‹ Contribution à l'étude de la castration des ruminants par la méthode de BurdizzoChapitre 6 sur 15 · CONTENTION DU MOUTON · texte numérisé non relu

CONTENTION DU MOUTON

Le mouton peut être immobilisé debout ou renversé.

Personnellement, dans la région où nous opérions nous avions toujours à notre disposition, des bottes de paille sérieusement pressées. Nous les utilisions et nous opérions ainsi sur l’animal renversé.

Il y avait même constamment 2 ou 3 animaux prêts à être opérés ainsi étendus sur des bottes de paille, et c’est précisément cela qui nous permettait d'aller très vite.

Lorsque le même jour il fallait pratiquer en outre la vaccination anti-claveleuse, la marque, voire l’amputation de la queue, nous utilisions une autre technique sur laquelle nous reviendrons vers la fin de cette étude, en étudiant les avantages et les inconvénients que peuvent présenter chacune des différentes techniques actuellement mises en œuvre pour l’utilisation de la pince marteleuse de Burdizzo.

Le renversement du mouton est d’ailleurs une opération relativement facile.

On se place à gauche de cet animal et on le saisit au flanc droit avec la main droite. La main gauche passe sous l’encolure et saisit l’animal en avant de l'épaule droite, on le fait pivoter ainsi de manière à l’acculer à la botte de paille, on le soulève de terre avec les deux mains et on le couche sur le côté gauche.

Lorsque nos aides se mettaient à deux pour coucher un mouton, l'opération était encore plus simple. L'animal était acculé par son côté droit à la botte de paille, le premier aide saisissant la tête et le membre antérieur gauche, le second empoignait l’animal par les membres postérieurs et soulever l'animal pour le basculer sur le côté droit était une opération enfantine.

Signalons enfin que beaucoup d'opérateurs se contentent, pour castrer, de faire asseoir l’aide sur un banc ou sur une botte de paille, voire sur une chaise. Cet aide reçoit le patient et l'immobilise complètement dressé et reposant sur la pointe des fesses, les avant-bras rapprochés et les membres postérieurs très écartés.

Personnellement nous n’avons que très rarement utilisé cette méthode.

Méthode dite des Casseaux placés sur les bourses

On place entre les branches d’un casseau assez long les deux bourses et l’on serre suffisamment celles-ci pour arriver à provoquer une mortification progressive de la partie située audessous du casseau.

Les casseaux en question sont des pièces de bois mesurant 20 centimètres environ de longueur sur 3 centimètres d'épaisseur et de largeur. Elles sont réunies à l’une de leurs extrémités par une charnière métallique. A l’autre extrémité, est une vis que l’on peut serrer au moyen d’un écrou. La face interne de ces casseaux qui se trouve ainsi appliquée directement sur la peau des bourses est taillée en biseau obtus afin, dit Gobert, de limiter la surface de compression. Intérieurement, ces casseaux sont enduits d’axonge.

La technique opératoire est assez simple. L'animal à castrer est maintenu debout. Les testicules sont refoulés et coincés au fonda des bourses, le casseau est placé sur les cordons d’avant en arrière, puis refermé et serré fortement au moyen de la vis située à l’une de ses extrémités.

La mortification des parties ainsi isolées met une dizaine de jours à se produire. Au bout de dix jours on incise carrément toutes ces parties mortifiées, immédiatement en-dessous du casseau et l’on enlève celui- ci.

Avantages et Inconvénients de la Méthode

Celle-ci est assez simple à effectuer. Elle ne demande aucun doigté, aucune connaissance anatomique.

Il n’y a pas d’effusion sanguine à redouter.

Les animaux souffrent beaucoup. Ils maigrissent considérablement et sont longs à pouvoir s’engraisser par la suite. Des complications graves peuvent en outre, se produire.

Toutes les complications septiques, en particulier, sont à redouter.

Procédé dit des ligatures

Le procédé dit des ligatures s'apparente étroitement au précédent. C’est, en effet, sur les bourses mêmes que le lien devant déterminer la mortification se trouve posé.

Ce lien peut, du reste, être élastique ou non élastique.

La technique est la même qu’au cours de la technique précédente.

Avantages et Inconvénients de la Méthode

Le seul avantage de la méthode est son extrême simplicité. Les inconvénients sont les mêmes que dans le procédé dit des casseaux. Les complications sont même plus fréquentes encore,

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Méthode de la ligature à testicules couverts

ou à testicules découverts

Ces deux procédés consistent à appliquer une ligature, élastique ou non, sur le cordon mis à nu et recouvert ou non de ses enveloppes profondes.

La technique est assez simple. L'animal est immobilisé et les deux testicules solidement maintenus au fond des bourses.

L'on procède ensuite comme au cours de la méthode précédemment exposée, avec cette différence qu’un lien élastique ou non est placé de la façon la plus propre possible sur le cordon au-dessus des testicules.

L’enlèvement de ces organes sera effectué au bout de quelques jours.

Au bout de quelques minutes cependant, l’on peut déjà appliquer du goudron de Norvège sur la ligature et ne plus s’occuper du moignon qui tombera alors seul au bout d’un mois.

Avantages et Inconvénients de la Méthode

Cette méthode présente tous les inconvénients du procédé dit de la ligature élastique ou non sur les bourses et tous les inconvénients des méthodes sanglantes.

Les complications septiques sont toujours possibles. L’animal souffre beaucoup, maigrit en conséquence et l’opération ne peut plus être effectuée à n'importe quel moment de l’année.

Castration sanglante par les casseaux

Cette méthode est utilisée par de nombreux praticiens. Elle s'effectue à peu près comme chez le cheval. L'opération comporte 4 temps :

1" Temps. — Préhension du testicule. L'animal est immobilisé comme pour le bistournage. L'opérateur se place derrière l'animal et saisit l’un des cordons avec sa main gauche à la partie inférieure, c’est-à-dire tout près de l’épididyme, puis, au moyen des deux mains, il tend les testicules sur le cordon et le scrotum sur les testicules.

2 Temps. — Incision du serotum et du dartos et du tissu conjonctif sous-dartosien. L'opérateur saisit dans sa main droite le bistouri. Il le tient en archet de violon ; d’arrière en avant, il incise en un seul coup de préférence, scrotum et dartos en suivant le grand axe du testicule et parallèlement au raphé. La main gauche pèse ensuite sur le testicule et celui-ci sort des enveloppes encore recouvert par les enveloppes profondes. On le dégage si besoin est au bistouri en sectionnant le tissu conjonctif.

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8° Temps. — Enucléation du testicule. La main droite de l'opérateur lache le bistouri et les doigts de la main droite s’engagent entre les tissus conjonctifs sous-dartosiens et les enveloppes profondes. Toutes les adhérences sont détruites et il importe en particulier d'effectuer cette opération dans de bonnes conditions du côté de l’épididyme.

A pleine main l'opérateur s'empare ensuite du testicule, tandis que l’autre main, la gauche en général, remonte les enveloppes incisées. À ce moment l’animal réagit et s’efforce de remonter son testicule. Il y a une réaction assez violente à subir. Elle ne s’éternise pas.

4 Temps. — Application des casseaux. — Le testicule est tenu de la main droite. La main gauche de l’opérateur se saisit du casseau qui a été préparé à l’avance et qui lui est offert ouvert par son aide. Le casseau a été entièrement enduit de vaseline et saupoudré de sulfate de cuivre finement pulvérisé ou de sulfate de zinc finement pulvérisé également. Le casseau est placé en avant du testicule, son ouverture dirigée vers l'arrière. Les deux branches sont engagées respectivement à droite et à gauche du cordon testiculaire. Il importe que son bord inférieur soit nettement au-dessus de l’épididyme, la main gauche rapproche ensuite les deux branches écartées du cassau, tandis que l’aide glisse sur ces branches, d’arrière en avant, une anse de ficelle en forme de nœud de saignée. La main droite de l’opérateur abandonne alors l’autre extrémité du casseau et facilite l’application par l’aide sur les branches du casseau d’une pince spéciale dite pince à casseau.

On serre ensuite la ficelle, on enlève la pince et pour renforcer l’action de la ficelle, on glisse sur elle un anneau métallique.

On opèrera de même pour l’autre testicule.

Au bout de quelques jours il sera procédé à l'enlèvement du casseau. Notons tout de suite que l’opération peut tout comme chez le cheval, être effectuée à testicule découvert; elle est plus facile, mais ses conséquences peuvent être tragiques, car des éventrations peuvent, en effet, la terminer. Dans cette dernière méthode, on peut n’appliquer qu'’un seul casseau sur les deux cordons rapprochés.

Avantages et Inconvénients de la Méthode

Chez les sujets adultes, possesseurs de forts testicules, cette méthode est assez facile à exécuter.

Les plaies opératoires se cicatrisent assez vite.

11 y a néanmoins plaie opératoire avec toutes les complications possibles ; dans le procédé dit à testicules découverts, une éventration est, en outre, toujours à redouter.

Les risques d’hémorragie sont nuls ou à peu près sur des

bêtes âgées de douze mois, ils augmentent cependant sur les sujets plus âgés.

En outre, l'opération est douloureuse et les animaux maigrissent. Quelques jours, quelques semaines même sont nécessaires avant que l’on puisse commencer l’engraissement dans de bonnes conditions |

Autre inconvénient, il faut revenir au bout de quelques jours pour enlever les casseaux.

Lorsque l’opération est mal pratiquée, il arrive que l’on peut noter des champignons.

Les deux procédés de castration au moyen des casseaux ne peuvent être réellement employés que chez les bovins âgés d’au moins 12 mois. Chez les béliers et les boucs, la méthode est vraiment trop compliquée pour pouvoir être recommandée. Elle ne s’avérerait pas économique.

Dans les régions où sévissent enfin les affections à base de bacille de Preisz Nocard ou de coccus de Morel, il n’est pas rare de noter ces affections consécutivement à la castration.

Méthodes dites de torsion

On distingue un procédé dit de la torsion bornée, un procédé dit de la torsion libre et un procédé dit de la torsion sur l’artère seule.

Nous étudierons uniquement les deux premiers qui sont les seuls vraiment utilisés.

Procédé de la torsion bornée. — Les testicules sont extraits du sac scrotal, comme dans la castration par les casseaux et à testicules découverts ou couverts. Une pince limitative est placée sur le cordon, à la sortie des bourses et à trois centimètres environ au-dessous du cordon. On place au-dessous une seconde pince, dite pince à torsion. A cette pince sera ensuite imprimé un mouvement de torsion et cette torsion sera prolongée jusqu’à ce que le cordon se rupture à peu près à égale distance entre ces deux pinces.

Procédé dit de la torsion libre. — Une seule incision est pratiquée en arrière des bourses. On extrait ensuite un testicule couvert. Saisissant un linge très mince et stérilisé on enroule sur deux tours l’un des angles du linge à l’endroit du cordon et on cherche à obtenir la rupture, c’est-à-dire toujours à quelques centimètres environ au-dessus du testicule, puis on enveloppe le testicule lui-même que l’on prend à pleine main et l’on effectue la torsion libre dans un sens ou dans l’autre jusqu’à ce que le résultat cherché soit obtenu.

Le second testicule sera énucléé comme le premier.

Procédé dit de l’émasculation

Le procédé dit de l’émasculation est celui que nous avons pratiqué personnellement avant de connaître la méthode de Burdizzo.

L'animal était maintenu debout, solidement tenu et une seule incision était pratiquée sur la partie postérieure du raphé des bourses. Un testicule était ensuite extrait couvert. L'émasculation était immédiatement pratiquée à un centimètre 1/2 environ au-dessus de l’organe au moyen de la pince émasculateur de Reimers.

La même technique était utilisée pour l’émasculation du second testicule.

Avantages et Inconvénients de la Méthode

Qu'il s'agisse de torsion ou d’émasculation, l’opération demande de réelles connaissances anatomiques. Les échecs sont néanmoins peu nombreux, parce que seuls des praticiens expérimentés mettent ces procédés en œuvre.

Un grand avantage, en outre, est de ne plus avoir, l’'émasculation une fois pratiquée, à revenir. Les soins post-opératoires sont insignifiants. Les complications septiques très rares, sauf dans les région à tétanos et à Preisz-Nocard.

La méthode est par contre assez douloureuse et les animaux souffrent pendant assez longtemps.

La méthode ne peut être ensuite mise en œuvre qu’en automne, en hiver et au printemps.

Chez les gros sujets, pourvus de vaisseaux volumineux, des complications d'hémorragie peuvent se produire.

Le maniement du testicule est supprimé.

L'animal se débat toujours énergiquement.

Arrachement, Cautérisation, Ecrasement linéaire, Ratissement et Excision simple

Les procédés dits de l’arrachement, de la cautérisation, de l’écrasement linéaire, du ratissement et de l’excision simple, ne sont plus guère utilisés.

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