‹ Contribution à l'étude de l'Urticaire PigmentaireChapitre 34 sur 35 · COLE · texte numérisé non relu

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les avant-bras, où elles ressemblent un peu à des taches de rousseur, elles sont irritables et deviennent turgescentes par grattage. On propose le diagnostic d’urticaire pigmenture qui est maintenu.

OgsERvarTION XXXIX (Graham Little British Journal of Dermat., 1909.)

Cas d’urticaire pigmentaire, à forme sévère, chez un enfant. D'après la mère, l’éruption se développa quatorze jours après la naissance. L'enfant est à présent âgé de six mois ; la plus grande partie du corps, la figure et le crâne, sont entièrement couverts par des macules et des papules petites et indurées et de couleur brune. Elles sont si nombreuses, si confluentes, qu'il serait impossible de trouver une surface de peau saine plus large qu’une pièce de monnaie, sauf au coup-de-pied; pas de lésions sur les muqueuses. On fit d’abord le diagnostic de syphilis et l’on institua le traitement mercuriel qui ne donna aucun résultat.

Le prurit est violent quand les lésions sont irritées ; la tuméfaction et la rougeur sont obtenues par frottement.

Pas de syphilis dans la famille.

OBsERvATION XL (Jacob, in British med. Journal, 1908.)

Cas d'urticaire pigmentaire traitée par les rayons À

En juillet 1906, on observe un petit garçon de treize mois qui présente des lésions d’urticaire pigmentaire, de type maculaire, ayant apparu huit jours après la vaccination, quand l'enfant avait quatre mois.

Par le grattage, on obtient facilement du dermographisme sur la peau saine et la turgescence des éléments pigmentés.

L'enfant fut traité pendant trois séances, à une semaine

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d'intervalle, par les rayons X, dont la quantité totale fut insuffisante pour amener une réaction visible.

Six mois plus tard, il est impossible d'obtenir l’urticaire factice, ni la turgescence des lésions. Pas de taches nouvelles.

A la fin de cette période, les anciens symptômes apparaissaient de nouveau et disparurent encore après trois séances de rayons X; ils n'avaient pas reparu trois mois après.

La mère prétend que les anciennes lésions étaient moins colorées que les suivantes, mais Jacob n’en est pas convaincu.

O8sERvATION XLI (Même auteur, in British Journal of Derm., 1908.)

Urlicaire pigmentaire et syphilis. Début tardif.

Femme de quarante ans, mariée, présentant depuis buit ans, sur les avant-bras, une éruption de macules brunâtres.

L'examen histologique montra, au niveau de ces macules, une infiltration dermique abondante de mastzellen.

Le mari de la malade ayant eu la syphilis, les lésions furent considérées, au début, comme étant de nature spéci-

fique.

Ogservarion XLII

Publiée par M. le D' Nicolas, professeur de clinique à la Faculté de Lyon, et M. Moutot, chef de clinique à la Faculté {Province médicale, 5 mars 1910).

Maximilienne F..., vingt mois, est amenée, le 19 novembre 1969, à la consultation de M. le professeur Nicolas, pour üne éruption généralisée de taches pigméntées, apparues dans les premiers jours qui ont suivi la naissance.

Antécédènts héréditaires. -— Père bien portant, vingt-

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trois ans, non éthylique, sans antécédents nerveux. Mère en bonne santé; pas de caféisme, de théisme, ni d'éthylisme, Battements des paupières très marqués, pas d’anesthésie pharyngienne, ni cornéenne. Grossesse normale, ni émotions, ni chagrins, ni surmenage pendant cette période. Une sœur de la mère fait avec facilité des poussées de dermite eczémateuse artificielle des mains. Une cousine germaine de l'enfant est amenée en même temps qu'elle avec une poussée typique de papules de strophulus. Pas de syphilis chez les parents.

Antécédents personnels. — Enfant née à terme, 4 kg. 200. Alimentation réglée depuis la naissance (consultation des nourrissons de la Charité, M. Commandeur), jusqu'à onze mois, allaitement naturel exclusif; de onze à dixhuit mois, adjonction de potages. Depuis dix-huit mois (sevrage), l'alimentation semble avoir été très correcte, tout au moins en ce qui concerne sa qualité, car il est difficile d'en apprécier la quantité. L'enfant n'a jusqu'ici fait aucune maladie, elle se porte bien ; pas de retard de la dentition.

Début de l'affection actuelle. — La mère a retiré son enfant de la Charité vers le douzième ou treizième jour après l'accouchement. C’est à ce moment même qu’elle a constaté la présence d’une éruption généralisée, constituée par des plaques rouges surélevées, ne donnant aucune démangeaison, Ces plaques ont persisté en changeant de coloration, se pigmentant de benne heure. Dès lors, elles sont restées ainsi stationnaires longtemps; les unes persistent encore, d’autres se sont affaissées où ont disparu. À l'éruption primitive généralisée d'emblée fut ajoutée l'apparition à peu près continue d'éléments isolés ayant une même évolution.

Etat actuel. — L'éruption, qui dure depuis vingt mois, est généralisée. Seules, les régions palmaires et plantaires sont indemnes, le cuir chevelu de même, quoiqu'il existe un élément à sa bordure sur le front. Sans que l'éruption

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soit très polymorphe, on peut distinguer deux groupes d'éléments : 1° Des plaques, surélevées ou non, pigmentées ou érythémato-pigmentées pour la plupart, mais quelquesunes simplement érythémateuses ; 2° des éléments plus petits à type papuleux ou papulo-vésiculeux.

Les plaques sont nombreuses, elles sont de dimensions variables, de la surface d’une lentille à une pièce de 1 franc. Peu d’ailleurs sont circulaires, la plupart sont allongées et cela toujours dans un même sens transversal, qu'il s'agisse du tronc ou des membres, sans que l’on puisse trouver une schématisation par rapport à l'innervation périphérique. Ces plaques sont variables d'aspect et de coloration. Le plus grand nombre sont surélevées et pigméntées. Cette pigmentation, suivant les éléments, va du jaune fauve, du café au lait léger au bistre foncé, au brun. Cette coloration est plus ou moins modifiée par un élément érythémateux surajouté, plus ou moins marqué suivant les plaques, mais qu'il est toujours facile de rendre très accentuée par un simple grattage. La surface de la peau n’est pas modifiée en dehors de cela ; tout au plus sur quelques éléments les plus surélevés l’épiderme semble-t-il un peu plissé. La palpation révèle, au niveau des éléments surélevés, une infiltration assez dure, qui augmente, devient œdémateuse à mesure que l'examen se prolonge. Par la vitro-pression, l'élément érythémateux disparaît complétement, il persiste seulement une teinte pigmentaire, et la lésion paraît à ce moment assez analogue au nœvus pigmentaire plan. À côté de ces éléments saillants, il est de simples macules pigmentaires au niveau desquelles la peau est plane, sans modification cicatricielle, squameuse ou autre, sans infiltration primitive, mais qui, par le grattage, peuvent donner une réaction urticarienne. Quelques éléments très rares, deux ou trois actuellement, ont le type classique des plaques d'urticaire ordinaire, Ce sont des plaques érythémateuses surélevées, sans centre porcelainique, reposant sur une base œdémateuse, entourée d’une zone périphérique plus

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rosée de 2 à 3 millimètres, disparaissant complètement à la vitro-pression; ces éléments sont d'origine récente. Aucun de ces éléments n’est le siège de démangeaisons.

Considéré dans son évolution, chaque élément, dit la mère, débute par la plaque érythémateuse urticarienne pure. Rapidement, au niveau de cette plaque persistante, apparaît la pigmentation. L'élément, surélevé, pigmenté, a une période d'état longue de plusieurs mois. Dans la suite, la lésion s’affaisse, la pigmentation disparaît peu à peu, et il ne persiste plus aucun etrace de l'élément éruptif. La mère ne peut préciser la durée de chaque élément, ni si tous les éléments ont l’évolution décrite, s’il n’en est pas àtype maculeux constant. Aucun élément n’a jamais été purpurique.

Les éléments papuleux sont plus petits, ils sont disséminés çà et là sur le tronc, les membres, sont nombreux à la face. [ls sont de volume variable, mais atteignent à peine celui d'une tête d'épingle en verre. Ils sont arrondis, acuminés, rosés, reposant sur une base rosée aussi, légèrement œædémateuse. Quelques-uns sont simplement papuleux, d'autres présentent en leur sommet l'aspect d'une vésicule : mais à la piqûre on ne peut faire sortir aucun liquide; en somme, lésions à type d’urticaire papuleuse et papulo-vésilute de strophulus. Pas de prurit de ces lésions, pas de papules séro-sanguinolentes. Ces petites lésions, d'après la mère, ne seraient jamais le début de taches pigmentées. Pas de lésions des muqueuses

Pas de ganglions hypertrophiés, aines, en. Pas de lésions de lichénification.

Réactions vaso-motrices marquées sur tout le tégument : au niveau des éléments pigmentés que le grattage rend turgescents, urticariens ; dans les intervalles de peau saine où l’on provoque facilement l’urticaire factice.

Bonne santé générale de l’enfant : 11 kilogrammes, dort bien. Abdomen un peu trop volumineux. Chapelet costal, rachitique, léger.

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