‹ Contribution à l'étude de l'Urticaire PigmentaireChapitre 7 sur 35 · HO EE · texte numérisé non relu

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fois, une condition nécessaire pour en affirmer le diagnostic; c'est ainsi qu'en 1904 Tenneson et Leredde hésitent à faire, chez un malade, le diagnostic d’urticaire pigmentaire, parce que l’éruption avait commencé à dix ans. Il y avait pourtant les caractères typiques de la maladie et la biopsie révéla dans le derme une infiltration abondante de mastzellen, symptôme histologique des plus importants.

De nombreux cas à début tardif ont été publiés dans ces dernières années. Graham Little a relevé les noms des auteurs de ces observations ainsi que l’âge des malades. Nous ajoutons à son compte rendu les cas du mème genre notés depuis 1905 et classés d'après la date de leur publication.

Colcott Fox, observation d’un malade de . . 1!

o ans

Liveing, — — en Mackenzie, — — PROS — Eddowes, — — 0... 28 — Rutherford, — — PNR T4 Hutchinson, — — Pie Gr. Little, — — . + 3 — Wallace Beatty, — — TO — D: Es — IT ATEN EE

— == — gt DS 1 Robinson, — — TO — Elliott, — —- PTS O ME Hallopeau, — — D vie Darier, — — +1 DD Ians Darier, — — ET A16 — Quinquaud, — — ALCPLN EE Blümer. — — . + 16 — Veiel, — — + + 20 — Kaposi, __— — 10. 13, — Lesser, — — …. + 37 — Dubois-[Tavenith, — 5 38 — Breda, — — FUIT

Ténnesson et Leredde, — + … 10 —

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Besnier. observation d'un malade de ,. . adulte Balzer et Fernet — — ro adulte Bohac, on = 037 Vorner, — — , … à7 ans Gassmann, — — se HO

I n'y a d'ailleurs pas de différences histologiques suivant l'âge.

Quelques faits observés en dehors de l'enfance ont été discutés, l'examen microscopique n'en ayant pas été fait. Il existe en effet chez les enfants, mais plus souvent chez les adultes, des cas d’urticaire laissant des taches analogues à celles de l’urticaire pigmentaire. En dehors des caractères cliniques, c'est l'examen histologique qui différencie ces urlicaires de l'affection dont nous nous occupons. Nous reviendrons sur ces variétés : urlicaire perstans, maladie de Quinquaud, urticaire hémorragique.

Fréquence. — L’urlicaire pigmentaire se rencontre surtout dans les pays Saxons où le type blond est le plus fréquent. G. Little insiste sur ce fait que les bruns, les Latins par exemple, sont bien plus rarement affligés de cette dermatose.

Les garçons sont atteints en plus grand nombre que les filles. G. Little donne comme proportion 60 pour 100 des cas chez les garçons.

Causes de l'affection. —— (Quant aux causes de cette affection beaucoup de suppositions ont été faites à leur sujet. A la suite de quelques observations où la maladie avait débuté quelques jours après la vaccination (G. Little, Pick, Lasanski) on avait supposé que l'urti-

care pigmentaire pouvait être due à l'inoculation da vaccin, ais l’on n'a jamais pu établir de rapport constant de cause à effet entre la vaccine et l'affection cutanée. D'ailleurs les cas d'éruption pigmentaire congénitale où apparaissant quelques jours après la naissance échappent à cette explication.

Il en est de même pour les cas de varicelle apparaissant quelque temps avant l’urticaire (obs. de Colcott Fox et de Woldert).

La rougeole ne parait pas davantage être l'origine de l'urticaire pigmentaire. Cutler signale, sans penser d'ailleurs à une origine rubéolique, un malade chez lequel la dermatose fut précédée d'une éruption de rougeole.

Bien que les anomalies de la pigmentation soient parmi les particularités des personnes les plus souvent transmises à leurs descendants, l’hérédité ne parait avoir, elle non plus, aucune part dans l’étiologie de la maladie de Nettleship, malgré quelques observations assez remarquables. C’est ainsi que G. Jattle a noté la maladie chez quatre personnes d’une même famille: la mère, la fille et deux cousins: Darier, chez Îles trois frères aînés d'une famille, le quatrième restant indemne : Beatty, en 1891, signale, chez deux frères, une éruption urticarienne pigmentée, mais, dans le plus grand nombre des cas, la dermatose n'atteint qu'un membre de la famille.

Ce que l'on à remarqué le plus souvent, ce sont des troubles nerveux soit chez les parents, soit dans les antécédents personnels du stijet. Bréda en particulier, partant de ce fait que des catises psychiques peuvent,

chez l'adulte, provoquer des lésions cutanées diverses et, en particulier, l’urticaire, admet dans certains cas une origine nerveuse des lésions : une grande frayeur par exemple, comme dans l'observation VII.

Dans un cas de Perrin, en 1903, la mère avait eu de l'urticaire dans la jeunesse et une violente émotion pendant la grossesse du sujet observé; les deux premiers enfants étaient bien portants, le seul atteint était celui qu'elle portait quand elle éprouva cette forte émotion.

Dans un cas de Wickham, la mère était très nerveuse, dans un autre de G. Little, la mère était épileptique et plusieurs de ses parents étaient atteints du mal comitial (obs. XXXIT).

Darier cite un malade dont la mère avait souvent manifesté des accidents hystériques, le père lui-même était nerveux el sujet aux migraines.

Mosso avait déjà signalé la transmission d’une maladie nerveuse de la mère au fœtus et l’on a pu observer la mort de l’enfant au sein, à la suite d’une émotion intense de la mère ; mais l’on peut se demander quel processus, altération du lait maternel, du chimisme de l’hématose chez le nouveau-né, a donné lieu, non à des accidents érythémateux d’ordre banal, mais à une dermatose tenace, et comment 1l se fait que, sans altération des viscères, la peau seule soit atteinte (Bréda).

On a relevé aussi quelques accidents nerveux dans les antécédents personnels des malades et, dans certains cas, on leur aattribuéla cause de l’éruption urticarienne. C'est ainsi qu'une jeune femme, citée par Balzer et Fernet, avait eu dans sa jeunesse des crises nerveuses: à onze ans, elle fut atteinte de chorée et depuis resta

sujette à des migraines violentes; l'éruption aurait eu lieu à la suite d’une forte émotion (obs. XIX). Un malade de G. Little avait eu des attaques dans sa jeunesse; son éruption apparut, chez lui aussi, à la suite d’une vive émotion. Un petit malade de Lasanski était sujet à des crises d’éclampsie et mourut d’ailleurs dans une attaque. Mais tous ces cas ne forment que la minorité des observations et il faut chercher d’autres explications.

Hutchinson pensait que des piqüres d'insectes pouvaient être l’origine de la maladie, mais, comme le fait remarquer G. Little, une éruption qui dure aussi longtemps, doit avoir d'autres causes; d’ailleurs les insectes ne produiraient pas des lésions localisées surtout sur les parties du corps les mieux protégées, comme la poitrine ou les cuisses, ou bien ne produiraient pas d’érupüon sur la figure s'ils se tenaient dans les vêtements. Enfin les cas héréditaires et les lésions des muqueuses échappent à cette explication.

Quelques causes prédisposantes ont été signalées ; chez un petit malade de Bréda, l'éruption se montra à lasuite d’un refroidissement; chez un malade de Raymond, ce fut après un bain sulfureux que l’on constata le début de la maladie.

Dans l'observation IT (Darier), la dermatose fut peutêtre due à des irritations cutanées répétées : depuis quinze ans le sujet abusait des frictions au gant de erin et prenait deux bains de sulfurine par semaine.

En somme, toutes ces explications sontinsuffisantes et l’étiologie serait restée « à l’état de problème » (Kaposi) si l’on n'avait trouvé d’autres théories plus

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générales : celle de G. Little par exemple pour qui l'urticaire pigmentaire serait due à une infection agissant surtout sur le sang et se rapprocherait ainsi dès purpuras, théorie sur laqüelle nous reviendrons dans l'étude de la pathogénie de l’urticaire pigmentaire, et surtout les théories de l’intoæication et de l'auto-intoxicalion.

La première n'est basée que sur quelques rares observations : l'intoxicalion pouvait être attribuée à la mère (cas de Jacquet, obs. V) qui aurait été soumise pendant la grossesse aux injections de morphine et l’on sait que la morphine est facilement ürticarigène, sans donner lieu pourtant à une espèce spéciale d’urticaire.

Chez un malade, cité par Pautrier et Férnet, l'alcool pouvail être incriminé: le père était en effet un éthylique invétéré.

Mais ce sont surtout les au{o-intoæications, digesüves ou hépatiques, qui paraissent être cause de l'urlicaire pigmentaire, en déterminant chez le malade une trrilalion chronique. Cette théorie paraît, aû premier abord, loin d’être prouvée. Dans la plupart des cas, en effet, les parents sont en bone santé, éxernpts de maladies cutanées et de sÿphilis et, si Raymond a pu observer dans les antécédents héréditaires des névropathes, des éclamptiques, üne hémiatrophie faciale, ou des arrêts de développement, comme le beede-lièvre par exemple, on n'ÿ trouve qüe rarement des maladies graves. Ce que l’on rencontre le plus souvent ce sont des accidents herpétiques : varices, hémorroïdes, arthrites déformantes, etc., ce que l’on appelle aujourd’hui la diathèse arthriliqué. Mais, en général, l'enfant est né à {erme, parait bien portant, noürti au

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sein et bien développé et G. Little insistait sur ce fait que l’éruption pigmentée paraissait atleindre les sujets les plus vigoureux. Cependant les antécédents arthritiques ne sont pas à éliminer dans l'étiologie ; quant à ces observations d’enfants bien constitués, nous pouvons y trouver des symplômes de troubles gastriques ou hépatiques, légers souvent, mais suffisants pour faire admettre un peu d’auto-infeclion. C’est ainsi que la malade signalée par Darier, dans l'observation IT, avait un teint jaunâtre et un peu terreux; la digestion était normale, le foie et la rate de dimensions ordinaires, mais on trouva dans l'urine un peu de bile, de l’indican et une quantité notable d'urobiline, La mère de la malade était morte d'une maladie de foie,

Le sujet de l'observation IIT souffrait d'une maladie d'estomac depuis quinze ans, etse plaignait de douleurs quatre ou cinq heures après les repas. Il n'avait jamais eu d'ictère franc, mais son teint était jaunâtre. L’examen de l'urine montra une teinte hémaphéique avec l'acide azotique.

Un autre cas de Darier (obs. IV) signale chez le sujet un teint frais et rose, mais 1l digère mal, se plaint de tendance au sommeil après les repas, et l’on trouve dans son urine de l'indican en proportions notables.

L'observation V est assez curieuse : chez les trois enfants atteints d'urticaire pigmentaire, on ne constate pas de troubles digestifs, mais le quatrième, exempt de toute dermaiose, a le teint jaune ; son foie est gros et sensible, et l’on trouve aussi de l’indican dans ses urines.

Un malade de G. Juttle avait eu un frère né avec de

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