‹ Contribution à l'Étude de l'OxygénothérapieChapitre 29 sur 36 · OBSERVATION IX · texte numérisé non relu

OBSERVATION IX

Bernard H.., amené le 21 mars, pour toux et hyperthermie (39°), est un enfant rachitique, pâle et dyspnéique, âgé de 13 mois. L’auscultation révèle des foyers de râles fins, disséminés dans les deux champs pulmonaires, et la percussion, des plages de matité; la gorge est rouge; la température est à 38°9. Le foie est volumineux.

Lorsqu'il est placé sous la tente, au 2° jour de sa maladie, i! est très dyspnéique (R — 68), son pouls est à 132 et sa température à 39°6. Elle descend alors en lysis jusqu’à 38°. Le premier jour, il se cyanose quand il est sorti de la tente pour des soins indispensables; puis, après trois jours de traitement à une concentration d’environ 60 %, il souffre moins d’être sorti à l'air libre. La polypnée baisse en 5 jours, jusqu’à 26 mouvements respiratoires par minute. Les signes pulmonaires évoluent : ce sont d’abord des râles disséminés et de la matité aux bases; puis un foyer apparaît au sommet gauche.

L’interruption du traitement provoque une élévation thermique et un accroissement de ia polypnée, ce qui nous amène à prolonger l’oxy génation durant 12 heures, pour diminuer plus progressivement la concentration. Puis, le malade est sorti définitivement de la tente et sa guérison s’achève.

Il est manifeste et logique que le retour à l’air pur d’un malade traité, de façon continue à l’oxygène pendant plusieurs jours, présente des dangers. Au cours de son séjour dans lPatmosphère suroxygénée, il s’est adapté à sa haute concentration, et son centre respiratoire s’est sensibilisé à un pH différent, de telle sorte qu’il respire un volume plus faible d’air (puisqu'il est suroxygéné) pour une même quantité de gaz carbonique éliminé. Lorsqu'il est ramené à l’air pur, la quantité de gaz carbonique qu’il produit reste la même, mais son centre respiratoire n’étant pas encore réadapté, la respiration conserve le même volume et s’il est suffisant à éliminer le gaz carbonique, il est insuffisant à alimenter en oxygène l’organisme qui peut alors souffrir d’anoxémie aiguë, que ne peuvent corriger les mécanismes régulateurs (poumons et reins). Une réadaptation progressive est donc nécessaire.

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