‹ Contribution à l'étude de l'Urticaire PigmentaireChapitre 6 sur 35 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

Ce n’est que depuis une quarantaine d'années que les caracières cliniques, et surtout les caractères histologiques del’urticaire pigmentairel’ont différenciée des autres espèces d’urticaires. Il est probable que les anciens dermatologistes la confondaient avec d’autres maladies de la peau dont ilest possible, aujourd’hui, de la distinguer.

En 1869, Nettleship, le premier, l'étudia sur une enfant qui présentait une éruption urticarienne laissant des taches persistantes de couleur brun clair, Il pubha son observation sous le titre de « urticaire laissant des taches brunes et durant depuis deux ans environ ».

Cinq ans plus tard, Baker observait un cas semblable dont il fit part à T. Fox ; celui-ci reconnut une maladie identique à celle dont il venait de soigner lrois cas etcommuniqua les quatre observations à la Société clinique de Londres, en 1874.

Quelques mois auparavant, Morrow de New-York, publiait sous le titre d’« érythème papuleux » l'observation d’une éruption étrange qu'il ne parvenait pas à classer parmi les maladies connues.

De 1874 à 1878 quelques nouveaux cas furent publiés

ie

à Londres par Barlow et par Sangster. Morrow, les ayant passés en revue, reconnut les caractères de la maladie qu'il avait observée en 1874 et refit son diagnostic pour celui d’urlicarta pigmentosa, qui venait d’être proposé par Sangster.

En 1879, Barlow, Goodhart ; en 1880, Pye Smith, Cavafy, Mackenzie publièrent ‘de nouvelles observations dela maladie ; en 1881, Tilbury Fox et Mackenzie en présentèrent d’autres cas.

Colcott Fox, en 1883, fait paraître le premier travail d'ensemble sur cette affection et le présente sous le nom d’urlicaria pigmentosa ou æxanthelasmoidea.

En 1884, G.-H. Fox, en 1885, Crocker, communiquent de nouvelles observations faites à Londres et à New-York. Duhring, en Amérique, Liveing et Cavafy en Angleterre consacrent à la maladie, des chapitres dans les traités qu'ils publient.

En Allemagne, les deux premières observations furent pubhées par Pick, qui en fit l'examen microscopique. En 1881, Lewinsky cite deux nouveaux cas de la dermatose qu'il considère comme une angionévrose. En 1883, Unna, G. et F. Hoggan étudient l'anatomie pathologique de l’urticaire pigmentaire ; en 1886, Lasansky fait connaître un nouveau cas: la même année, Kaposi présente un malade à la Société de médecine de Vienne et Unna communique au LIXe Congrès des naturalistes, à Berlin, un travail très important sur l'anatomie et la pathogénie de l’urticaire pigmentaire.

En France, le premier eas est observé en 1883 par

ie Feulard et diagnostiqué par Vidal. En 1884, Brocq donne, dans les Annales de dermatologie, une analyse très détaillée du travail de C. Fox.

Les années suivantes, plusieurs cas sont observés par Fournier, Vidal, Quinquaud ; ils sont publiés par Raymond qui, en 1888, consacre sa thèse à l'étude de l'urticaire pigmentaire : 1l classe la maladie comme une angionévrose compliquée de {rophonévrose.

En Russie, le D' Pospeloff eut, parait-1l, l’occasion d'observer deux cas de la maladie, mais les détails qu'il envoya à Raymond furent insuffisants pour être publiés.

Après Raymond les observations les plus intéressantes et les études les plus sérieuses sont dues, en Angleterre, à W. Beatty, Radcliffe, Crocker, Morrow, G.-H. Fox, Gilchrist, Robinson, Elliott, Wondert, Cutler, ete., et surtout à Graham Little qui publia, en 1905 et 1906, un travail très documenté {in British Journal of Dermatology).

En Allemagne nous citerons les travaux de Pick, Lewinsky, Lasansky, Blümer, Unna, Baümer, Rona, Kaposi, Raab, Kreibich, Doutrelepont, Breda, Nobl, Jadassohn., etc.

En France les plus importantes études sont celles de Feulard, Vidal, Hallopeau, Perrin, Leredde, Nicolas et Moutot, Bonnet, etc.

Enfin les récents traités de dermatologie consacrent tous un chapitre à l’urticaire pigmentaire, en particulier ceux de Brocq, d'Hallopeau et Leredde, de Darier, de Kaposi, de Gaucher, dans le traité de Brouardel et Gilbert, de Thibierge, dans celui de Charcot et Bou-

HS chard, ete. (On trouvera le détail des publications dans l'index bibliographique).

Enfin, les formes rares, comme les formes cicatricielles, cyeliques et érythémateuses ont été bien étudiées, en particulier, par Hallopeau et Leredde,

A mesure que la maladie était mieux connue, la dénomination qu'on lui consacrait subissait de nombreux changements.

Les premiers cas furent décrits sous des titres très divers: Nettleship parlait d'une « urticaire permanente laissant des taches brunes »; Baker l’appelait « érythème permanent » et Morrow «érythème papuleux »,

T. Fox, pensant trouver une analogie entre cette maladie et le xanthelasma, propose l'appellation de æanthelasmoïdea.

Sangster propose le nom d'urlicarta piqmentosa, Goodhart pense que les modifications cutanées sont mieux rendues par le terme d'urticaria perslans ; c'est aussi la dénomination admise par Pick qui reconnaît deux sortes d'urlicaria perslans, l'une où l’éruption ne laisse aucune pigmentalion, l'autre dans laquelle il reste une coloration durable de la peau. Attribuant à un processus hémorragique la pigmentation de l’urticaria pigmentosa, 11 propose même le nom d’urticararta perstans hémorragique.

Mais Lewinsky fait remarquer que la persistance des élevures n'est pas le caractère principal de la maladie, et préfère le nom d’ « urlicaire pigmentée »,

Dès 1884, en elfet, les auteurs s'accordent à raltacher celle affection à l'urticaire,

Raymond admet, lui aussi, cette dénomination, tout

re

en faisant remarquer qu'elle ne vise que deux de ses signes les plus importants: la saillie urticarienne et la pigmentation. :

Hallopeau et Leredde, avec les termes d’urticaire lichénoïde el pigmentée persistante, urticaire érythémaleuse pigmentée cyclique, ne visent que des variétés de l’urticaire pigmentaire.

L'appellation de Sangster est aujourd'hui consacrée par l'usage, avec raison, semble-t-1l, car, s'il existe des urticaires qui laissent, après leur disparition, des taches rosées, elles sont loin de ressembler à la maladie urticaire pigmentée.

On a reproché à cette dénomination de rattacher la maladie aux autres variétés de l'urticaire ; plusieurs auteurs ont, en effet, des opinions différentes à ce sujet ; nous y reviendrons dans le chapitre consacré à la nature de la maladie.

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STIOLOGIE

Malgré les travaux récents, l’étiologie de l’urticaire pigmentaire est encore mal connue. Les statistiques montrent que la maladie fut surtout observée en Angleterre. Sur 145 cas, Graham Little en nolait, en 1906, 62 anglais, 34 allemands, 24 français, 16 autrichiens, 9 en d’autres pays.

M. le D' Bonnet, de Lyon, ne signale aussi que 25 cas environ, publiés en France ; en Amérique on en connaît de 15 à 20 cas.

Début. — [La maladie commence, en général, pendant la première enfance, surtout pendant deux périodes: les premiers quinze jours après la naissance, comme dans l'observation typique de M. le D'Nicolas!, et les deux ou trois premiers mois.

On l'a vue pourtant exister à la naissance (obs. I, XXX, XXXVI); Raab publia, en 1900, une observation du même genre*? ; Reiss en signala un autre cas en 1903.

Le début de l'affection pendant l'enfance était, autre-

! Province médicale, 5 mars 1910.

* Sociélé de dermatologie de Breslau, 1900.

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