VII. — TRAITEMENT
Les observations de kyste préthyroïdien étant peu nombreuses, les modes de traitement préconisés par les auteurs ne sont pas très variés. Lorsqu’en présence d’une tumeur de ce genre l’on se dispose à intervenir, il est une chose contre laquelle il faut surtout se mettre en garde, c’est la persistance possible d’un trajet fistuleux, Il est vrai que cette fistule a moins de tendance à se produire ici qu'après l’opération des kystesthyro-hyoïdiens, néanmoins, à cause du bourgeonnement peu actif qui se fait dans le fond de la plaie, sur la face même du cartilage thyroïde, rilMy a #liéus-deBredonter une astule après l'incision. C’est sans aucun doute parce qu'ils ont craint ce retard dans la cicatrisation retard dû, nous venons de le dire, à un bourgeonnement trop lent des parois de la poche, que MM. les professeurs Guyon et Tillaux ont préféré les cautères et le séton au bistouri.
Des deux malades de M. Guyon l’un guérit; l’autre sortit prématurément de l'hôpital, de sorte que nous n’avons sur lui que des renseignements incomplets. M. Tillaux obtint également la guérison de son malade, en passant un séton dans la tumeur
qu'il portait. Malgré ce succès, il est, croyons-
D 59 2 nous, permis de trouver ce mode de traitement défectueux ; en effet, ainsi que le font remarquer les auteurs du Compendium de chirurgie, l'agglutination du séton au niveau des ouvertures empêche l'écoulement du pus et peut déterminer une vive inflammation des tissus voisins.
Nous croyons qu’une bonne méthode serait de se comporter ainsi que l’a fait M. le D' Leprévost ; et son procédé fut suivi d'une prompte guérison, puisque le malade, opéré le 95 avril, sortit complètement guéri le 12 juin. Une incision pratiquée sur la ligne médiane traverse toute la tumeur suivant son diamètre vertical. La poche est totalement vidée ; on en résèque alots la plus grande partie. Ensuite, pour créer au fond de la cavité une petite surface bourgeonnante, il est nécessaire, croyons-nous, d'y pratiquer un léger curettage. Puis afin que le bourgeonnement se produise bien du fond vers la surface on place dans cette cavité une petite éponge antiseptique. Chaque jour on procèdera au pansement sans enlever celle-ci. 11 suffira d'en exciser de temps en temps un petit fragment, à mesure qu’elle sera chassée davantage hors du trajet par le bourgeonnement qui se fait au-dessous. Les bourgeons charnus qui recouvriront bientôt toute la paroi de la poche se dirigeront les uns vers les autres, au travers même des aréoles de l'éponge qui deviendra
pout ainsi dire une substance organisée.