SUD
Dans l’observation du Docteur Nicolas Paus, le compte rendu de l’examen histologique signale également que les vaisseaux sont en partie thrombosés.
Enfin, dans le cas d’une de nos malades, on relève que le fond de l’ulcération comporte une nappe inflammatoire fortement angiomateuse.
Ces lésions vasculaires sont les seules signalées dans tous les examens pratiqués : la muqueuse apparait toujours saine autour de l’ulcération dont les tissus ne portent aucune trace d’inflammations spécifiques. Il apparaît donc que les lésions des petites artérioles constituent la lésion initiale, intermédiaire entre la cause étiologique et la nécrose hémorragique qu'elle tient sous sa dépendance ; elles créeraïent un état dystrophique, une prédisposition à une ulcération survenant ultérieurement pour une cause quelconque : vieillesse, septicité du contenu intestinal, infection passagère, irritation par le passage des matières fécales, inoculation directe de l'intestin.
Donc, après avoir incriminé séparément veines, artères, nerfs, on en est venu à considérer comme cause prédisposante un état dystrophique des parois intestinales sous la dépendance de lésions des artérioles, d’origine toxinémique, l’ulcère étant déterminé par une cause accessoire fonction du milieu intracolique et des fonctions du gros intestin.
L’ulcère ainsi formé passe à la chronicité par un processus secondaire infiammatoire à tendance sclérosante destructive, et surtout par le fait de l’oblitération vasculaire qui affecte la vitalité des tissus et leurs
tendances réparatrices.
Tr le —
Pour conclure, bien que nous soyions suffisamment éclairé sur le mécanisme des lésions, il est difficile de donner actuellement une définition de l’ulcère simple du gros intestin et du rectum, car sa véritable origine demeurant inconnue, laisse une porte ouverte à toutes les hypothèses.
Nous devrons donc nous contenter de le définir cliniquement et c’est la partie principale de notre travail, car si le terme d’ulcère simple du rectum suppose notre ignorance de son origine, nous verrons que, en clinique, cette affection possède une individualité indiscutable, tant par sa symptomatologie que par son évolution.