‹ Contribution à l'étude de la castration des ruminants par la méthode de BurdizzoChapitre 8 sur 15 · MÉTHODE DE L'ÉCRASEMENT LINÉAIRE · texte numérisé non relu

MÉTHODE DE L'ÉCRASEMENT LINÉAIRE

Cette méthode de l’écrasement linéaire consiste à pratiquer l’ablation des testicules au moyen d’un instrument particulier, l’écraseur linéaire de Chassagnac, bien connu de tous les praticiens Vétérinaires.

Somme toute, c’est une simple variante de la méthode dite de l’émasculation, mais elle lui est antérieur en date.

Une fois les testicules mis à nu, on les introduit dans les chaines de la crémaillère et l’on referme progressivement celles-ci autour du cordon. L'opérateur continue ensuite à faire fonctionner le double levier-moteur de la chaînette, les parties insérées dans les chaînes sont ainsi progressivement comprimées puis sectionnées.

Aucune hémorragie ne se produit généralement, mais pour bien faire, il faut que l’écrasement se produise lentement. Bouley dit qu’un intervalle de 30 secondes est nécessaire entre chaque mouvement et il faut ainsi près d’un quart d'heure pour sectionner chaque cordon.

Si l’on va plus vite, une hémorragie est toujours à redouter.

Avantages et Inconvénients de la Méthode

Cette méthode présente tous les inconvénients de la méthode dite par émasculation au moyen de la pince émasculateur, méthode qui avait nos préférences, avant que nous n’ayons eu connaissance de la méthode de Burdizzo.

Elle n’en a aucun des avantages, puisque l'opération est longue et, si l’on va trop vite, les dangers d’hémorragie réapparaissent.

MÉTHODE PAR RATISSEMENT

Dans l'impossibilité où nous nous trouvions d'obtenir la moindre précision sur cette méthode, nous nous sommes adres-

sés à notre ancien Maître le Professeur G. Moussu qui nous écrivit à ce sujet :

« Cette méthode paraît être d’origine Indienne. Le but que l’on se propose d'atteindre est d’amincir et d’étirer les vaisseaux du cordon en déchirant ses membranes, on arrive ainsi à la formation d'un caillot et d’une hémostase, plus ou moins complète d’ailleurs.

« Pour cela, on met à nu le cordon et on le racle au moyen d’un instrument peu tranchant, tout comme l’on racle une carotte ou une betterave pour en enlever l’écorce.

« Le manuel opératoire est assez simple, on découvre chaque testicule et l’on isole le vaisseau inférieur de chaque cordon. L'opérateur se place devant la région inguinale, saisit le testicule gauche avec la main gauche et ratisse le cordon jusqu’à section complète, au moyen d’un bistouri convexe peu coupant et que la main droite tient en archet.

« On opère de même pour le testicule droit et l'extrémité tronquée de chaque cordon représente une sorte de pulpe de couleur rouge et à l’aspect filandreux. »

Avantages et Inconvénients de la Méthode

Cette méthode n’est plus mise en pratique. Tous les inconvénients des méthodes sanglantes subsistent. L’hémorragie, en particulier, est toujours à redouter et étant donnée la manière dont l’opération est généralement pratiquée, les complications septiques surviennent souvent.

Castration par bistournage

Ce mode opératoire a été décrit pour la première fois par Olivier de Serres, mais c’est le plus ancien procédé connu et il est pratiqué, dit Moussu, de temps immémorial.

Il est applicable à tous les animaux, quel que soit leur âge.

Le principe en est simple. L'opération consiste à tordre le cordon testiculaire de facon à oblitérer les vaisseaux sanguins et à entraîner ainsi au bout d’un laps de temps plus ou moins long, une atrophie complète des organes testiculaires.

Chez les taureaux, on opère sur l'animal debout après avoir mis l’animal à la diète pendant quelques heures.

On fixe solidement l’animal par les cornes, soit au ratelier, soit à un chariot. On porte un membre postérieur en avant au moyen d’une plate longe et un aide maintient, en outre, l’animal au moyen d’une pince mouchette, lorsque le taureau n’est pas pourvu d’un anneau nasal.

Voici, strictement rapportée, la technique préconisée par Olivier de Serres.

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Serres divise le manuel opératoire en quatre temps :

Premier temps. — Assouplissement des bourses et déchirure du tissu cellulaire sous- dartosien. L'opérateur placé derrière les jarrets de l’animal, saisit avec les deux mains les testicules et les entraîne rapidement au fond des bourses ; la main droite seule les tient dans cette position ; la main gauche prend la partie inférieure du scrotum et la tire fortement de haut en bas et légèrement d'avant en arrière. La main droite, portée à son tour au-dessus de la main gauche, embrasse les enveloppes et pousse les testicules de bas en haut, de manière à les faire remonter vers l’anneau inguinal. Les adhérences rompues, la moindre impulsion donnée par la main fait monter et descendre facilement les testicules, sans entraîner avec eux le scrotum ; si les adhérences ne sont pas bien détruites, les testicules, en remontant, font suivre les bourses. Il importe que ce premier temps de l’opération soit complet.

Deuxième temps. — Bascule des testicules. — Les testicules ayant été remontés, la main gauche ramène le testicule gauche au fond des bourses, et saisit ensuite le cordon testiculaire à son point d’union avec l’épididyme ; cette main est dirigée de manière à appliquer le pouce sur la partie postérieure du cordon, et l’index et le médius sur la partie antérieure. La partie inférieure du scrotum correspondant au testicule gauche, est pincée avec la main droite, les doigts dirigés en bas et en arrière. Ces positions prises pour faire basculer le testicule, la main gauche pousse le cordon de haut en bas et d’avant en arrière, de façon à imprimer à la partie inférieure du testicule un mouvement d'avant en arrière, et de bas en haut ; la main droite tire sur les enveloppes, et, en même temps, la face externe des doigts de cette main, à l’exception du pouce, appuyant fortement contre la face antérieure du testicule, qui tend à devenir postérieure, continue le mouvement d’impulsion donné tout d’abord au testicule ; de cette facon, le scrotum, uni au dartos, entraîné de haut en bas, glisse sur la pointe, et la face antérieure du testicule devient postérieure. Au moment où le testicule forme avec le cordon un angle aigu, le pouce de la main gauche, qui comprime le cordon, se déplace, et vient appuyer sur la face externe et près de l’extrémité ‘ inférieur du testicule devenue supérieure, pour aider à terminer la culbute du testicule.

Troisième temps. — Torsion des cordons. — Le testicule basculé est ramené à sa place. Pour cela, les deux mains saisissent le testicule et le cordon : les doigts de la main droite allongés le long du grand axe du testicule, lui impriment un mouvement de gauche à droite et de dehors en dedans, en ayant soin d'incliner un peu sa pointe de haut en bas ; les doigts de

l'autre main (à l'exception du pouce) attirent le cordon de droite à gauche et de dedans en dehors ; ces manipulations suffisent pour faire exécuter au testicule un demi-tour, alors le cordon se trouve postérieur au testicule. Dans cette position le rôle des mains change ; le pouce de la main droite appuie sur le cordon, et le pousse de gauche à droite et de dehors en dedans ; l'index et le médius de la même main viennent bientôt le remplacer pour continuer l'impulsion ; les doigts de la main gauche entraînent le testicule de droite à gauche et de dedans en dehors ; le pouce de la main droite, qui a abandonné le cordon, devient ici (en agissant pour le testicule comme il l’a fait pour le cordon) d’un utile concours pour aider à compléter le mouvement de torsion que le testicule doit effectuer autour de son cordon. Les autres tours se font de la même manière et plus facilement ; on ne doit pas en faire moins de deux ni plus de quatre à cinq : lorsque le cordon est fortement tendu et offre beaucoup de résistance à la pression, on est assuré que les tours sont assez nombreux.

Le testicule droit est opéré de même, mais le rôle des mains est changé.

Quatrième temps. — Fixation des testicules. — On fait remonter les testicules aussi haut que possible ; il importe de bien les mettre de niveau, afin que le plus haut remonté ne se renverse pas. Pour faire la ligature, le scrotum est saisi avec la main gauche, l’une des extrémités du lien est enroulée autour d’un des doigts et la main droite contourne trois à quatre fois ce même lien autour du scrotum et immédiatement audessous des testicules ; on serre suffisamment pour qu’il ne puisse glisser et on arrête le lien par deux ou trois nœuds.

C’est généralement après quarante-huit heures qu’on doit délier les bourses ; lorsque la ligature est enlevée, l’infiltration se propage rapidement jusqu’au fond des bourses.

Avantages et Inconvénients de la Méthode

Elle peut être appliquée sur n'importe quel sujet en n’importe quelle saison.

Il n’y a pas, en effet, d’effusion sanguine, pas de complication post-opératoire à redouter, par conséquent.

Les animaux ne souffrent pas énormément, ils ne maigrissent pas beaucoup après l'opération et l’engraissement peut ensuite être effectué dans d'excellentes conditions.

Le maniement des bourses est conservé, ce qui a son importance pour une vente ultérieure.

La méthode est très délicate à mettre en œuvre, elle demande en outre une force peu commune, beaucoup d’entraînement. Elle fatigue vite.

Il y a actuellement en France très peu de Vétérinaires capables de la pratiquer et il y en a de moins en moins.

Pour peu que l’on opère quelques sujets le même jour, les mains de l’opérateur prennent assez vite une odeur sui généris très désagréable et très persistante (Souquère).

Moussu signale enfin que chez les animaux âgés de deux ou trois ans, le temps d’assouplissement doit se prolonger quelquefois pendant 1/2 heure. L'opération peut enfin être manquée.

Dubourdieu a exposé une méthode de bistournage différente de celle d'Olivier de Serres. On fera basculer les testicules dans le sens transversal. La position des mains devient différente. Si le testicule gauche, par exemple, est dans le fond des bourses, avec la main droite on serrera le cordon au niveau de la tête du testicule et l’on saisira la queue de l’épididyme en même temps que le testicule à pleine main gauche. On fait décrire au testicule, à ce moment, un demi-cercle transversal, la bascule de l'organe s'effectue plus facilement que dans le procédé d'Olivier de Serres.

Procédé dit de la ligature sous-cutanée

Ce mode de castration assez ancien est aussi appelé castration à l’aiguille. Il a été indiqué par Olivier de Serres, Chicot-Fontenille, Martini et Festal Philippe. Le principe en est le suivant :

Au moyen d’une aiguille, on enserre sous la peau le cordon spermatique dans l’anse d’une ligature de fil. Comme dans le bistournage, il n’y à plus irrigation des testicules et ces organes s’atrophient.

Il faut une aiguille d’assez fort calibre, un morceau de fil ciré de 80 centimètres de long et deux petits bâtonnets.

L'animal est opéré debout, on a simplement soin de porter en avant le membre correspondant au testicule sur lequel l’on opère. Le cordon est tendu, un aide maintenant solidement le testicule au fond des bourses. L'opérateur saisit le cordon au-dessus de l’épididyme entre le pouce et l’index de sa main gauche et plonge son aiguille perpendiculairement dans la peau. Un certain doigté est ensuite nécessaire pour faire ressortir cette aiguille après enlacement du cordon à l'endroit même où elle est entrée. À ce moment, aux extrémités du fil ciré, on laisse les deux petits bâtonnets, puis l’on fait successivement deux nœuds très serrés.

On opère pour le second testicule comme pour le premier.

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Avantages et Inconvénients de la Méthode

Le maniement du testicule est conservé lorsque l’opération est faite très proprement. L'animal ne souffre pas beaucoup. Il y à peu de soins consécutifs. Ceux-ci, en tout cas, sont moins sérieux qu'après tous les autres procédés sanglants.

Un grand doigté est nécessaire. Des hémorragies peuvent se produire si l’aiguille est mal dirigée.

D'autre part, il y a toujours une certaine suppuration.

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