PARALLÈLE ENTRE OPIUM ET UZARA
Nous savons que les Allemands, pendant la Grande Guerre, employèrent l'extrait d'uzara pour lutter contre la carénce d’opium. Ils Femployèrent, nous dit-on, pour arrêter la diarrhée. II semble donc d'un certain intérêt de faire un parallèle entre l’action de ces deux drogues.
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Commençons d’abord par l'opium, car l’action de l'opium sur le tube digestif est bien connue quant à ses phénomènes et commence à l'être quant à son mécanisme. Nous passerons sous silence les nausées et. les vomissements consécutifs à l'administration souscutanée d’opium, qui semblent dues à l'excitation du centre vomitif, et des terminaisons nerveuses du pneumogastrique de la muqueuse stomacale. En dehors de. cette action vomitive, l'opium exerce une action inhibitrice sur la sécrétion gastrique, et il y a en définitive, hypocrinie stomacale et anorexie. Enfin l’opium constipe, tel est le fait clinique indiscutable, mais comment constipe-t-il ?
Pour certains il exerce une action véritablement antisécrétoire, il est anexosmotique.
Pour d’autres il exerce une action antispasmodique sur l'intestin. En d’autres termes il apaise les mouvements péristaltiques. Les preuves cliniques sont là : apaisement du ténesme rectal, des coliques par spasme intestinal, et des diarrhées douloureuses.
Ces deux actions précitées ne sont nullement antagonistes.
En un mot l’opium diminue et supprime les con-
lractions intestinales en paralysant toutes les fibres musculaires, arrivant ainsi à produire un arrêt absolu dans l'évacuation intestinale.
Maintenant passons à l’uzara.
Si nous voulons faire un parallèle entre l’opium et l'uzara, nous allons voir qu'au point de vue physiclo- gique, ces deux drogues n’ont absolument rien de commun, et nous pouvons dire que si leurs effets peuvent se rapprocher, leurs actions sont totalement inverses.
Sur l'intestin isolé, l’opium paralyse les fibres lisses, alors que l’uzara les excite et les contracte.
Sur l'animal, l’opium paralyse toujours les Fee lisses intestinales, inhibant ainsi les contractions de l'organe, alors que l’uzara excite les fibres nerveuses frénatrices de l'intestin, soit le sympathique, et pro- .duit une inhibition des contractions intestinales, action identique à celle observée avec l’opium mais par un processus physiologique qui n'est pas le même.
Et par ces deux actions bien différentes on voit tout ce que l’on est amené à demander à ces drogues. L'opium paralysant, produira une constipation, nous pouvons dire absolue ; par contre, l’uzara ne diminuant que les contractions intestinales, on aura une