‹ Contribution à l'étude de l'urographie intraveineuse par l'urosélectanChapitre 13 sur 46 · LOI · texte numérisé non relu

LOI

Le poids spécifique s’abaisse et s'élève avec la diurèse. î |

Il ressortirait de ces observations que l’on n’a pas raison de choisir le moment où le poids spécifique est le plus élevé pour prendre les épreuves. D’ailleurs, à la suite de DELPIANE, les auteurs italiens n’accordent pas de valeur au poids spécifique, lequel peut être en fonction de la teneur en urée et non pas seulement en urosélectan. :

Par contre, LICHTENBERG accorde au poids spécifique la valeur d’une épreuve de concentration et de dilution capable de nous guider dans la prise des épreuves.

Etude du Ph. urinaire.

Il semble ressortir des travaux effectués dans le Service Civiale que pour :

1 Un rein normal, le Ph. urinaire atteint, entre la deuxième et la quatrième heure d'élimination, 5,8 - 5,2 et retourne, à la sixième heure, à 6,8 (chiffres qui caractérisent une urine normälement acide);

2° Un rein atteint, ces modifications du Ph. ne sont pas observées.

Etude de l’urosélectan dans le sang.

D’après LICHTENBERG, la présence d’urosélectan dans le sang, quatre heures après l’injection, signifie rétention. | |

Le taux de l’iode sanguin retournerait à la normale en quatorze jours. |

DCE ee

Pour Ascori, l’iode ne persisterait dans le sang que deux heures après l’injection.

CONCLUSION. — Il ressort de ces recherches que l’épreuve de l’urosélectan peut permettre de déduire la valeur fonctionnelle globale des reins. Mais, ainsi que le dit JEHIEL, « de là à dire que la méthode est plus pratique que les procédés classiques, nous ne le pensons pas. »

Au cours de notre étude sur l’urosélectan et la valeur fonctionnelle des reins, nous reviendrons sur ce point.

I est donc particulièrement intéressant de dire quelques mots sur le pouvoir sécréteur et le pouvoir de concentration des reins dans leur rapport avec l’élimination de l’urosélectan. |

L’élimination de l’urosélectan et ses rapports avec le pouvoir sécréteur et le pouvoir de concentration des reins.

Nous avons été obligé, dans ce chapitre, d’empiéter quelque peu sur les résultats radiologiques car l’image est évidemment sous la dépendance de lélimination du produit opaque.

Des travaux exécutés dans le Service Civiale, il ressort que le pouvoir sécréteur du parenchyme rénal joue un grand rôle dans l’apparition et l'intensité des images radiologiques.

Mais c’est surtout le pouvoir de concentration (PAPIN) qui intervient, la qualité des images étant conditionnée par la quantité de substance radiopaque et par le taux de concentration auquel elle est éliminée.

RANOAN ES

En conséquence :

a) Les reins éliminant à une forte concentration peuvent donner de bonnes images;

b) Les reins incapables de concentrer donneront, en principe, de mauvaises images (JEHIEL).

Ces deux notions ne sauraient être considérées comme absolues. En effet, en dehors du pouvoir de concentration, la motricité des voies excrétrices supérieures joue un grand rôle dans lFaspect de l’image.

Comme nous l’avons vu, VON LICHTENBERG pensait que pour obtenir une image nette, il fallait que le fonctionnement du rein soit bon et que, notamment, son pouvoir de concentration soit élevé. Kenneth HERITAGE et Ogier WARD, dans leurs études sur l’urosélectan initial, expriment l’opinion suivante : « Si la fonction

rénale est normale, l'ombre de tout le tractus urinaire apparaît une demi-heure après l’injection pour demeurer plusieurs heures. Sinon la densité d'ombre constatée est en rapport avec la lésion existante et comparable au côté sain. Dans les cas graves, elle n’apparaît que de six à vingt-quatre heures ou pas du tout; en ce dernier cas, le rein peut être absent ou pratiquement détruit comme dans les pyonéphroses, les tumeurs rénales très évoluées ou les reins infectés, depuis longtemps fermés.

« L’épreuve étant fonctionnelle et anatomique permet donc des résultats très intéressants. »

Par contre, pour certains auteurs, l’image des voies urinaires supérieures donnée par la pyélographie intraveineuse ne doit être interprétée qu’anatomiquement. Ils pensent que trop de facteurs interviennent pour

SR CEE

qu’on puisse en tirer des déductions fonctionnelles. C’est seulement l’absence unilatérale d'images, même au bout de plusieurs heures, qui permettrait de conclure à une lésion sérieuse du côté non visible. Le dosage de l’iode éliminée n’autoriserait pas à affirmer une lésion unilatérale, un rein sain compensant la déficience de l’autre.

Par ailleurs, les nombreux dosages délicats et longs à effectuer empêcheraient la méthode d’être pratique alors que les autres éliminations provoquées, surtout celles de la P.S.P., sont plus faciles à effectuer et beaucoup plus précises.

Dans le même ordre d’idées, DRAGONAS estime que les renseignements qui intéressent la capacité fonctionnelle des reins et qui peuvent être fournis par la pyélographie intraveineuse sont « très incertains et instables ». D’après lui, les images radiologiques du bassinet ne suffraient pas pour juger du pouvoir excréteur du rein. Serait-il suffisant de se baser sur l’intensité et la netteté dés images pyéliques? Il ne le pense pas, même si on considère le temps mis par le rein pour excréter et concentrer dans les urines la substance qui rendra

celles-ci opaques. Comparer la différence qui existe entre les deux reins et entre deux, trois ou plusieurs pyélographies ne donnerait pas plus de renseignements. En effet, un facteur de première importance intervient : le dynamisme intrinsèque- du bassinet; celui-ci est un organe vivant, animé de véritables systoles et diastoles, selon l’expression d’un auteur, se remplissant et se vidant, « fournissant une image liée

EUR Des à l’état dans lequel il se trouve au moment de la radiographie. »

N’a-t-on pas à tenir compte, en outre, des affections particulières du bassinet et des calices, affections qui n’ont pas de relations immédiates avec l’état fonctionnel des reins, mais peuvent déformer et même faire disparaître l’image pyélique ?

DRAGONAS fait remarquer que des sujets à fonctionnement rénal normal peuvent donner des images floues, défectueuses, dont l'interprétation est difficile, tandis que d’autres, aussi normaux, donnent des images très nettes. Dans cet ordre d'idées, il est intéressant de signaler ce qui ressort des travaux de M. PorEsco, à savoir qu’étant donné toute une série de facteurs, la diurèse, le dynamisme normal et altéré, etc. facteurs sous l'influence desquels on arrive à avoir de bonnes images avec des fonctions altérées et inversement, l’étude des images urographiques seules ne pourrait être concluante que dans deux cas :

1° Si elle a déterminé avec précision la partie saine ;

2° Si elle a déterminé avec précision la partie malade.

Si les résultats ne paraissent pas assez concluants, M. PopEsco propose de recourir aux autres moyens d'exploration et en particulier à la chromo-cystoscopie.

Signalons les résultats obtenus par l’auteur, de

Hi Que

la confrontation de plus de trois cents chromo-cysto-

scopies et urographies. On peut avoir :

1° Des éliminations mauvaises d’indigo-carmin avec de bonnes images;

2° De bonnes éliminations d’indigo-carmin avec de mauvaises images;

3° Une absence d'élimination d’indigo-carmin et, malgré cela, des images à l’urographie.

CONCLUSION. — Il ressort de cette étude qu’il serait

un peu excessif de vouloir juger la valeur fonction-

nelle des reins par les seules apparition et intensité des images. Par contre, les analyses d'urine effectuées en corrélation avec l'examen radiographique donneraient des renseignements plus précis. Mais il y a encore une grande part d’inconnu dans les règles qui régissent l'élimination de l’urosélectan et d’autres substances analogues. |

La technique de la pyélographie intraveineuse par l'urosélectan

La préparation du produit.

Produit initial. — Pour préparer la solution d’urosélectan, on fait dissoudre les 30 grammes. de poudre contenus dans le flacon coloré dans 100 centimètres cubes d’eau stérilisée bidistillée. On filtre deux fois et on réchauffe à 20 degrés au bain-marie.

Abrodyl. — 20 grammes de poudre (il existe aussi une solution directement injectable) seront dissous dans 50 centimètres cubes d’eau.

Ténébryl. — On dissout 15 grammes de la poudre dans 75 centimètres cubes d’eau. L Urosélectan B. — Il est directement injectable.

La préparation du malade.

Pour obtenir des images aussi nettes que possible, il y a intérêt à agir sur :

Le météorisme abdominal;

La concentration du produit dans les urines;

Le dynamisme pyélo-urétéral;

Le cours de l'urine.

MÉTÉORISME ABDOMINAL.

Certains praticiens font purger le malade la veille, le maintiennent à jeun une douzaine d’heures avant l'examen, autorisant cependant quelques prises d’eau.

DRrAGONAS précise que le jeûne a pour but non seulement d'éviter les vomissements qui pourraient survenir pendant l'injection, mais de parer à des dangers éminemment plus grands. En effet, l'injection d’une solution salée hypertonique, l'estomac étant plein (expérience de Fucs) peut provoquer la mort immédiate.

La purgation de la veille et le lavement évacuateur, la diète, ont pour but principal d'éliminer l'obstacle créé par les gaz intestinaux. En outre, on pourra faire absorber au malade quelques cuillerées de poudre de charbon de peuplier ou du charbon animal.

CANTINEUX prétend que si le malade présente du météorisme, il faut le traiter non pas avec du charbon animal ou une injection d’hypophysine qui fausse l’image par les contractions qu’elle provoque, mais par une diète préalable de deux jours avec bouillon à l’avoine, sans légumes, et un lavement haut avant lépreuve, ou un lavement de deux litres avec deux ou trois cuillerées de charbon.

LICHTENBERG utilise un lavement quinze minutes avant l’épreuve.

GuNanrAU doute de l'effet de ces remèdes sur les gaz « qui, dit-il, sont aussi d’origine buccale. »

RaAvisINI, aussi affirmatif, s'exprime ainsi : « Pas de purgatif, pas d'hypophysine; faire, au début de l'examen, uné épreuve simple pour voir les gaz. »

re

Page 1