‹ Contribution à l'étude de l'ulcère simple du rectumChapitre 14 sur 14 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Traitement de l’ulcère simple du rectum

La simplicité et l’efficacité du traitement de l’ulcère du rectum s’oppose à la gravité des accidents auxquels expose cette affection. Il pourra s’effectuer la plupart du temps à la faveur de l’examen rectoscopique, et c’est ce qui a été fait dans plusieurs des cas que nous avons cités.

On peut opérer de deux façons:

1° La méthode de choix et la plus facile à exécuter est la cautérisation au thermo-cautère : après dilatation et mise en place du rectoscope, on cautérise soigneusement la surface ulcérée. C’est le procédé conseillé par Quénu qui a obtenu ainsi une guérison en quelques jours avec arrêt total des hémorragies. On constate seulement un léger saignotement à la chute de lescarre.

2° On peut également exciser la lésion et pratiquer ensuite une suture au catgut s’il y a lieu.

Dans tous les cas que nous avons rapportés, la guérison complète a été obtenue par l’emploi d’une de

ces deux méthodes.

Conclusions

I. — Il existe un ulcère simple du rectum, qui ne peut s’assimiler à aucune autre variété d’ulcère rectal déjà décrit. Il s’en différencie :

— Etiologiquement : par l’impossibilité de le rattacher aux affections d’origine inflammatoire vasculaire ou néoplasique qui déterminent l’apparition de lésions ulcéreuses.

— Histologiquement, par l’absence de toute lésion caractéristique des ulcères spécifiques.

IT. — Si la pathogénie de ces ulcères est incertaine, ils n’en possèdent pas moins une individualité clinique incontestable par les caractères de leurs symptômes et de leur évolution.

Ceux-ci permettent de les classer en trois formes cliniques distinctes :

Forme hémorragique ;

Forme perforante ;

Forme pseudo-cancéreuse.

III. — Ces ulcères peuvent être redoutables soit par la latence de leur évolution dans leur forme perforante, soit par la gravité des hémorragies.

Leur symptomatologie est fruste ou peut-être méconnue, c’est pourquoi ils ne se révèlent que par leurs accidents les plus graves :

— Hémorragies isolées, abondantes et récidivantes.

— Perforation.

IV. — En raison de leur insidiosité, on peut affirmer que ces ulcères sont plus fréquents que ne le laissent supposer la rareté des cas publiés. C’est pourquoi, étant donné leur gravité relative, il est important d’essayer de les dépister avant leurs complications.

Ceci est possible par un usage plus fréquent de la rectoscopie : il importe de toujours la pratiquer lorsque devant une hémorragie légère ou des troubles fonctionnels minimes d’origine rectale, les examens cliniques habituels demeurent négatifs.

V. — Cette recherche ne sera pas superflue, car un ulcère latent démasqué sera aisément et radicalement guéri par l’excision ou la thermo-cautérisation, et l’on évitera ainsi au malade la possibilité de graves accidents.

Vu : Le PRÉSIDENT DE LA Thèse, Le DoYeEx, Pauz SAVY.

JEAN LEPINE.

Vu et permis d'imprimer Lyon, le 10 Juin 1933.

Le RecTEUR, PRÉSIDENT pu CoNsEIL DE L'UnivERsITÉ,

A. LIRONDELLE.

Bibliographie

Quénu et Duvar. — De l’ulcère simple du gros intestin. Revue de Chirurgie, 1902.

GaNDy. — L’ulcère simple et la nécrose hémorragique des toxémies. Thèse de Paris, 1900.

CoMBEs. — Des ulcères simples de l'intestin. Thése de Toulouse, 1897.

LEJARS. — Semaine Médicale, 8 mars 1911.

Nicolas PAus. — Ulcus perforanti recti. Deut. Zeits. für Chirurq., 1911, n°5108.

LOCKHART-MUMMERY. — Disease of the rectum and colon,

Page 1