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CHAPITRE II

Etiologie.

Les 50 cas de botryomycose étudiés par Legroux (Thèse Paris 1901), lui ont permis de conclure que cette affection n’a jamais été observée au-dessous de 17 ans et qu'elle est prédominante dans le sexe masculin, et il arrive à trouver une proportion de 2/3 des cas (36 sur 18) en faveur de ce sexe.

Villemin, Broca dans des observations plus récentes, notent de nombreux cas de botryomycose chez des enfants.

Rocher, en 1906, fit paraître 2 observations concernant: l’une, une fillette de 13 ans, atteinte de botryomycose de l'index gauche ; l’autre, un garçon de sept ans, présentant un botryomycome d'un œuf de pigeon siégeant: dans la région pariéto-occipitale gauche.

On n'a pas pu mieux établir la prédominance du sexe masculin. On s'explique mal, en effet, cette différence de fréquence car les petits traumatismes, coupures, piqûres qui servent presque toujours de point de départ à la maladie sont aussi habituels chez la femme que chez l’homme.

Il nous semblerait par contre très logique que les professions manuelles fournissent le plus fort contingent à l'af-

fection qui nous occupe. D’après Legroux, les cultivateurs seraient les plus atteints, ce qui nous semble fort exact en raison des perpétuels petits traumatismes auxquels expose cette profession.

La grossesse serait elle aussi semble-t-il un facteur important dans l'apparition dés botryomycomes. Allenet a en effet étudié dans sa thèse inaugurale (Thèse Lyon 1909), trois cas de botryomycose survenant chez des femmes au cours de la grossesse. C’est au moins une coïncidence étrange et qui mérite d'être notée. é,

On a également incriminé la fréquentation des chevaux et plusieurs auteurs l’ont recherchée en présence de la botryomycose.

Les observations nous semblent trop peu nombreuses et trop peu concluantes pour qu'on puisse y attacher une grande importance. |

« Il faudrait de plus, comme le dit Legroux dans sa thèse démontrer que les chevaux approchés par les malades dans les observations recueillies étaient atteints du champignon de castration, affection plutôt rare parmi les chevaux en service. Par contre, à l'Ecole Vétérinaire d’Alfort il ne se passe pas d'année où l’on ne soigne plusieurs cas de cette affection ; elle n’a jamais déterminé de botryomycose humaine. » D'ailleurs, pour être juste disons en passant que cette dernière constatation ne nous semble pas avoir une grande valeur car, à l'Ecole Vétérinaire d'Alfort, les soins antiseptiques et prophylactiques doivent être pris d’une façon suffisante pour empêcher la contamination du personnel de cet établissement.

Nous pensons, d'accord en cela avec tous les auteurs, que la véritable cause de cette affection doit être recherchée dans les traumatismes légers le plus souvent, dans les coupures ou les piqûres légères qui président le plus souvent à leur apparition. La période d’incubation peut varier de quelques jours à quelques semaines, ,

RUE |, 4e

Sabrazès et Laubie (Archives de Parasitologie, 1898, p. 410), ont vu se développer en quatre jours, au niveau d’une plaie mal soignée de la région frontale, une petite tumeur ayant toul à fait l'aspect clinique des botryomycomes..

Si le traumatisme initial a été souvent léger, les malades reconnaissent la plupart du temps qu'ils étaient porteurs depuis un certain temps d'une petite plaie insignifiante à laquelle ïls n’ont prêté aucune attention et sur laquelle ils ont appliqué des médicaments variés ou des pansements plus ou moins sales jusqu'au jour où s'est développé le néoplasme. Dans certains cas même, il s’est d’abord formé un petit panaris vulgaire qui a légèrement suppuré et c’est sur l'orifice d'écoulement du pus que s’est formé par la suite le bourgeon charnu botryomycosique.

Ce qui est bien établi, c'est que la botryomycose se développe le plus souvent chez des personnes qui prennent peu de soin d’elles-mêmes ou chez des enfants sales ou négligés par les personnes chargées de leur propreté.

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