‹ Contribution à l'étude de la Bourse Séreuse Préthyroïdienne et de son HygromaChapitre 24 sur 34 · Lannelongue et Achard, Traité des kystes congénitaux · texte numérisé non relu

Lannelongue et Achard, Traité des kystes congénitaux

ER sance pour revêtir ce caractère, elle peut ne se montrer qu’à un âge beaucoup plus avancé, sans qu’on soit obligé pour cela de lui attribuer une autre pathogénie.

En effet, les éléments nécessaires à leur production existaient pour ainsi dire en germe et à l’état latent dès la naissance, et plus tôt même, dès la vie embryonnaire, jusqu’à ce qu’une cause quelconque soit venue déterminer ou activer leur développement.

Nous ne contesterons certainement pas ce mode de formation possible d’un grand nombre de kystes du cou, nous croyons même très-volontiers que dans la majorité des cas il faut faire remonter ces affections à une origine embryonnaire, mais nous essaierons cependant d’établir que l’hygroma préthyroïdien n’est pas un kyste congénital. Nous croyons que le point de départ de cette tumeur doit être envisagé d’une façon beaucoup plus simple. Au reste nous avons déjà indiqué plus haut par quel processus anatomique se formait la bourse séreuse dont nous étudions l’état pathologique.

La raréfaction progressive du tissu cellulaire existant normalement en avant du cartilage thyroïde, aboutit à la formation d’une cavité dont l’enveloppe est fibreuse, mince, plus ou moins lisse intérieurement. Tel n’est point l'aspect des parois d’un kyste congénital, dermoïde ou mucoïde par exemple. Ici, outre la complexité des loges, on trouve une paroi bien différente tant au point de vue de son aspect

rue extérieur au’à celui de sa structure. Ace propos nous pouvons citer presque textuellement M.le professeur Lannelongue (1). « Sa surface interne rappelle ordinairement l’aspect de la peau ou plutôt celui d’une muqueuse; tantôt elle est lisse, unie, à reflets nacrés, tantôt blanchâtre et comparable à la muqueuse préputiale ; d’autres fois elle est inégale, tomenteuse, et rappelle la muqueuse de l’estomac ou même une vessie à colonnes.

« L'épaisseur de la paroi n’est pas moins variable que son aspect extérieur. Tantôt elle est mince et souple, tantôt consistante et épaisse de plusieurs millimètres... Parfois elle est le siège d’une calcification plus ou moins étendue... En outre, on y remarque des points irrégulièrement épaissis au niveau desquels la structure se rapproche de la peau normale. C’est au niveau de ces points par exemple, qu'on trouvera des poils, des glandes sudoripares, des papilles, toutes substances pouvant faire partie de la structure de cette paroi, alors que dans le reste de la poche on ne trouvera qu’une paroi conjonctive simplement revêtue par un épithélium aplati.

Nous regrettons beaucoup que l’examen histologique n'ait pas été fait sur un lambeau de la paroi du kyste qui fait l’objet de notre observation personnelle, mais nous pouvons tout au moins affirmer

que l’examen macroscopique de cette poche n’a rien

1'ALOCNCILe

ETES présenté d’analogue à ce que décrit M.le professeur Lannelongue.

La différence assez notable qui existe, au point de vue de leur membrane d’enveloppe, entre les kystes dermoïdes et l’hygroma préthyroïdien est encore bien plus marquée lorsque l’on étudie le contenu des deux tumeurs. Dans les affections dermoïdes congénitales, on peut rencontrer les substances les plus variées. « Il peut y avoir des dents, des fragments osseux libres dans la poche, des débris de parois, des lambeaux cutanés avec poils et glandes quise sontdétachés » (Lebert cité par Lannelongue). Ces divers produits, quand ils existent, sont mêlés plus ou moins intimement à de la matière -sébacée qui forme le contenu ordinaire de ces kystes. Rien d’analogue ne se rencontre dans l’hygroma préthyroïdien. Il est vrai que chez tous les malades dont l’histoire est rapportée plus haut, la tumeur était suppurée, qu'aucune ponction exploratrice n’ayant été faite chez eux avant le début du travail inflammatoire, on ne sait rien ni dela couleur, ni de la consistance du liquide. Mais quoi qu'il en soit, dans aucun des cas, il n’a été observé de substances semblables à celles que renferment ordinairement les kystes congénitaux.

A ces remarques que nous croyons d’un grand poids pour la démonstration que nous voulons établir, nous pouvons ajouter que si l’on pâsse en revue les kystes dermoïdes que leur siège superficiel rend accessibles à l'exploration, l'on voit qu'un

Vandaele £ 7

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