‹ Contribution à l'étude de la bordure épithéliale périphérique du lobule hépatique et de ses variations dans quelques états pathologiquesChapitre 19 sur 23 · Dégénérescence graisseuse totale · texte numérisé non relu

Dégénérescence graisseuse totale

20. Dégénérescence irrégulière. Congestion. Dislocation des travées.

21. Dégénérescence graisseuse irrégulière. Congestion. La bordure épithéliale persiste néanmoins en maints endroits.

L'examen attentif des coupes nous démontre dé façon claire, que s’agit-il de dégénérescence ou de simple infiltration graisseuse, la bordure épithéliale, dans son ensemble, est moins altérée que le reste des cellules hépatiques. Cette constatation est moins nette dans la dégénérescence que dans la simple infiltration. La figure 2 nous montre d’une façon très claire la topographie des vacuoles restées après la fonte des matières graisseuses par les réactifs fixateurs. Elle provient de la coupe n° 2 du présent chapitre. On voit que les cellules bordantes présentent des vacuoles insignifiantes comme volume et comme nombre en regard des vacuoles beaucoup plus considérables et plus nombreuses siègeant dans les cellules placées immédiatement derrière elles. Cette figure est d’autant plus démonstraüve qu'il s’agit en l'espèce d’une infiltration graisseuse systématisée, nettement périlobulaire, et qui aurait dû, à ce titre, si la bordure épithéliale ne lui avait présenté une résistance

Fi

plus grande que celles des travées, intéresser plus directement cette bordure.

Nous sommes donc obligés de constater qu’il s’agit là d’une résistance spéciale des cellules composant cette bordure puisque cette résistance ne peut s'expliquer par la situation périphérique des cellules de la bordure. Dans les cirrhoses en

effet, quand le tissu fibreux a fait perdre son individualité au lobule hépatique, s’il survient de linfiltration ou de la dégénérescence graisseuse, nous ne constatons pas une différence très marquée entre’ la façon dont sont traitées les cellules centrales et cellé dont sont traitées les cellules périphériques, situées dans une situation anatomique identique à celle des cellules bordantes.

Cette résistance se comprend, du reste, facilement. Ces cellules bordantes ne sont en somme que la continuation, sous une forme un peu différente, des cellules qui composent le

SroDe

canalicule biliaire de l’espace. A l’origine, alors que le foie était une glande tubulée, non encore pénétrée par le système sanguin, non encore remaniée par lui, ces cellules constituaient la couche génératrice de l’épithélium glandulaire, couche douée de propriétés vitales plus énergiques, plus vives et capables, par conséquent, de mieux résister aux agents de désorganisation. Quoi d'étonnant qu’elles aient gardé de cette origine une résistance plus grande aux poisons venus du tube digestif ou d’ailleurs ?

Cette résistance, inattendue au premier abord, n’est, du reste, pas chimérique, et ne se base pas sur l'examen de cette seule coupe.

Si nous prenons en bloc, en effet, la série des vingt préparations, nous constatons que les cellules bordantes ont gardé leur structure plus régulière onze fois, soit plus de la moitié. Nous avons, dans les cas restants, beaucoup de dégénérescence, de lésions arrivées à un degré tellement avancé que les cellules bordantes, quelque résistance qu’elles aient pu opposer au début —et tout nous autorise à croire qu’elles ont résisté plus longtemps que les autres cellules — ont été frappées à leur tour de la même manière que les cellules intra-lobulaires. En réalité, c’est donc le plus souvent, on pourrait dire toujours, s’il ne fallait pas compter avec des actions combinées encore mal connues, dues peut-être à la présence directe d'agents infectieux, que s’observe cette résistance de la bordure épithéliale.

Page 1