‹ Contribution à l'étude de la Bourse Séreuse Préthyroïdienne et de son HygromaChapitre 23 sur 34 · II. — SIÈGE ET NATURE DE L’'HYGROMA PRÉTHYROIDIEN · texte numérisé non relu

II. — SIÈGE ET NATURE DE L’'HYGROMA PRÉTHYROIDIEN

Les observations qui précèdent pourraient suffire à faire de l’hygroma préthyroïdien une tumeur bien définie et présentant un caractère propre ; cependant les avis sont très partagés lorsqu'il s'agit d’assigner aux kystes du cou un origine bien déterminée.

D'une façon générale l’on est autorisé à dire que les kystes à contenu séreux ou muqueux peuvent se développer dans des cavités naturelles appartenant aux séreuses, ou dans des cavités glandulaires ; qu’enfin ils naissent parfois de toutes pièces, c’est-àdire que les conditions déterminantes de leur formation existaient dès la vie intra-utérine et que leur pathogénie se rattache à un trouble du développement. Cette dernière opinion qui ferait de ces kystes des affections congénitales est celle qui tend à prévaloir aujourd’hui.

Avant de discuter ces diverses opinions, nous croyons devoir indiquer quelques caractères principaux de l'hygroma préthyroïdien, anticipant ainsi sur ce que nous aurons à en dire plus loin dans la symptomatologie.

La tumeur apparaît directement en avant de l’angle saillant du cartilage thyroïde ; le plus ordinaire-

A ment située sur la ligne médiane, elle peut, dans certains cas, siéger un peu sur le côté, comme nous l'avons observé chez le malade de t'observation I; elle s’est toujours développée — du moins dans les faits que nous connaissons— sans déterminer le moindre phénomène de compression du côté du larynx ; son ouverture spontanée ou provoquée n’a jamais laissé après elle une ïstule permanente, comme après l’incision d’un grand nombre de kystes thyrohyoïdiens.

I. — Un kyste se développant dans la bourse séreuse préthyroïdienneapparaîtra évidemment au siège indiqué. C'est toujours au niveau de l’angle le plus saillant du cartilage qu’il se montrera. Affre s’appuie sur ce point pour distinguer l’une de l’autre les deux variétés de kystes : thyroïdiens et préthyroïdiens; la confusion, dit-il, n’est pas possible, « la tumeur qui se développe dans la bourse de Béclard siège non plus dans l’espace compris entre l'os hyoïde et le bord supérieur du cartilage thyroïde, mais bien au niveau de la partie la plus saillante de ce cartilage. >» Cependant on ne saurait s'étonner de la position un peu latérale qu'a semblé affecter quelquefois la tumeur. Les brides celluleuses qui au début partageaient sa cavité peuvent avoir persisté plus longtemps, ou former un lacis plus solide d’un côté que de l’autre.

À ce caractère qu'offre le kyste d’être toujours placé au niveau de la Pomme d'Adam, s’en ajoute

41’ +. un autre, c’est que sa cavité n'offre point de prolon-

gementse dirigeant vers la face postérieure de l’os hyoïde, comme la chose se constate toujours dans les kystes thyro-hyoïdiens. Et c'est grâce à ce prolongement que l’opération de ces dernières tumeurs est presque constamment suivie de la persistance d’un trajet fistuleux dû aux mouvements si fréquents de l’os hyoïde et des parties qui lui sont unies, mouvements qui rendent impossible l’accolement de parois aussi mobiles et qui rompent bientôt les adhérences qu’on cherche à établir en provoquant une inflammation.

II. — On ne saurait admettre pour l'hygroma préthyroïdien une origine glandulaire, car il n’existe pas à ce niveau de glandes pouvant donner naissance à une tumeur de ce genre.

Tout au plus pourrait-on concevoir le développement possible à ce niveau d’un kyste de cette nature, qui se serait formé dans le prolongement de la glande thyroïdienne. M. Verneuil a admis cette origine pour un kyste qui siégeait sur la ligne médiane, entre l’os hyoïde et l’angle du cartilage thyroïde.

III. — Dans ces dernières années, un grand nombre d'auteurs, et tout récemment M. le professeur Lannelongue, ont cherché à établir que le plusgrand nombre de ces tumeurs kystiques du cou étaient d’origine congénitale. Et il n’est pas nécessaire, dit M. Lannelongue (1), que la tumeur existe à la naïs-

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