‹ Contribution à l'étude de la bordure épithéliale périphérique du lobule hépatique et de ses variations dans quelques états pathologiquesChapitre 20 sur 23 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

CIRRHOSES

Annulaire. — 1. Quelques rares cellules infiltrées de graisse. Bordure conservée dans les endroits correspondant aux espaces porto-biliaires.

2. Mêmes remarques. Nombreux points atteints de dégénérescence graisseuse.

3. Tissu conjonctif ne comprimant pas les cellules hépatiques. La bordure existe aux endroits correspondant aux espaces portes.

4. Dégénérescence graisseuse presque absolue respectant cependant le plus souvent les cellules de la bordure encore existantes.

5. Dégénérescence graisseuse presque absolue. Infiltration leucocytaire prononcée du tissu conjonctif qui empêche d’apercevoir les cellules bordantes.

6. Infiltration leucocytaire du tissu conjonctif. Dégénérescence graisseuse absolue des cellules hépatiques n'ayant pas respecté la bordure.

7. Inflammation du tissu conjonctif. Dégénérescence graisseuse des cellules. Dislocation des travées. Pas de bordure visible.

Hypertrophique.— 1. Ilots de tissu conjonctif disséquant les cellules hépatiques. Pas de bordure visible.

9, Bandes de tissu fibreux envahissant les cellules en suivant les vaisseaux pénétrants, dissociant la bordure hépatique.

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3. Très fines fibrilles conjonctives partant des îlots fibreux des espaces portes et dissociant les cellules des travées hépatiques et celles de la bordure.

Atypique.— 1. En certains points, la bordure a résisté. En d’autres, elle est complètement disloquée, chacune des cellules la composant étant séparée de sa voisine par des fibrilles conjonctives.

9. Ilots de tissu hépatique dans lesquels le tissu conjonctif envoie des travées dissociantes. Congestion très intense. Manchon leucocytaire autour des vaisseaux. Pas trace de bordure.

3. Polynucléose des espaces portes d’où partent des travées conjonctives appliquées contre les vaisseaux. En ces points seuls, la bordure est dissociée.

4. Ilots hépatiques en voie de dissociation. Vaisseaux atteints d’endartérite.

5. Tissu conjonctif disséquant la bordure aux points où elle est traversée par les vaisseaux, mais la laissant intacte sur de grandes étendues.

6. Vaisseaux atteints d’endopériartérite. Bandes conjonctives enserrant les îlots hépatiques à la façon de la cirrhose annulaire, mais les disséquant en même temps. Infiltration graisseuse très marquée en certains endroits. Congestion également marquée en d’autres. Pas de bordure.

7. Au niveau des espaces portes, le tissu conjonctif envoie des points qui suivent les vaisseaux et dissocient les travées. Get envahissement est favorisé par la dislocation des travées hépatiques. Malgré cela, on peut reconnaitre très nettement en certains points la bordure.

8. Cirrhose irrégulière dissociant les cellules, mais respectant souvent la bordure.

9. Cirrhose irrégulière avec, dans le tissu conjonctif, des amas leucocytaires. Cellules hépatiques disséquées par le tissu fibreux. Quelques points d'infiltration graisseuse. Quelques points congestifs.

10. Ilots de tissu hépatique à cellules très altérées situées dans un tissu conjonctif envahi de leucocytes.

11. Cirrhose affectant les formes de la cirrhose annulaire et celles de la cirrhose hypertrophique. Bordure conservée parfois.

ra Nous allons étudier les variations pathologiques de la bordure épithéliale dans l’ordre de description des différentes coupes.

Nous constatons dans la cirrhose annulaire l'existence de la

FiG. 3.

bordure dans le plus grand nombre des cas. Ceux dans lesquels on ne la trouve pas, présentent des lésions de dégénérescence graisseuse surajoutées qui mettent un peu hors de cause la cirrhose dans la disparition de cette bordure. Il est du reste un cas que la description sommaire des coupes ne permettait pas d'expliquer, mais qui se trouve dessiné d’après nature (fig. 3). Ce dessin représente la bordure épithéliale un peu altérée, mais cependant fort reconnaissable dans l’intervalle virtuel qui sépare deux lobules, intervalle réel chez le porc, intervalle devenu également réel chez l’homme, dans ce cas particulier de cirrhose, par l'interposition d’une bande de tissu fibreux. Souvent, en effet, dans la cirrhose annulaire le

tissu fibreux met en relief le polyèdre schématique du lobule hépatique.

Il n’en est pas de même pour la cirrhose hypertrophique, et quoique peu nombreuses les coupes que nous possédons sont suffisamment démonstratives. Les préparations 1 et 2 nous montrent les lésions à un stade déjà avancé, et étant donné le nom même de la cirrhose hypertrophique, appelée souvent cirrhose disséquante, nous comprenons fort bien que la bordure épithéliale, placée la première au contact du tissu fibreux, ne soit pas respectée. La préparation 3, au contraire, nous montre les lésions à un stade si peu avancé, que si nous examinons la coupe seulement à un faible grossissement et à une coloration à l’éosine et hématéine, nous ne nous apercevrons pas des lésions de cirrhose. Le picro-carmin et un fort grossissement nous permettent au contraire de voir que toutes les cellules, qu’elles appartiennent aux travées intralobulaires ou à la bordure périphérique, sont entourées d’un fin lacis de fibrilles conjonctives qui les séparent les unes des autres. La bordure ainsi détruite ne peut plus jouer son rôle de réservoir, elle ne peut plus empêcher la bile de se déverser dans le tissu fibreux et de là dans le système lymphatique. Aussi voit-on dans cette affection dès les premiers jours l'ictère apparaître. La pénétration des fibrilles conjonctives dans l'intervalle du lobule se fait suivant les vaisseaux qui entourent les travées. Cestravées, dissociées par la congestion, sont vite pénétrées par le tissu fibreux, et c'est ainsi que se fait la captation de chaque cellule séparément.

La cirrhose atypique, syphilitique dans la plupart des cas sinon dans tous, présente des lésions comparables dans certains points à celles de la cirrhose atrophique, semblables dans d’autres points à celles de la cirrhose hypertrophique. Aussi voit-on dans certains cas subsister la bordure alors que dans d’autres elle est absolument détruite. L’envahissement du tissu fibreux se fait suivant les fissures de Kiernau et suivant aussi les foramina percés dans la bordure épithéliale pour le passage des vaisseaux.

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