‹ Contribution à l'étude de la Bilharzia HematobiaChapitre 11 sur 24 · IT. DISTRIBUTION GÉNÉRALE DU PARASITE · texte numérisé non relu

IT. DISTRIBUTION GÉNÉRALE DU PARASITE

. En allant du général au particulier, nous sommes conduits à étudier la répartition, la diffusion de ce distome

ES p Du

successivement au point de vue géographique, zoologique et enfin humain.

Ce parasite n’a été rencontré jusqu’à ce jour qu’en Afrique et semble affectionner le littoral, plus spécialement encore certains points de ce littoral ; cependant on le voit entamer l’Asie sur des points rapprochés du continent Africain.

Le Soudan, d’après Sonzino serait son pays d'origine. On le trouve ensuite en Égypte, (1 cas sur 2 individus), et en Abyssinie ; le Delta du Nil est particulièrement infecté: puis pour s’en {enir à une simple énumération on le signale sur la côte Arabe de la mer Rouge, la Mecque, la colonie du Cap, la Cafrerie, Natal, le Cap de Bonne-Espérance, presque toute la côte Est de l'Afrique et les îles adjacentes, la côte d’Or (ouest de l’Afrique) au Zambèze, lacs Nianza, Tchad et contrées voisines, Zanzibar, rives de l'Orange, baie d’Algoa, Maurice, Nossi-Bé, et peutêtre à l'ile de la Réunion et à Madagascar; cependant pour ce qui concerne le lac Tchad, Nachtigal dit avoir constaté simplement la fréquence de l’hématurie dans ces contrées, sans pouvoir y démontrer formellement l'existence de la Bilharzia. Berkeley Hill dit en 1888 avoir rencontré ce parasite chez deux personnes n’ayant jamais quitté l'Angleterre: enfin la Tunisie, d’après trois faits récents (Villeneuve, Brault et Cahier) est un terrain propice à l’évolution et à la propagation de ce distome : c’est du moins ce que ce travail se propose d'établir.

La Bilharzia a été rencontrée chez des animaux. Cobbold l’a trouvée chez un cercopithecus fuliginosus autopsié au Zoological Garden à Londres ; Sonzino (sans affirmer qu'il

59 Et

s’agit de la même espèce que celle de l'homme) l’a signalée à Zagazig (Égypte) chez des moutons, des brebis et un bœuf (35 distomes adultes dans la veine porte de cet animal qui portait en outredes lésions d’une helminthiase distomateuse légère au niveau de la vessie et du gros intestin; ces découvertes concordent avec celles de Cobbold (mouton). Bomford à Calcutta, et Grassi à Catane. Vient enfin le tour de l’homme. L'enfance loin d’être à l'abri de l’infection parasitaire y est particulièrement sujette. À l’école de Tantah, Sonzino découvre 100 cas d’hématurie sur 300 enfants et dans T5 autopsies de vessie il trouve 38 fois le ver.

Bilharz admettait que les femmes était moins souvent atteintes : une cause d’erreur imprévue étant éliminée, Sonzino a établi nettement l'indifférence absolue des sexes à cet égard.

La classe pauvre semble plus intéressée, pour une raison d’ailleurs très simple : la pauvreté entraîne l’indifférence envers les causes de contamination ou enlève à l'individu les meilleurs moyens de défense dont il puisse disposer contre elles.

Les races ne présentent non plus entre elles aucun privilège : Arabes, Coptes, Fellahs, Nubiens, Nègres, étrangers (Européens), sont également atteints. Ces considérations ont donc une importance extrême au point de vue prophylactiques. Pour se l'expliquer d’ailleurs il faut connaître les causes de contamination.

La principale de ces causes est l’impureté de l’eau, en Egypte de l’eau du Nil ; d’une façon générale on doit incriminer toutes les eaux tranquilles, lacs, puits, ci-

SEC). dis

ternes,et mêmes leseaux courantes (rivière etc). Les eaux peuvent elles-mêmes être contaminées par l’homme, soit, par ses excreta (urines fraiches, féces) déposés sur le sol ou déversés dans les cours d’eaux qui entraînent les embryons et les disséminent au loin. Dans ces conditions, l’eau ingéré telle qu’elle, donne presque sûrement le parasite : tout ce qui est en contact avec elle sera de même contaminé et contaminera : les légumes, les poissons, les mollusques sont dans ce cas, selon Renould et Reyer. — Ces différents véhicules introduisent avec eux dans l’organisme le cercaire hypothétique ; celui-ci donnera le distome adulte dont les œufs, après avoir perforé la muqueuse, se dispersent comme on le verra plus loin Un mode de contamination plus curieux encore, et que Bilharz a constaté chez un porteur d’eau est le suivant : ce malade, en vertu de sa profession transportait de l’eau dans une outre qu’il chargeait sur son dos : l’agent de contamination traversa la paroi de l’outre, la peau de la région du dos en contact avec l’outre, et pénétra ainsi par une véritable effraction dans l'organisme. Allen admet la contamination par le bain : l’œuf s’introduit alors par le canal de l’urèthre. Cette même voie serait incriminée en outre par Brault qui suppose le coït cause possible de contamination.

Quoi qu’il en soit du mode de pénétration du parasite, une fois dans la place, je veux dire dans l'organisme, il ne tarde pas à l’envahir : cetenvahissement présente des degrés variables suivant les cas.Le parasite fut signalé au début dans les vaisseaux portes par Bilharz. Depuis, les découvertes se succédèrentrapidement. J'en ai donné plus

haut la succession. Il convient ici d’en exposer simplement les résultats.

L'introduction de la Bilharzia se fait normalement par les voies digestives, sous quelle forme, on l'ignore. Elle acquiert son développement complet dans le sang; on ne la trouve adulte, que dans le système porte. Les œufs qu'elle donne au contraire se disséminent dans les veines porte, hémorrhoïdales, vésicales, rénales, splénique, du bassin, etc. par conséqueat dans l’urèthre, la vessie, l’urétère à son origine vésicale, dans la prostate, les vésicules séminales, le rein, quoique exceptionnellement (Bilharz, Griesinge), le rectum où, particularité unique et bizarre ils présentent l’éperon latéral et non terminal (Sonzino, Zancarol, Damaschino), dans les ganglions mésentériques (Zancarol), le foie (Kartulis), le poumon (Mackie, Blanchard, Birch Hirschfeld) et jusque dans les fosses nasales (Sonzino, un cas cité). En revanche on ne les a pas encore signalés dans l'estomac et le pancréas.

Page 1