XX XXX XX XX X X X XX
XXXXXXXXXXXX
Fig. 5.
Le dispositif employé, très simple, est représenté par la figure ci-contre (fig. 5). Il se compose essentiellement d’un petit tube en silice de 6 à 7 mm. de diamètre intérieur, fermé à son extrémité inférieure et dans lequel étaient tassés 1 à 2 g. de cémentite en poudre fine; un couple Pt — PtRh. avait sa soudure disposée au centre de cette masse, un des fils du couple étant isolé de la masse métalllique par un très petit tube de silice.
Pour éviter l’action de l’air sur la cémentite, la poudre était surmontée par une couche de 2 à 3 mm. de fibres d'amiante cardée soigneusement tassée. Tout l'appareil était disposé au
moyen de deux fils fins de platine au centre d’un petit four à résistance de nichrome, chauffé par du courant continu.
La température était mesurée au moyen d’un galvanomètre Déprez-d’Arsonval, le couple ayant été gradué, comme dans toute cette étude, par les points d’ébullition de l’eau, de la naphtaline et du soufre, et les points de fusion du sel, de l'or et du platine.
Le four était chauffé lentement sous voltage constant, de façon à produire une élévation continue de la température Jusqu'à ce que la température du couple atteignit 1 000°, puis le courant coupé jusqu'à refroidissement presque complet et l'opération recommencée.
En traçant la courbe : températures (ou plus exactement indications du galvanomètre) en abscisses et vitesses de chauffage ou de refroidissement (ou plus exactement temps mis pour que la déviation du galvanomètre augmente d’une unité) en ordonnées, on obtient, dans le cas du passage par un point de transformation, un accident brusque de la courbe, ù
Ainsi, en opérant de cette façon avec un échantillon de fonte blanche (GC — 3,8), j'ai obtenu la courbe figurée ci-contre (fig. 6).
Au contraire, en opérant avec de la cémentite, la courbe des vitesses est très sensiblement continue (fig. 7). On ne retrouve qu’un très léger accident vers 700°, dû à la présence de traces de fer non entièrement carburisées. Cet accident se retrouve, mais plus faiblement, au refroidissement, avec notre dispositifexpérimental, l'appareil étant abandonné à un refroidissement lent obtenu simplement en coupant le courant électrique; la vitesse de refroidissement était alors de r00° en 4 minutes environ.
Au cours d’un deuxième chauffage, où la vitesse de chauffe a été plus grande, l’ensemble de l'appareil ayant été déjà échauffé (100° en 4 minutes 1/2 environ au lieu de 100? en
PIERRE PINGAULT
ns
® Courbe II.
100 |sec.
o Courbe I.
Déviations du
32%" Galvanometre
Déviations
Fig,
32°" du Galvanomètre.
9 minutes environ pour le premier chauffage), l’anomalie se reproduit vers 7400 mais légèrement affaiblie.
En comparant l'importance des deux sortes d'anomalies, obtenues dans les mêmes conditions expérimentales, d’une part, avec de la fonte blanche, d’autre part, avec de la cémentte presque pure, on peut admettre que la cémentite ne présente pas de points de transformation dans l’échelle des températures allant de 500? à 1000, cette température étant une limite difficile à. dépasser par suite de l'état labile de la cémentite et de son instabilité réelle aux basses températures.
4 Dureté.
Ainsi que nous l’avons vu précédemment, la cémentite préparée par synthèse se présente sous deux aspects particuliers :
Le premier aspect se rencontre presque toujours lorsqu'on veut réaliser des pièces massives de cémentite pure, ou même des couches épaisses de cémentite sur un échantillon d’acier recuit. La cémentite foisonne alors et produit une masse, presque pulvérulente, présentant de nombreuses cavités microscopiques et très facile à attaquer à la lime ou à la scie. Cependant dans certains cas, la couche carburisée foisonne beaucoup moins et conserve une certaine cohésion. C’est en particulier ce qui se produit le plus souvent, ainsi que nous l'avons vu précédemment, lorsque la cémentite se forme à partir d’austénite ou de martensite plus ou moins évoluée. Il est alors possible de prélever dans cette couche des éclats présentant une cohésion et une dureté suffisantes pour rayer facilement le verre. Il est cependant impossible, par suite de leur fragilité encore trop grande, de leur appliquer aucune des méthodes usuelles de mesure de la dureté et par suite de chiffrer d’une façon plus ou moins précise cette dureté.
Sous son deuxième aspect, la cémentite se présente sous
bo 4 PIERRE PINGAULT
forme de couché très mince (quelques centièmes de millimètre), très adhérente au métal sous-jacent. Cette couche se rencontre, en particulier, dans le cas des carburisations très peu profondes et comme couche de transition dans le cas des carburisations épaisses. Par suite de son manque d’épaisseur, il est impossible d'en mesurer la dureté d’une façon précise. "On peut cependant noter que cette couche raye très facilement le verre et ne se laisse que difficilement entamer par la lime ou par la scie.
Ainsi donc, il semble bien qu'il soit impossible de chiffrer, par une des méthodes actuellement en usage, la dureté de la cémentite préparée par carburisation. On peut dire toutefois que c’est un composé dur, rayant facilement le verre et présentant une grande résistance à l’abrasion.