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rée; alors que la mortalité atteignait 93 % pour les cas où, avec une cyanose marquée ou intense, la saturation artérielle était inférieure à 80 %, ce qui correspond à une insaturation supérieure à 20 %. Bien que l’évolution de la broncho-pneumonie ne puisse être comparée à celle de la pneumonie, il n’en est pas moins vrai que ce chiffre nous laisse entrevoir le retentissement profond qu’une anoxémie caractérisée par une insaturation supérieure à 20 % peut avoir dans l’organisme.
Nous voyons tout l'intérêt qu’il v aurait à observer nos malades avec soin pour déceler le plus tôt possible la plus légère cyanose qu’il faut considérer comme une indication impérative de commencer le traitement par la tente à oxygène.
$ 8. — Concentration de l'oxygène dans la tente.
Cette question a suscité de nombreuses discussions. Dans des expériences dues à PAUL BERT, les animaux mouraient en crise de convulsions lorsqu'ils étaient soumis à une pression d'oxygène supérieure à 4 atmosphères : oxygène et pression, les deux facteurs sont nécessaires; car, d’une part, l’air comprimé à la même pression et, d’autre part, l’oxygène pur à la pression atmosphérique ne provoquent pas les mêmes accidents. Par ailleurs, LORRAIN, SMITH, ADAMS, KARNSER, BINGER, FAULKNER et MOORE, ACHARD, BINET et LEBLANC, ont vu apparaître une pneumonie mortelle chez des animaux maintenus pendant plusieurs jours dans une atmosphère d'oxygène pur ou d’air renfermant plus de 98 % d'oxygène. Plusieurs auteurs ont repris cette question et ont déterminé le seuil d’intoxication pour divers animaux.
Il résulte de ces divers travaux, qu’une concentration de 50 % peut être tolérée à peu près par tous. C’est cette règle qui a été adoptée d’abord en clinique; mais on a dépassé nettement ce chiffre et on a pu, avec des précautions, atteindre, sans inconvénient et avec un bénéfice thérapeutique indéniable, à des concentrations de l’ordre de 85 %. Deux auteurs américains, Jon H. Evans et CLARENCE J. DURSCHORDWE conseillent un pourcentage aussi rapproché que possible de 100 %. La question n’est donc pas résolue. Elle nous semble fort intéressante; il faut tenir compte, d’une part, que les résultats obte-