‹ Contribution A L'étude De L'urano-Staphy Lorraphie Et De Ses RésultatsChapitre 13 sur 27 · IV. — Procédés à lambeaux étrangers à la muqüeuse palatine · texte numérisé non relu

IV. — Procédés à lambeaux étrangers à la muqüeuse palatine

Citons, comme le premier en date et pour mémoire

age seulement, le procédé de Sanson (4) qui empruntait son: lambeau à la face supérieure de la langue.

Lé procéde de M. le professeur Lannelongue, fort bien: décrit dans la thèse de M. Chrétien (1873), est le seul applicable à de certains Cas, ceux, en particulier, où les lambeaux palatins seraient insuffisants à combler l'aire de !a perforation. Ge serait dans les fissures unilatérales qu'il trouverait son application la plus favorable. Mais il n’est applicable qu'aux perforations de la voute, si la lésion s'étend au voile, le chirurgien de Phôpital Trousseau fait la staphylorraphie par le procédé ordinaire.

Dans un premier temps, à l’aide d’un couteau droit ou coudé sur le plat, il taille un lambeau quadrangulaire sur la muqueuse de la cloison si richement vascularisée.

2e temps. — [Il décolle, en commençant par l'angle antérieur de son incision, les parties molles, le périoste y compris: |

3° temps. — Avivement des bords de la fissure.

4e temps. — Renversement des lambeaux et suture.

M. Lannelongue, ayant en l’occasion de revoir deux des malades dont les observations sont relatées dans la thèse de M. Chrétien, constata la régénération osseuse sur le lambeau. De tels résultats plastiques méttent le procédé au premier rang à côté du procédé de Baïzeau.

Notre maître, M. Th. Anger, doit également un succès à cette méthode opératoire. (Voyez observations.)

Avant de commencer l’opération, une question se présente :

Quand et à quel âge convient-il d'opérer ?

Il faut bien se.garder d'intervenir pour üne perforation

(2) Bérard, Dictionnaire en 30 volumes.

“00 acquise, tant qu’il restera la plus petite ulcération. La réunion ne se ferait pas et le travail ulcératif reprendrait de plus belle. Nous connaissons un chirurgien d’une assez grande ville de province qui, pour avoir enfreint cette règle, a vu, aprèe une staphylorraphie, chez un syphilitique, l’ulcération détruite sous le voile et une partie de la voûte.

Il serait bon même d'attendre deux ou trois mois, que la réorganisation soit parfaite et la circulation du territoire muqueux bien rétablie.

Etant donnée une perforation congénitale, à quel âge doit-on intervenir ?

Cette question a donné leu à de longues et nombreuses discussions, dans les sociétés savantes et la littérature médicale.

Quelques chirurgiens, profitant du temps qui sépare la uaissance du premier allaitement, opéraient le jour même {le la naissance. Cette pratique est, même encore, croyons-nous, suivie dans quelques maternités.

Billroth, opérant sur cinq enfants de 14 jours, 8 semaines, À an, 22 mois et3 ans, r’obtint qu’un succès et eut une mort.

Otto Weber, sur deux opérés de 4 à 6 semaines, eut un mort et un succès.

Gustave Simon, sur 5 enfants de 15 jours, 20 semaines, 9 mois, 30 mois et 4 ans, eut : 2 morts, 1 échec et 2 succès.

« Toutes les fois (1) que l'enfant était très jeune, on n’a eu que de mauvais résultats dus surtout à l’hémorrhagie. »

C’est qu’en effet la moindre hémorrhagie dans la pre-

(1) De Saint-Germain, Chirurgie orthopédique.

= 08,2 mière enfance compromet directement la vie de opéré.

Malgré ces résultats peu encourageants, quelques chirurgiens n’en Continuèrent pas moins à pratiquer l’opération sur de très jeunes enfants, pensant, non sans quelque apparence de raison, que les chances de mort de ces petits êtres non opérés n'étaient pas moindres.

Chez eux ailleurs, disaient-ils, les tissus étaient plus vivaces, l’alimentation plus facile, et ils crovaient restituer lintégrité de l'organe, avant qu’il eût servi. Mais ce que ces chirurgiens paraissent avoir oublié, c’est que c’est l’âge par excellence des phlegmasies intestinales et respiratoires, l’âge des cris, de la toux, du vomissement, qui peuvent si facilement compromettre les résultats opératoires.

Si, d’un autre côté, la fissure augmente un peu avec l’âge, en revanche le champ respiratoire s'agrandit. Et si le malade doit être soumis ensuite à une éducation spéciale, quelle docilité pouvez-vous attendre d’un tel sujet ?

Rouge fixe à 4 ans l’âge auquel on doit intervenir. La question fut soulevée à la Société de Chirurgie. MM. Trélat et Lannelongue furent de l’avis du chirurgien de Lausanne. M. le professeur Trélat a depuis modifié son opinion et pense qu'à 6 ans les conditions sont plus favorables.

Estimant, qu'au point de vue de la phonation, but principal de l'opération, on n'obtient de résultats satisfaisants que par des exercices vocaux sagement dirigés, nous croyons qu'il faut attendre que l’enfant, grandissant, sente son infirmité, qu’il veuille s’en débarrasser et qu’il soit prêt à tout faire pour cela.

ne

C’est l'avis de notre maître M. Th. Anger, c’est aussi celui de M. Chervin, spécialiste aussi distingué que compétent, auquel l'expérience fait ainsi formuler son opinion : « Il faut avant tout la raison et la volonté opinrâtre de guérison. »

C’est donc dans la seconde enfance ou dans Padolescence que nous opérons.

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