‹ Contribution à l'étude de la castration des ruminants par la méthode de BurdizzoChapitre 10 sur 15 · MARTELAGE · texte numérisé non relu

MARTELAGE

Nous ne reviendrons pas sur la méthode des hongreurs Kabyles que nous avons relatée au début de cette étude, dans notre avant-propos. Cette méthode est connue en Kabylie depuis des temps immémoriaux, elle n’a donc pas été introduite là-bas par les éleveurs français, Alsaciens et Lorrains qui sont venus peupler notre grand Pays d’outremer après la guerre de

Il est cependant assez curieux de constater que cette méthode était également appliquée dans certains de nos Centres d’Elevage de l’Est et de l’Est Central.

Quoiqu'il en soit Chanel de Sony et Rey, en 1848, la pratiquaient couramment et Moussu la décrit de la manière suivante :

Premier temps. — Application des bâtons sur les cordons testiculaires. Deux aides sont nécessaires ; l’opérateur se plaçant derrière l’animal, saisit les testicules et les amène en arrière des membres postérieurs. Un des aides passe un bâton derrière les membres postérieurs et en avant du collet des bourses ; le second applique l’autre bâton derrière le collet et à la hauteur du premier. Les deux aides saisissent les bâtons par les deux extrémités, les serrent l’un sur l’autre, et exercent une traction sur les cordons, tout en maintenant ces bâtons sur la corde des jarrets. Ils leur font alors subir une demirotation, qui a pour résultat de rendre supérieur le bâton antérieur et inférieur le bâton postérieur ; la région du collet et les cordons se trouvent alors appliqués sur le bâton supérieur.

Deuxième temps. — L'opérateur saisit les testicules avec la main gauche afin d'éviter leur ballottement entre les jarrets. Avec la main droite, il pratique le martelage en frappant à petits coups sur les cordons appliqués sur le bâton. Il opère successivement sur chaque cordon. L’habileté consiste à agir - avec assez de modération pour ne pas amener la mortification des vaisseaux cutanés, accident regrettable qui pourrait entraîner des complications variables, quelquefois la gangrène de toute la partie inférieure.

Pour éviter ces accidents, on utilise, en Alsace-Lorraine, un ciseau creux en bois dur. Ce ciseau, placé sur les cordons, atténue les chocs et permet quand même l’aplatissement des vaisseaux et leur oblitération ultérieure.

DORRTCALA GE

Depuis très longtemps, dans les Vosges, les hongreurs utilisent deux pièces de bois demi-cylindriques ayant un diamètre approximatif de 7 centimètres. L'une des deux pièces de bois porte sur sa face plane, c’est-à-dire sur sa face interne, deux encoches écartées de quelques centimètres. Les deux pièces peuvent être collées l’une à l’autre, soit au moyen de vis, soit au moyen de cordes et cela par leur face plane.

Les animaux à castrer sont immobilisés et l’on place l’une des pièces semi-cylindriques, en avant des bourses, l’autre en arrière, de facon à ce que chaque cordon pénètre dans une encoche. On visse ou l’on ficelle ensuite très solidement les deux extrémités des pièces cylindriques et à la hauteur de chaque cordon on enfonce contre celui-ci à coups de maillet, un coin en bois.

La méthode était barbare, les animaux souffraient beaucoup. Elle manquait, en outre, complètement de précision.

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