OBSERVATIONS
Observation 1 — Personnelle
Mme Ch.…., 51 ans, 1 m. 73, 78 kgs.
Antécédents familiaux : mère décédée, à 63 ans, d’angine de poitrine.
Père décédé à 67 ans, au cours d’une grippe. Rien à signaler de spécial dans leur passé pathologique.
Antécédents collatéraux : une sœur décédée à 57 ans d’une cardiopathie.
Un frère bien portant qui a 65 ans.
Antécédents personnels :
La malade ne mentionne aucune maladie grave dans son enfance ; n’a jamais eu de maladie infectieuse, pas de typhoïde, quelques grippes sans importance tous les hivers. À
C’est en 1917, alcrs que la malade avait 26 ans, qu’elle a commencé à souffrir du genou gauche. Elle mit cette douleur sur le compte de la fatigue alors qu’elle piquait beaucoup à la machine. La douleur
persistant, son médecin fit le diagnostic d’arthrite rhumatismale. Rien, dans l’interrogatoire, ne peut laisser supposer qu'il < s’est agi d’une crise de rhumatisme articulaire aigu.
En 1922, elle a fait un épisode res de dixsept jours avec fièvre élevée, douleur dans le basventre avec syndrome de pelvi- -béritonite, survenue, semble-t-il, à la suite des essais de réduction d’une rétroversion à l’aide de bougies ; ensuite, elle fit une métrite chronique avec pertes jaunâtres ; s'agit-il d’une affection gonococcique ? La malade en souffre encore par moment, mais aucun examen ne fut pratique à ce sujet.
C’est en 1937 que sont apparues pour la première fois les douleurs «dans le bas du dos», pour lesquelles nous avons été appelé à voir la malade. Elle présentait des douleurs au niveau de la cinquième vertèbre lombaire, -bilatérales, plus accentuées à droite, à point de départ médian, irridiant en haut et de chaque côté de la colonne vertébrale, surtout intenses au-dessus des crètes iliaques, s’accentuant à la pression, aux mouvements, à la marche et à la position debout ; les douleurs irradiaient encore de chaque côté des ailes iliaques, en avant et en bas vers les aines. Elles furent d’abord faibles, puis allèrent en " ‘’intensifiant jusqu’à devenir absolument intolérables” dans la station verticale ; la malade ne se trouvait bien qu ‘allongée, elle en arriva à ne plus pouvoir se baisser ni s'asseoir, Les douleurs subis- Saient des paroxysmes intenses. Le médecin qui vit
Be. |
alors Ia malade à Valenciennes fit le diagnostic d’arthrite vertébrale et lui fit une série d’histamine intradermique qui calma en partie la douleur ; l’amélioration dura deux ans, et en 1939 nous voyons la malade pour une crise douloureuse du même genre, alors que nous remplacions le docteur Crozat d’Olivet (Loiret), où la malade réside actuellement.
Je trouvais une malade de forte corpulence (85 kgs à cette époque), d’aspect floride, souffrant beaucoup « des reins», me dit-elle. Je constatais, en effet, à l’examen, une douleur dans les lombes et au niveau des crètes iliaques. La malade était couchée, ne pouvait rester debout ; elle me décrivait l’irradiation de chaque côté du bas-ventre et vers les organes génitaux.
Pensant à une crise de coliques néphrétiques, je la traitais comme tel. Le traitement, non seulement n’amena aucune amélioration, mais les sels de piperazine qu’elle avait à prendre ont, au dire de la malade, augmenté l’intensité de sa douleur.
Le docteur Crozat, alors revenu, revoit sa cliente, confirme néanmoins mon diagnostic et envoie la malade au docteur Limouzi, à Orléans, pour radiographie des reins (novembre 1939). Il fut fait une radiographie sans préparation et le docteur Limouzi ne trouva pas de calcul rénal visible, mais une ossification bilatérale du ligament ilio-lombaire surtout accentuée du côté droit. Il institua immédiatement un traitement radiothérapique : cinq séances de dix mi-
ANR.
nutes avec, comme filtrage, 1/2 Zn + 1 Al à 26 cent. Radiothérapie semi-pénétrante, 175 r. par séance.
Le résultat dépassa les espoirs : les douleurs disparurent rapidement et complètement.
Radiographie de M" Cr. (Rayon normal centré sur L5.)
Je revis la malade deux ans plus tard et recommançai un examen clinique et radiographique dans le service d’électro-radiologie de l’'Hôtel-Dieu d’Orléans, La malade n’a plus jamais souffert de sa région lombo-iliaque depuis son traitement. ; ::
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Rte Re
Observation 11 — Personnelle
M. F.., âgé de 33 ans, est entré à l’Hôtel-Dieu d'Orléans en septembre 1941, évacué de l'hôpital du Havre, à cause des bombardements aériens.
Il était apprenti vernisseur lorsqu'il tomba malade à l’âge de 17 ans : abcès froid de la fosse iliaque gauche ; c’est un homme maigre et d’état général médiocre. À son entrée à l’hôpital, on constate une fistule dans la fosse iliaque gauche.
Antécédents personnels : convulsions alors qu’il était nourrisson ; croup à l’âge de 9 ans ; une crise de rhumatisme articulaire aigu des deux genoux à 10 ans ; broncho-pneumonie à 14 ans. Pas de bacillose
pulmonaire.
À 17 ans, apparaît l’abcès froid de la fosse iliaque gauche, qui fut traité par ponction et ultra-violets ; un peu plus tard, il fit un abcès de la région paralombaire gauche qui, maintenant, est tari.
On lui fait une radiographie du bassin au mois de novembre 19414 on découvre une opacification de densité irrégulière occupant toute la partie interne de la fosse iliaque gauche, et qui empiète sur Particulation sacro-iliaque gauche qui, de ce fait, est floue. La densité de l’os paraît augmentée en cette région, ainsi que dans la moitié gauche de la cinquième lombaire.
La partie médiane de la fosse iliaque à un aspect légèrement cotonneux ; de plus, on, note du côté
SSL: Faite
gauche une ossification du : ligament ilio- lombaire. : Signes radiologiques en faveur d’un processus ancien d ostéite de cette région.
Observation 111 — Personnelle
Il s’agit de Mme G..., sur laquelle nous n’avons que des renseignements radiologiques.
Elle est venue dans le service d’électro-radiologie le 1* décembre 1941 pour radiographie du bassin ; elle présentait des contusions dans cette région dues aux traumatismes souvent répétés que lui faisait subir un mari ivrogne et indélicat.
Ces traumatismes sont-ils déjà anciens ? Sont-ils la cause de l’ébauche d’ossification de ses ligaments ilio-lombaires ? Toujours est-il que nous avons cônstaté, surtout à droite, un mince filet très opaque aux rayons X passant en pont de l’extrémité de l’apophyse transverse de L5 à la crète iliaque.
Observation IV — Docteur Estève, Perpignan
Mme B.., 49 ans, est adressée pour examen radiologique de sa colonne lombo-sacrée avec diagnostic de mélitococcie datant de neuf mois, vérifié ie un séro- diagnostic positif au 1/600r. À,
Peu de temps après Je début clinique ‘de l'infection, la malade a accusé des douleurs lombo- -sacroiliaques, nécessitant un repos allongé de trois mois. Par la suite, elle a pu se lever, mais a Conte: de