‹ Contribution à l'étude de la castration des ruminants par la méthode de BurdizzoChapitre 9 sur 15 · MARTELLEMENT · texte numérisé non relu

MARTELLEMENT

Principe de l’opération

Le principe qui se trouve à la base de la technique du martellement est le suivant : contusionner suffisamment sous la peau le cordon pour provoquer l’écrasement de l’artère grande testiculaire. Un caillot se forme alors inévitablement et ce caillot, en s’opposant à l'irrigation du testicule, détermine progressivement l’atrophie de cet organe.

Il importe surtout de ne pas léser la peau.

Anatomie chirurgicale

C’est sur le cordon testiculaire, à peu près à égale distance de l’abdomen et du testicule correspondant que doit être effectué ce martellement.

Tout comme les testicules, ce cordon testiculaire est enveloppé par 4 membranes étroitement juxtaposées et qui sont, en allant de dehors en dedans, la peau ou scrotum, le dartos, le crémaster et la tunique fibreuse.

Le scrotum et le dartos sont intimement unis.

Bien que moins adhérents le crémaster et la tunique fibreuse ont de nombreux points de contact.

Le scrotum est en général rosé ou saumoné, quelquefois pigmenté chez certaines races comme la race bovine Hollandaise par exemple ou, en Algérie, la race bovine de Guelma. Cette pigmentation est même dans bien des cas, un signe ethnique. Le scrotum est en outre la plupart du temps glabre chez le taureau, mais il est au contraire, recouvert de poils chez le ‘ bêlier et chez le bouc.

Le dartos est formé par des fibres musculaires lisses ; il est moins épais que chez les chevaux.

Le crémaster est, lui, un muscle rouge qui se contracte rapidement et il n’entoure qu'incomplètement le cordon.

La tunique fibreuse enfin est épaisse et puissante chez les mâles d'espèce bovine, moins résistante chez les mâles des espèces ovine et caprine,

Quant au cordon testiculaire proprement dit, il est constitué par l'union de l'artère grande-testiculaire qui apporte aux testicules le sang artériel et du canal déférent. L’artère Se trouve en avant du canal auquel la réunit un feuillet viscéral de la tunique vaginale.

Le cordon comprend en outre des veines et des lymphatiques, ainsi qu’une artère petite testiculaire qui apporte le sang artériel au cordon.

Le cordon testiculaire est enfin innervé par des rameaux que fournit les plexus spermatique du grand sympathique.

Historique

Cette opération est connue, de temps immémorial, sous le nom d'écrasement sous-cutané du cordon ou de martelage.

Olivier de Serres n’ignorait pas le procédé et notre confrère le Docteur Souquère écrit que dans le « Théâtre d’Agriculture et Mesnage de Champs » de cet auteur, édition 1804, aux notes complémentaires, on lit parmi les moyens de castration du taureau :

« Paragraphe 7. — On se contente de broyer ou de tordre le cordon spermatique avec des tenailles de fer ou de bois, jusqu’à ce qu’on l’ait désorganisé. Nous ne décrivons pas les nombreuses variantes, toutes appliquées avec succès ».

Les instruments dont usaient Olivier de Serres et ses contemporains, étaient d’ailleurs assez défectueux. De leur intervention résultaient souvent des plaies, plaies qui pouvaient s’infecter, qui nécessitaient des soins ultérieurs et l’on comprend que dans ces conditions les hongreurs de bovins se soient progressivement orientés vers la méthode sanglante d’une part, vers le bistournage d'autre part.

Le mortificateur présenté en 1875 à la Société Centrale d’Agriculture par Laffite (il s'agissait d’un casseau à deux vis, très voisin du modèle que nous avons décrit plus haut), est classé par Souquère parmi les instruments destinés à provoquer un écrasement sous-cutané du cordon. Certes, il y a avec cet instrument écrasement progressif, mais l’on ne peut cependant pas parler, à notre avis, de martelage. Le mortificateur devait être d’ailleurs maintenu en place pendant deux jours environ.

Ce qui faisait déjà dire à cette époque au grand Bouley qu’il serait peut-être possible de provoquer instantanément et d’une manière autrement efficace, l’écrasement sous-cutané de l'artère testiculaire au moyen d’un appareil bien conçu pour cet usage. ,

En fait, c’est à la poursuite d’un instrument véritablement

capable de provoquer, dans de bonnes conditions, l’'écrasement sous-cutané de l'artère testiculaire, que l’on va se lancer durant le cours du x1x° siècle.

Avec des chances diverses, ainsi que nous allons le voir.

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