges placards sanguins qui dissocient le tissu conjonctif dans les espaces interkystiques.
On trouve, à côté des kystes vrais, des follicules au début de leur évolution, dont la granuleuse dégénère et dont la thèque interne s’hypertrophie, et des follicules. en atrésie oblitérante avancée, dont la cavité est à peu près complètement oblitérée, limitée encore par une lame hyaline, et dont la couche lutéinique est présque complètement étouffée par l’envahissement conjonctif.
Dans toutes ces préparations, la congestion est intense.
Dans une deuxième série de coupe, on rencontre sept ou buit cavités kystiques, dent la plus grosse a le volume d'un noyau de cerise et a une forme assez régulièrement arrondie, dont les autres, plus petites, ont des formes très irrégulières.
Tous ces kystes sont des kystes lutéiniques.
L'un d'eux, qui a le volume d’un noyau de cerise, présente trois couches successives :
* 4° Une couche externe formée de cellules lutéiniques typiques qui présentent les caractères de cellules qui sécrètent et qui sont disposées sur plusieurs rangs, s’infiltrant jrrégulièrement à la périphérie dans les mailles du tissu con- Jonctif.
Quand on envisage les parties périphériques de cette couche, on voit que les cellules sont divisées en petits groupes de deux outrois, quelquefois d’une seule cellule, séparées les unes des autres par des traînées de la même substance homogène qui forme la bande hyaline.
Les cellules enlacées par ces travées homogènes présentent des modifications de leur structure d’un très grand intérêt : la partie périphérique de leur protoplasma se creuse
de larges vacuoles séparées par destrainées qui prennent la même coloration bleue que les travées hyalines fondamentales ; ces vacuoles sont toujours vides.
Peu à peu. cette partie périphérique de la cellule s’efface et s'homogénisé avec la substance fondamentale.
De la sorte, le corps cellulaire est réduit à une petite masse protoplasmique disposée autour d’un noyau dans lequel la chromatine s’est condensée ; c’est un stade d’évolution vers la cellule conjonctive ; certaines de ces cellules plus petites peuvent s’étirer et Ss’allonger, prendre un aspect fusiforme ; c'est la cellule conjonctive typique.
2° Une couche moyenne formée d’une mince bande hyaline colorée en bleu d’une façon homogène par picro-indigocarmin.
3° Une couche interne qui n'existe qu'en certains points de la face interne du kyste ; elle est composée de cellules de deux sortes : |
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Les unes ressemblent tout à fait aux cellules lutéiniques de la thèque, bien qu'en général, un peu moins volumineuses et moins claires; SRE
D'autres perdent les parties périphériques de leur protoplasma, s’allongent parallèlement à la cavité, leur noyau prend une forme ovalaire ; elles ressemblent beaucoup à des cellules de type conjonctif ; en certains points, la couche interne n'est formée que par une ou deux rangées de cellules ‘aplaties de ce dernier type.
La cavité kystique renferme des détritus granuleux, parmi lesqueis se voient de nombreux noyaux dégénérés provenant sans doute de la destruction de la plupart des cellules de la granuleuse. | |
Ce kyste ‘utéinique nous paraît devoir être interprété, non comme un corps jaune kystique, mais comme un kyste folliculaire atrésique, en raison de phénomènes dégénératifs de la granuleuse qui sont les lésions prépondérantes de cette couche. | = Mulon, quia rencontré dans un ovaire de cobaye une formation kystique analogue, l'interprète comme un corps jaune kystique ; il nous semble également plus rationnel d'admettre queles figures de Mulon se rapportent à un kyste folliculaire lutéinique atrésique.
Dans d'autres kystes lutéiniques de cette préparation, dans lesquels la granuleuse n'existe qu’à l'état de traces, nous retrouvons, dans les parties les plus centrales et les plus périphiques de l’épaisse couche des «theca luteinzellen », les mêmes transformations cellulaires précédemment décrites.
On voit, en certains points, que les cellules s’entourent d’une mince ligne périphérique homogène, colorée en bleu par le picro-indigo-carmin, et qui réduit de toute son épaisseur le protoplasma de la cellule. Ultérieurement, celui-ci diminué de volume s'étire, le noyau s’allonge et, dans le ré-