‹ Contribution À L'étude De La Calcification Du Ligament Ilio-Lombaire Et De Son Traitement Par La RadiothérapieChapitre 14 sur 22 · LOUE · texte numérisé non relu

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des régions lombaires et localise très nettement des douleurs au niveau des crètes iliaques.

Une radiographie de face (avec rayon normal sur L5) nous montre, en plus d’une sacralisation surtout nette à gauche, deux ponts osseux partant des bords supérieurs des apophyses transverses de L5 et rejoignant, de part et d’autre, les crètes iliaques. »

Dans cette observation, dit Estève, nous sommes frappés par la présence de ces ponts osseux, coïncidant avec l’infection mélitococcique aiguë et la douleur localisée sur les crètes iliaques.

Une autre observation, d’un cas identique, fut faite par MM. Estève et Lafont chez un colonial de 41 ans, paludéen chronique, et atteint depuis deux ans de spondylite mélitococcique (laboratoire +) entraînant une très grosse importance fonctionnelle.

Ce processus proliférant est-il l’indice d’une réparation, d’une consolidation plutôt, due à une fragilité de L5 et invisible aux rayons X, diminution de résistance dont serait responsable la mélitococcie, ou bien nous trouvons-nous en présence d’une forme un peu particulière de sacralisation et de lombarthrie ?

Chez l'animal, nous retrouvons, dans la brucellose, des lésions osseuses qui portent également sur les vertèbres et sur les membres antérieurs et dont la cicatrisation, elle aussi, est rapide. La différenciation : avec la tuberculose est parfois difficile.

La maladie a été reconstituée par inoculation chez le cobaye (R. Baumann et A. Kusher). Elle.a abouti à des Jlésions osseuses thoraciques et vertébrales ;

congestion et infiltration de la moelle osseuse par des cellules rondes inflammatoires, abcédation et nécrose osseuse.

Puis arthrites, périarthrites accompagnées de périostites, évoluent vers l’ankylose réparatrice.

Chez l’animal, la forme osseuse de cette maladie prête à des erreurs de diagnostic avec la tuberculose et le rhumatisme.

Vu la forme de la calcification, on pourrait penser parfois à un processus d’ostéite typhique.

L’ostéo-périostite typhique est une complication de l'enfant ou de l’adulte jeune. Elle est exceptionnelle après vingt-cinq ans. Elle semble, comme le dit Hutinel, être l'apanage des sujets dont le système osseux n’a pas encore atteint son complet développement.

Elle se localise surtout sur les os longs et plus volontiers sur le tibia. Mais la spondylite a été signalée par Quincke, qui la considère comme une localisation rare d’ostéo-périostite typhique. Raymond, Parisot et Orticoni ont rapporté des cas de spondylite sacro-lombaire dans les fièvres para-typhoïdes. Elle se manifeste par des douleurs lombaires, de la rigidité de la colonne, de la contracture des spinaux et des signes d’irritation du plexus sacro-lombaire (douleurs à type radiculaire, paresthésies, contractures). Elle peut s'étendre et s’accompayner de douleurs à plusieurs vertèbres avec gibbosité, tuméfaction.

Pour Ledoux-Labard, le rhumatisme chronique avec ossification des ligaments ilio-lombaires constitue très fréquemment des pseudo-sacralisations qui

sont bien: plus souvent douloureuses que’ dés sacralisations vraies.

Le rhumatisme chronique: est certainement en cause dans certains cas d’ossification du ligament iliolombaire. MM. Estève et Lafont ont publié une observation qui semble le confirmer.

M"° V. M... est âgée de 51 ans. Dans son passé aucun processus rhumatismal ancien, pas de maladie infectieuse (mélitococcie ou typhoïde). C’est une personne grande et forte, bien au-dessus de la moyenne. Depuis un mois seulement, elle accuse une lombalgie violente, uniquement dans la station verticale et qui disparaît dans la station allongée.

A l'examen, la pression des dernières lombaires provoque un léger godet d’œdème qui persiste, les quatre premières vertèbres sont insensibles, seule L5 est électivement douloureuse et la douleur irradie vers les crêtes iliaques.

Plusieurs clichés traduisent la calcification du ligament ilio-lombaire, bilatérale, en même temps que des signes certains de rhumatisme chronique ostéophytique. Quelques examens de laboratoire ne donnent aucun renseignement complémentaire : mélitococcie négative; B. W. négatif, cholestérol sanguin 1,25 grammes.

On pourra donc trouver avec l’ossification du ligament ilio-lombaire une spondylose déformante où l’ossification du disque intervertébral ést complétée par: des néoformations osseuses, irrégulières, saillantes, surtout développées sous forme dé bourrelets

au niveau des faces vertébrales et infiltrant les cartilages, les ligaments et la région périarticulaire. Ces diverses manifestations sont souvent accompagnées de phénomènes cliniques accentués, surtout du type algique. La localisation la plus fréquente de ce rhumatisme chronique est la localisation lombaire.

On pourrait peut-être penser à un processus de spondylose rhizomélique puisque cette affection débute par des calcifications ligamentaires. Au début il y a très peu de chose : on trouve, en certains points, des arthrites interapophysaires visibles sur les radiographies de trois-quarts. Puis on voit apparaître çà et là des syndesmophytes ou calcifications ligamentaires. M.-P. Weill, J. Forestier, F. Bach ont bien montré le caractère disséminé, anarchique, irrégulier de cette détermination inflammatoire à sa période initiale : ce n’est que secondairement, par la multiplication et la généralisation des atteintes qu’on

pourra croire à un processus systématisé.

La lésion fondamentale de la maladie de Pierre- Marie est l'ossification des ligaments jaunes, qui fusionnant les lames vertébrales, forment latéralement une ombre continue qui délimite une bande plus claire correspondant au canal vertébral et qui masque partiellement l’espace intervertébral; les ‘opophyses épineuses, surtout dans la région dorsale, peuvent apparaître reliées par un pont osseux résultant de l’ossification du ligament interépineux; enfin le disque intervertébral peut être intéressé par le processus d’ossification et, par suite, l’espace inter-

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