LA CORRELATION
De toutes les méthodes que nous avons envisagées jusqu’à présent pour l’étude des mensurations, il ne s’agissait que de l’examen d’une donnée unique et la variation ne concernait qu’une propriété.
Pour l'explication de nombreux problèmes biologiques on est parfois conduit à rechercher si deux propriétés peuvent avoir dans leur variabilité un rapport entre elles et surtout dans quelle mesure. Ce rapport est désigné sous le nom de corrélation.
Il est tout naturel que dans l’organisme animal de nombreuses parties se trouvent dans une certaine dépendance les unes des autres : les lois du balancement des organes ont été établies depuis longtemps par Cuvier, Darwin et Baron et forment l’essence de nos doctrines constitutionnelles actuelles. Mais depuis ces noms illustres, des progrès ont été faits et on a cherché ces derniers temps des corrélations entre des données des plus éloignées en apparence. C’est ainsi que Duerst a établi un rapport d’ailleurs constaté entre l’angle costal de la vache et la production laitière.
Faisons remarquer en passant que le terme de corrélation peut conduire à une méprise car l'esprit tend à lui donner une signification de causalité : .’est
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ce que fait remarquer M. Julin dans les Principes de stetistique théorique appliquée : « En logique, le caractère corrélatif de deux phénomènes implique l'existence entre eux d’un lien causal » et certains auteurs qui se sont attachés au côté mathématique de la question plutôt qu’à son aspect philosophique, n’ont pas hésité à écrire que l’existence d’une corrélation d’un degré assez élevé entre deux phénomènes, supposait l’existence de causalité.
C’est pour cette raison que nous aussi nous nous rangeons à l’opinion de L. March qui juge le terme de co-variation plus exact.
Il ne faudrait pas passer sous silence la belle définilion très générale donnée par Viola : « L'étude des corrélations est représentée par une étude exacte de l’architecture externe de l’organisme, afin de l’envisager en soi et pour soi et de l’interpréter en tout ce qu’elle peut nous servir pour nous éclairer sur jl'architecture interne. »
Cette explication, qui nous ouvre des horizons très vastes, nous entraîne à chercher une classification de toutes les corrélations possibles ; leur étude est basée sur la nature des caractères corrélés et comprend les six classes suivantes :
1° Etude des variations corrélatives de l’architecture externe, ou éso-extérieures; elle intéresse directement l’'Extérieur et l’'Anthropométrie chez l’homme: c’est l'expression mathématique d’une plus ou moins grande harmonie esthétique de la race : elle sera donc d’une grande valeur pour les animaux de travail ou même de boucherie.
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2° Etude des variations corrélatives entre architectures externe et interne, ou eso-internes : cette partie présente un intérêt relativement faible; elle envisage par exemple le rapport entre les dimensions de l’apparei! digestif et de la structure externe.
3° Etude des variations corrélatives entre l’architecture externe et les fonctions organiques ou esofonctionnelles, très importante, car elle se confond avec le but de la zootechnie qui est d’obtenir le rendement optimum des productions animales. Nous comparerons ultérieurement cette méthode d’étude théorique avec celle, pratique, donnée par le contrôle laitier par exemple.
4° Etude des variations de l’architecture interne, ou endo-internes; très utiles pour l’anatomiste, l’embrvologiste, l’histologiste et, bien que rarement, pour le zootechnicien.
5° Etude des variations corrélatives entre l’architecture interne et les fonctions ou endo-fonctionnelles. C’est cette étude qui a permis à Bichat de découvrir d’une façon merveilleuse les fonctions antitoxique et glycogénétique du foie à partir de considérations uniquement morphologiques : il a considéré le poids du foie comparativement à la masse totale des autres glandes de l’organisme et en a conclu que l’excrétion biliaire, si minime si on la compare aux autres sécrétions, ne pouvait pas être la seule fonction du foie.
6° Etude des variations corrélatives entre deux fonctions ou corrélations physiques fonctionnelles. C’est là un domaine uniquement physiologique et
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auquel on peut reprocher d'utiliser presque exclusivement les méthodes qualitatives.
Tous ces différents chapitres ouvrent un champ d'étude embrassant absolument toutes les sciences s'appliquant aux animaux. Mais pour nous, qui sommes avant tout des zootechniciens, seules les trois premières parties nous intéressent. Nous avons déjà signalé en passant que l’étude des corrélations esointernes est d’un intérêt relativement faible. Celle des corrélations éso-fonctionnelles sont très importantes pour l’amélioration du cheptel en vue des productions animales; mais c’est surtout à la première que nous allons nous adresser.
Les corrélations éso-extérieures ont été les premières étudiées parce que les plus faciles à établir. En effet, pour pouvoir chercher une corrélation ésofonctionnelle, par exemple, il est nécessaire de pouvoir suivre de nombreux sujets très longtemps, donc de disposer d’un champ d’expériences parfait. C'est pourquoi, c’est en partant de nos premières mesures, toutes externes, que nous allons envisager cette petite étude critique.
Pour juger de la valeur d’une corrélation supposée nous avons à notre disposition deux moyens : d’une part le calcul du coefficient de corrélation, d’autre part l’établissement du tableau de corrélation.
Le coefficient de corrélation est donné par la formule de Bravais :
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