‹ Contribution À L'Étude De L'Utilisation Médico-Légale du Test au Cardiazol dans l'ÉpilepsieChapitre 5 sur 19 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

L'étude des éléments du sang a permis à PAGNIEZ de mettre en évidence un syndrôme humoral. D'un gros intérêt scientifique cette question n’a qu’une valeur réduite au point de vue médico-légale, car ces modifications sont fugaces.

La recherche des réactions vestibulaires a permis de déclancher des manifestations convulsives par excitation vesfibulaire dans 4 cas sur 15. Mais AYUGLIA n'obtient aucun résultat par cette méthode.

PIERRE MARIE et PIERRE, constatent des accidents de petit inal après irrigation froide de l'oreille.

L’Electro-encéphalographie a révélé des troubles de l’état électrique du cerveau très particuliers aux épileptiques. Les recherches initiales sont dues à Hans BERGER. L'école américaine a obtenu des résultats plus complets avec LENNOXx, F. et E. G1BBS, FREY, GILBERT. En France, Ph. PAGNIEZ, BAUDOINN, PTICHET et LIBERSON, FISCHGOLD et REMOND, J. BERTRAND, DELAY et J. GUILLAIN, ont poursuivi de fructueuses recherches dans ce domaine. On peut tirer de ces travaux les conclusions suivantes (BAUDOIN) : un tracé franchement positif recueilli à l’état infra-clinique ou un tracé typique recueilli pendant une crise de petit mal donnent une certitude absolue : il s’agit d’un sujet atteint du mal comitial. Un tracé négatif obtenu dans les heures qui suivent une crise ayant l'allure du grand mal dit essentiel ou alléguée comme telle chez un sujet jeune (au-dessous de 30 à 35 ans) doit inspirer les doutes les plus sérieux sur le diagnostic d’épilepsie.

Cette règle ne s'applique pas aux épilepsies symiptomatiques (Traumatique, Brawais-Jacksonienne) ni aux formes s’accompagnant de conservation de la conscience.

La statisiirue donne 75 % de résultats positifs et 25 % de négatifs. Ou note une influence due à l’âge : moins de 35 ans, 84 % nositifs — plus de 35 ans, 42 % positifs. — Tout se passe comme si la positivité de la formule s'atténuait avec l’âge ruur, pour disparaître chez le vieillard. L'épreuve de

l'hyperpnée est particulièrement utile chez les sujets atteints de petit mal pour déclencher des altérations électriques, tant cliniques qu’infracliniques.

Mais l’épilepsie psychique fournit des tracés négatifs, et d'autre part le tracé est souvent positif chez certains membres de la famille de l’épileptique qui ne présentent pas eux mêmes de crises comitiales. Ces faits montrent que le tracé électro-encéphalographique n'est qu'un symptôme de l’épilepsie qui peut ne pas exister dans certains cas, ou chez d’autres sujets révéler un terrain épileptogène (peut-être héréditaire ?) mais qu'il ne s’agit pas d’un réactif de l’épilepsie.

Cette méthode d'investigation donne de très bons résultats pour le diagnostic positif de l’épilepsie, mais elle a un inconvénient majeur : l’appareillage nécessaire qui est délicat à manier et ne peut l’être que par un spécialiste, impossible à déplacer, étant donnée son installation fixe (cabine blindée pour isoler électriquement le malade) et la fragilité de l’appareillage et surtout le très petit nombre d'appareils existant en France, dans les grands centres d'études médicales seulement, à cause de leur prix de revient très élevé. Ce simple fait suffit à en interdire l'usage courant en médecinelégale dans la plus grande partie des cas, car très peu d'experts peuvent bénéficier des renseignements lorsqu'il s'agit de prévenus de province, dont les conditions de détention ne permettent pas le transfert dans un centre possédant un électro-encéphalographe, pour y subir cet examen.

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