CHAPITRE IV
L'épreuve de l’Hyperpnée, basée sur les travaux de COLLIP et BACKUS, GRANT et GOLDMAN sur la tétanie chez l'homme normal, a apporté un gros appoint à l’étude de l’épilepsie, par les recherches qu’elle a provoquée.
Proposée en 1924 par ROSETT, et par FOERSTER qui obtiennent 55 % (puis 40 #) d'accès chez certains épileptiques dans des conditions particulières d'expériences, elle a été vérifiée par une foule d'auteurs, CLAUDE, CADET, SENAC et MONTASSUT, ne trouvent pas l'expérience concluante (9 résultats positifs sur 33 épileptiques en 1926). MARCHAND obtient des échecs chez des comitiaux avérés. LIEBERS : 8 résultats positifs sur 30 épileptiques. GEORGI, GLASER, WINNICK : 26 résultats positifs sur 56. W. STERLING expérimentant sur 200 épileptiques et 200 témoins observe que 32 % des épileptiques réagissent par un accès, et que si les sujets normaux ne font jamais de crise, ils réagissent par des manifestations de tétanie dans 63 % des cas. REDLICH complique l'épreuve par des inhalabons d'oxygène. JAKUSIN obtient 48 % de cas positifs, mais FETTERMAN, JOVATA et HEINDRICH n'en trouvent que 5 à 10 % et même NERIO Rojas n'obtient aucune manifestation chez 8 épileptiques. PAGNIEZ et ROUSSEAU n’observent pas de crise vraie, mais seulement des crises pithiatiques de même que TALENTI et HERMANN. — NYSSEN sur 41 épileptiques obtient 15 % de résultats positifs. — FOERSTER complique ensuite l'épreuve par l’usage d'appareils spéciaux et la prolonge de 30 minutes à { heure. GUILLAIN, ALAJOUANINE et THÉVENARD, HENDRIKSEN, LARUELLE et HEERN, BAUDOIN et SCHAEFFER se sont également occupés de cette épreuve qui a donc été très étudiée.
La conclusion généralement tirée de toutes ces recherches est qu’il s'agit d’une épreuve inoffensive capable de provoquer des réactions épileptiques bien caractérisées chez des comitiaux avérés et n’est guère utile dans les cas douteux.
I faut la rechercher dans des conditions optima, en la pro-
SA
longeant assez longtemps, et en la répétant sur le même sujet. Sa négativité ne plaide pas en faveur d’une non comitialité (NySsEN). Elle est caractéristique avant tout, dans l’épilepsie secondaire à une lésion cérébrale, tumeur, traumatisme crânien ; encéphalite, méningite. (MaAssIoN-VER- NIORY).
Nécessitant un effort concerté et une coopération active de la part du patient, elle est très difficile à appliquer en médecine-légale où le sujet cherche souvent à tricher. Néanmoins il y a toujours avantage à la rechercher car elle prépare le sujet, le sensibilise en quelque sorte pour d’autres épreuves.
L'épreuve de l’Hyperhydratation, provoquée par l’ingestion massive d’eau et complétée par un blocage de la diurèse par l'administration de Post-Hypophyse (MAC QERRIE, WIcH- MANN, ARINSTEIN, ENGEL, PLATANIA, JARY, STANDER, TERRON) donnerait presque toujours un résultat positif chez les épileptiques, mais elle présente un gros inconvénient : l’accès n’éclate que très tardivement, plusieurs heures à deux jours après le début de l’épreuve. Pénible pour le patient à qui l’on fait ingérer 500 centimètres cubes d’eau assotiée à une injection de 1 cc. d'extrait neuro-hypophase, épreuve répétée 3 fois en 24 heures, elle nécessite en plus le maintient du sujet alité et sous une surveillance constante du personnel infirmier. TERRON donne comme résultat 30 % d'épreuves positives chez les épileptiques traités et 40 % chez les non traités.
On peut en rapprocher l'injection de solution hypertonique de chlorure de sodium, qui a l'inconvénient de provoquer des réactions thermiques généralisées et une altération locale des parois vasculaires.
À en rapprocher également l’utilisation des diurétiques mercuriels (PERO et RUBINO). L’injection intra-veineuse de « Novasurol » ou Intra-musculaire de « Neptal » provoquerait une rétention hydrique avec apparition de crises convulsives chez des épileptiques de 6 à 9 heures après, dans 6 cas sur 8.