‹ Contribution A L'étude De L'urano-Staphy Lorraphie Et De Ses RésultatsChapitre 14 sur 27 · SOINS PRÉPARATOIRES · texte numérisé non relu

SOINS PRÉPARATOIRES

Si l'opération doit se faire à l’hôpital, il faut que le malade entre quinze ou vingt jours, au moins, avant Pépoque fixée pour lintervention chirurgicale. Les malades retirent le plas grand bénéfice de ce séjour nécessaire à l’acclimatement dans les salles, si on peut parler ainsi. Le chirurgien saura faire patienter son malade, l’habituer à l’idée de lPopération et lui bien exposer, comme nous le dirons plus loin, ce qu'il doit en attendre D’un autre côté, il mettra ce temps à profit pour bien observer l'affection et modifier les états pathologiques antérieurs ; Il traitera le coryza, laryngite, pharyngite chronique si fréquentes dans ce cas; si le malade est cachectisé, 1l relèvera ses forces par un régime reconstituant. Nous ne pensons pas qu’il soit utile de faire, comme quelques-uns de nos devanciers, des attouchements ayant pour but d'exercer la tolérance de la muqueuse palatine. On a cherché à émousser la sensibilité locale par des collutoires au bromure de potassium. L’anesthésie, telle que la pratiquent les dentistes, a été tentée. Aujourd’hui, on a généralement renoncé à ces moyens.

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Faut-il donc donner le chloroforme ? Rouge formule ainsi Son opinion : « D'une manière générale, il ne faut pas anesthésier; si, toutefois, le malade est craintif ét réclame le chloroforme, on l’accordera : ce ne sera gênant que pour l'opérateur. » En thèse générale, donc, son emploi doit être rejeté. L’opéré pourra ainsi cracher le sang qui s’accumule dans le pharynx et se gargariser de temps en temps : Paction sera moins longue et lon ne fera pas courir à son malade de chance d’asphyxie, sans compter les nausées qui, pendant ou après l'opération, peuvent rompre une ou plusieurs sutures, ou, au moins, tirailler les lambeaux retenus par les fils. Quant au reproch: qu’a fait Chrétien (1) au chloroforme de compromettre, par son action sur les vaso-moteurs, la vitalité des lambeaux, il est au moins exagéré.

Mais il est des circonstances où son emploi $impose ; alors nous ladministrerons seulement précédé d’une potion au chloral, additionnée de sirop de morphine. Nous avons vu notre maître, M. le D' Trélat, retirer le plus grand bénéfice de cette pratique.

Quelques chirurgiens préfèrent opérer leur malade assis. Le plus grand nombre opère sur un lit. Si le malade est endormi, c’est une sage précaution de tenir la tête basse, quitte à avoir un peu plus de sang qui s’accumulera sur la paroi postérieure du pharynx, au lieu d'aller exciter la sensibité du larynx.

Nous ne nous servirons du baïllon que si le malade est trop indocile. Aux instruments de Colles et de Smith, nous préférons le baillon de Collin ou celui de Trélat, plus légers et tenant moins de place, partant moins génants.

(1) Loc. cit.

EREDO

Muni de ses instruments, de fils à suture, d'éponges montées, d’eau fraiche ou très légèrement alcoolisée, pour faire gargariser le malade, le chirurgien peut se mettre à l’œuvre.

L'opération proprement dite comprendra quatre temps que nous allons successivement décrire :

1o Avivement des bords de la perforation ;

2 Incisions libératrices ;

3° Décollement des lambeaux ;

40 Suture.

Ainsi donc nous finissons par où commençait Roan, qui, avant tout, passait ses fils.

ler Temps. — Avivement des bords (1).

L’avivement des bords de la perforation destinés à être affrontés, est une opération fort délicate. Les ciseaux

(1) Un conflit s’éleva au sujet de la question de priorité du procédé. Baïizeau le réclama comme sien; M. le professeur Richet prétendit, à la Société de chirurgie, que la plus grande part de mérite revenait à Langenbeck, qui, le premier, avait compris le périoste dans ses lambeaux.

Voici comment M. le professeur Verneuil résout la question dans sa Chi rurgie pralique :

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« 20 Le procédé des deux lambeaux en pont a été proposé et mis en usage par Dieffenbach, mais sans grand profit. Baizeau, en 1858, l'a réhabilité et lui a dû des succès.

« 3° Le décoliement du périoste a été certainement pratiqué par plusieurs chirurgiens, mais d’une façon inconsciente et probablement défectueuse. C'est en 1858 et 1859, que M. Ollier, par ses belles recherches expérimentales, en à démontré toute l'importance et Pa érigé en principe.

€ 4° Langenbeck à eu sans contredit le mérite adopter, le premier, les idées du chirurgien de Lyon, de les transporter dans la pratique et d’en faire une règle dans l’uranoplastie, dès le commencement de 1861. Grâce à cette adjonction au procédé à deux lambeaux, il a pu, depuis cette époque, enregistrer une série extrêmement nombreuse de succès, et, sous ce ra pport, on conçoit qu’il ait pu passer pour le rénovateur de l’uranoplastie. »

M0 A de Sotteau et de Sims seront, non sans raison, abandonnés de tous les chirurgiens. Ce temps se pratique avec un bistouri un peu long, droit ou coudé sur le plat, tel que ceux employés pour l'opération de la fistule vésicovaginale. On pourrait également se servir avec avantage d’un notome ou d’un couteau à cataracte, celui de Wenzel par exemple. Si le voile fuit sous le couteau, on peut le fixer avec une pince quelconque. L’incision se fera de bas en haut ou de haut en bas, à la commodité de lopérateur ; quelques chirurgiens de la première moitié de ce siècle attachaient à ce point une importance qu'on a peine à s'expliquer. Sans doute, à cette opération, doit présider une sage éconoinie des tissus, mais ilne faut pas hésiter à sacrifier, de chaque côté, deux ou trois millimètres, pour tailler dans lé vif.

En effet, si l’on affronte ün tissu inodulaire, la réunion ne se fera pas. Cette remarque s'applique plus particulièrement aux fissures d’origine ulcéreuse.

Il est des chirurgiens qui recommandent d'enlever le pourtour de la perforation d’une seule pièce : on est plus sûr ainsi de m'avoir omis l’avivement sur aucun point. Nous estimons que c’est là une sage pratique, d'autant que, de plus, l'on obtiendra ainsi une plus grande netteté, une plus parfaite régularité des bords cruentés. M. Ward (1) insiste avec raison sur ce point.

Les incisions doivent se rencontrer, en avant et en arrière, à quelques millimètres au-delà de la fissure, sous un angle très aigu, de façon que les bords se correspondant bien, s'affrontent exactement; le plus léger baillement laisserait après lui une fistule. Le chirurgien

(4) Th. de Paris, 82.

Nos ne doit pas négliger ces considérations et régulariser ls bords.

jIe Temps. — incisions libératrices.

Dieffenbach, le premier, fitdes incisions libératrices parallèles aux lèvres de la perforation; ce fut un progrès réel.

Baizeau et Langenbeck adoptèrent ce procédé opératoire. Aujourd’hui, tous les chirurgiens pratiquent ces incisions avec un bistouri un peu fort et vont, d'emblée, jusqu’à la voûte osseuse, comprenant le périoste dans leur entaille. Si la palatine postérieure est sectionnée, on aura une hémorrhagie ennuyeuse, parce qu’elle effraye le malade et prolonge l’opération. On s’en rend généralement maître assez vite, soit par la compression digitale, soit en appliquant des bourdonnets de charpie, soit en maintenant dans la bouche de petits morceaux de glace ; mais 1l ne faut pas, autant que possible, recourir au perchlorure de fer qui pourrait, dans une certaine mesure, compromettre la vitalité des lambeaux. On conçoit que cette hémorrhagie sera plus gênante encore si le malade est sous l'influence du chloroforme.

M. le professeur Verneuil, voulant éviter cet accident, eut recours deux fois au galvano-cautère (1). « Je fus ès satisfait, dit-il, de cette petite innovation; les débridement furent pratiqués avec lenteur (20 à 25 secondes), ne fournirent pas une goutte de sang et ne provoquèrent qu'une très légère douleur. »

Broca eut recours aussi à ce moyen, mais son lambeau se gangréna.

(4) Chirurgie plastique.

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