PARTIE CRITIQUE DES RESULTATS
Il n’entre pas dans nos vues de faire état de ces quelques résultats pour donner un pourcentage de guérisons : sept cas favorables sur treize, c’est une proportion qui n’est pas cliniquement équivalente à 54 %, malgré l'égalité mathématique de ces deux fractions ! Nous répétons de plus qu’il nous paraît inutile d’insister longuement ici sur l'intérêt que présente l’oxygénothérapie dans la broncho-pneumonie : c’est une notion maintenant classique qu'aucun médecin ne peut ignorer. Toutefois, des discussions subsistent sur les techniques employées dans l'administration de ce précieux médicament. Il nous est apparu que le procédé de l’oxygénation continue présentait des avantages certains sur les autres méthodes : c’est cette conviction que nous voudrions justifier.
Et, pour tout dire, nous estimons que ce sont des thérapeutiques profondément différentes dans leurs principes physiologiques et dans leur application. Nous avons indiqué au chapitre premier qu’il n’est pas évident que dans l'administration continue d’oxygène à haute concentration, la quantité d’oxygène disponible dans les tissus soit de beaucoup supérieure à celle dont dispose l’organisme placé dans l’atmosphère ordinaire. Ce gain existe au début : il diminue peut-être par l'adaptation. Mais, cependant, cette adaptation à un nouveau milieu est un facteur du succès du traitement; par elle, l’organisme affaibli, à absorption égale d'oxygène, souffre moins de l’anoxémie; l’agitation et la polypnée diminuent et les combustions organiques se ralentissent : une plus grande quantité d'oxygène reste à la disposition des organes essentiels. La vie se maintient parce que le sujet trouve en lui des moyens de défense accrus. Nous l’avons dit plusieurs fois, au cours de notre exposé clinique : l’oxygène n’agit pas, dans cette méthode, comme agent curatif; c’est un fait reconnu, mais nous pensons de plus qu’il réduit peu dans les conditions où nous le donnons, c’est-à-dire par l’oxygénation continue, l’insaturation d'oxygène du sang artériel, pour les raisons exposées au chapitre 1°; il diminue les troubles résultant de cette insaturation.
Les effets nocifs des diminutions brusques et importantes de concentration que nous avons pu constater s'expliquent aisément. Le sujet adapté à une certaine teneur d’oxygène respire à un rvthme qui amène la concentration alvéolaire en CO?, donc le pH sanguin à une certaine valeur pour laquelle son centre respiratoire est sensibilisé. Lorsqu'on diminue rapidement la concentration d'oxygène, cette variation n’a aucun effet immédiat sur la respiration, puisque celle-ci est réglée par l’acidité sanguine; ainsi le volume respiratoire reste-t-il le même; mais il renferme une quantité d'oxygène plus faible et l’insaturation artérielle en oxygène croît.
Il nous a semblé assez difficile d'interpréter les propriétés hypothermisantes de ce traitement que nous avons maintes fois constaté dans son application. Ce fait peut paraître à première vue paradoxal. La chaleur dégagée par un foyer n’est-elle pas accrue lorsqu'on augmente la quantité d'oxygène qui lui est fournie ? Maïs « la vie ne flambe, ni ne s’éteint comme le fait
hit —
« un foyer quand la quantité d’air varie », « dans un organisme « vivant, c’est la dépense d'énergie qui détermine la consom- « mation d'oxygène. au lieu que c’est la quantité d'oxygène « qui détermine la combustion dans un foyer ordinaire. » (1)
Les élévations thermiques, qui ont accompagné les premiers essais d'interruption du traitement dans plusieurs observations, procèdent, sans doute, du même mécanisme, mais ne nous le font pas mieux connaître.
Il nous a semblé que, conformément au bons sens, c’est dans le cas où les signes d’anoxémie, et notamment la cyanose, avaient le plus d’importance que le traitement était le plus efficace.
es of respiration influencing their actions, by
+ « pQ ni cipl , Ne Haggard, p. 31 (Control of Vital Combustion).
Yandell Henderson and Howard W.