CONCLUSIONS
I —— L’oxygénothérapie continue par la tente à oxygène s’est révélée très efficace dans le traitement des bronchopneumonies graves de l’enfant. Elle nous a permis de sauver des petits malades dont l’état était désespéré.
IT. — Cette thérapeutique agit :
a) Par la réduction de l’anoxémie, qui se traduit physiologiquement par un abaissement de l’insaturation artérielle en oxyhémoglobine et cliniquement par une disparition de la dyspnée et de la cyanose.
b) Par l’adaptation de l’organisme à un milieu artificiellement conditionné au point de vue chimique et thermique. Cette adaptation se traduit physiologiquement par une réduction du pH auquel est sensibilisé le centre respiratoire et cliniquement par la disparition de l’agitation et un abaissement de la température.
III. — L'administration du traitement doit être précoce et s’impose lorsque apparaît la cyanose.
IV. —— La durée du traitement sera réglée par l’évolution des signes généraux. Quand la température et le rythme respiratoire se sont maintenus à des valeurs basses pendant plusieurs jours au cours desquels la cyanose n’est pas reparue et si le malade est resté calme on peut songer à retirer celui-ci de la tente à oxygène.
V. — La marche du traitement doit être très régulière. En conséquence, ses interruptions temporaires nécessitées par les soins ou les examens devront être réduites autant qu’on le pourra en durée et en nombre, et chacune sera précédée
d’un abaissement progressif de la concentration. La cessation définitive du traitement pourra demander un ou deux jours d'adaptation, au cours desquels la concentration sera progressivement abaïissée.
VI. — L'appareil employé devra permettre la décarbonatation, la déshydratation, le refroidissement de l'air et la réalisation de concentrations d'oxygène depuis 20 % jusqu’à près de 100 %. Il est désirable que les réglages de ces divers facteurs soient indépendants.
VIL. — La bonne marche d’un traitement par la tente à oxygène exige une surveillance attentive mais facile du fonctionnement de l’appareil aussi bien que de l’état du malade, de façon à conditionner l’un par l’autre.
VIII. — La concentration optima varie avec chaque sujet : elle semble rester entre 50 et 60 %. II est permis de prévoir que des concentrations plus élevées pourront être utilisées dans l’avenir et qu’une efficacité accrue du traitement en résultera.