OBSERVATION IV
Marcel D... âgé de 6 mois, est entré, le 15 janvier, dans le service de M. le D' Grenet, pour diarrhée, toux légère, écoulement de l’oreiïlle droite et température à 38°.
A l’examen d’entrée, l’enfant présente un assez bon état général, des signes de rachitisme : petit chapelet costal, incurvation des tibias, épiphyses un peu grosses, fontanelle largement ouverte. L’auscultation pulmonaire révèle quelques râles fins de bronchite disséminés. La rate est percutable sur trois travers de doigt. L’otite droite est bien drainée; une paracentèse est faite à gauche et ramène du pus. Les autres examens sont négatifs.
Jusqu'au 15° jour, l’otite double évolue avec de grandes oscillations de la température qui finit par s’abaisser et demeurer plusieurs jours au-dessous de 38. L’oreille gauche a nécessité une paracentèse d'agrandissement. Le petit malade a des selles vertes. L’état pulmonaire est resté stationnaire. Pendant cette période, on a complété les soins locaux de son olite par un traitement de son état pulmonaire et digestif : révulsion, huile eucalyptolée, eau de chaux, élixir parégorique.
Au 16° jour, un foyer broncho-pneumonique apparaît à droite, contemporainement d’une recrudescence thermique à 40°. Désormais, ce foyer s’accentue et s’étend, la température oscille de 38 à 40. L’anoxémie se manifeste; l’état général est très mauvais.
Le 8 février, au 25° jour de la maladie, 9 jours après l’apparition du foyer broncho-pneumonique, le malade est placé sous la tente à oxygène. On constate, quelques heures après, une légère atténuation des signes danoxémie. Mais le décès survient dans la nuit, alors que l’enfant venait d’être extrait de la tente pour des soins indispensables.
La vérification anatomique confirme lexistence d’un gros foyer
Sd
droit et révèle celle d’un petit foyer de la base gauche. Le foie est ischémique. La rate est volumineuse. Les méninges ont un aspect opalescent, la substance corticale est légèrement congestionnée.
Nous avons regretté, dans le traitement de ce cas, de n’avoir pas disposé d'appareil pour commencer l’oxygénothérapie dès Papparition clinique du foyer broncho-pneumonique, car nous pensons avec le professeur DAUTREBANDE, que l’oxygénothérapie doit être précoce. Dans le cas actuel, elle a agi sur l’anoxémie, mais les lésions révélées après le décès, limitent le rôle du besoin d’oxygène dans l'issue fatale.