ÉQUILIBRE FER-CÉMENTITE-OXYGÈNE
Suivant les conditions expérimentales de concentrations, de température et de pression, le mélange de gaz carbonique et d’oxyde de carbone est, avons-nous dit, tantôt carburant et tantôt décarburant pour le fer, et donnera lieu, parfois, à un équilibre chimique entre ses composants, d’une part, et le fer et la cémentite, d’autre part.
Ces équilibres sont tout à fait semblables à ceux que donne le même mélange gazeux en présence du fer et de ses oxydes, mais, tandis que l’étude de ces derniers a été menée à bien par un certain nombre d’expérimentateurs, l'équilibre fer-carbure de fer-oxyde de carbone-gaz carbonique a été le plus souvent laissé de côté.
Aussi me suis-je proposé d'en reprendre l'étude et de compléter ainsi, dans la mesure du possible, le diagramme
fer-carbone-oxygène.
1° Recherches antérieures.
Les premiers travaux entrepris sur ce sujet sont dus à Schenck (!) et à ses collaborateurs. Ils chauffaient, dans un tube en porcelaine, un mélange d'oxyde de fer et de fer plus ou moins carburé, obtenu en réduisant par l'hydrogène de
(1) Sanencx, SFMILLER et FaLckE, Ber,, 40 (1907), 1704.
ba PIERRE PINGAULT
l’oxalate ferreux à 6500 et en soumettant la masse obtenue à un courant d'oxyde de carbone pendant 4 heures à 600?
La marche de la réaction était contrôlée par la variation de la pression et l'équilibre présumé atteint quand cette pression restait constante. Aucune analyse ne contrôlait la composition de la phase solide. En outre, ainsi que l’a montré Falcke dans une étude ultérieure (‘), la décomposition de l’oxalate n’est jamais complète à 650, et, lors du chauffage à des températures supérieures, cette décomposition se poursuit et vient agir sur la pression d'équilibre.
En laissant de côté un certain nombre de travaux déjà cités et n’ayant pas pour but la détermination de l'équilibre mais uniquement l’action de l’oxyde de carbone sur le fer, nous en arrivons à une nouvelle note de Falcke (?) donnant la composition des phases gazeuses en équilibre avec des mélanges de fer, d'oxyde de fer et de carbone. Ces mesures avaient pour but la détermination de l'équilibre représenté par la réaction (1) CO? + G Z 2CO beaucoup plus que celle des équilibres se produisant en présence du fer et de ses oxydes et de ses carbures, et, en aucun cas, Falcke n’a vérifié la présence de carbure de fer libre.
Le premier travail d'ensemble sur la question est dû à Matsubara ($) qui a donné, en fonction de la température, indépendamment des courbes d'équilibre du fer et de ses oxydes, les courbes représentatives des deux réactions sui-
vantes :
(3) 3FeO + 5CO <A FeiC + ACO?.
(2) 3Fe + 2C0 Z Fe’C + CO?
Son travail n’est pas d’ailleurs à abri des critiques. Tout d'abord, Matsubara chauffe dans une enceinte close un mélange d'oxyde ferrique obtenu par calcination de l’hydrate
(*) Ber., 46 (1913), 743.
(?) Z. Electruchem., 22 (x910, 127.
(*) Transact. Am. Inst of Min. and Mel, Eng , vol. XLVIT (1922).
à basse température, de fer obtenu par réduction de l'oxalate par l'hydrogène à 60o° et de CO et deCO?. Il admet que l'équilibre est atteint quand la pression ne varie plus et analyse alors les gaz de l’enceinte. Or, les recherches de Chaudron (") ont montré nettement qu’il était impossible d'espérer atteindre un équilibre entre gaz et solide sans mettre en œuvre un dispositif de circulation des gaz dès que l’espace mort devient un peu considérable.
En outre, Matsubara mesurait la température au moyen d’un couple thermo-électrique, disposé au contact de l’enceinte, mais à l'extérieur. Comme la température ainsi mesurée pouvait différer de celle de l'échantillon, Matsubara la corrigeait en répétant les expériences de Boudouard sur l'équilibre représenté par la réaction (1). Il admettait que ces résultats concordaient avec ceux de Boudouard et il en déduisait la température vraie de l’échantillon pour une température donnée indiquée par le couple, sans faire ressortir d’ailleurs dans son mémoire l’importance de cette correction.
Enfin Matsubara n'effectue aucune analyse de la phase solide. Il calcule seulement la constante d’équilibre pour les différentes pressions d'expérience, dans le cas des deux réactions (2)et (3) et de la variation de cette constante décide à quelle réaction se rattache le système.
IL est d’ailleurs assez difficile, à ce propos, de concevoir comment la réaction (3) peut se produire dans un système en équilibre, car la teneur en CO? de la phase gazeuse est alors beaucoup plus faible que celle qui correspondrait à la réaction : | (4) FeO + CO > Fe + CO.
Il semblerait donc bien plutôt que les chiffres indiqués par Matsubara se rapporteraient à un équilibre divariant entre les gaz et le fer plus ou moins chargé en carbone,
(t) Annales de Chimie, 16 (1921), 227.
54 PIERRE PINGAULT
mais sans qu'il ait jamais atteint la formation de cémentite libre.
Cette hypothèse donne d’ailleurs une explication de la valeur des teneurs en CO? indiquées par Matsubara, teneurs beaucoup plus élevées que celles qui ont été données ultérieurement par d’autres expérimentateurs (1).
La nécessité d’une circulation gazeuse a été comprise au contraire, par Takahashi (?), Johansonn et Von Seth () et Schenck (dans ses récentes recherches) (*). Cependant, dans ces trois séries de recherches, les auteurs font passer constamment des gaz frais sur les échantillons métalliques étudiés. Aussi est-il très difficile de savoir si l'équilibre a été réellement atteint, les gaz ne séjournant au contact des échantillons solides que pendant un temps très court, fonction du débit gazeux. De plus, Johansonn et Von Seth ont rendu encore plus incertaine cette réalisation de l'équilibre en opérant sur une phase gazeuse contenant 60 0/0 d'azote.
Enfin, les très longues recherches entreprises par Schenck portent surtout sur l'équilibre fer-méthane-hydrogène, Schenck ayant retenu de ses premières recherches qu'il est impossible d'obtenir un produit non oxydé dans le cas de l’oxyde de carbone.
La méthode statique a été reprise par Becker (°) et, tout récemment, par Bramley et Lord (f). Becker chauffait en même temps que l'échantillon métallique, une certaine quantité de carbonate de strontium, ce qui, sans analyse et par simple mesure de la pression totale, lui donnait la composition de la phase gazeuse en équilibre avec un échan-
(t) C'est par suite d’une erreur semblable : non saturation du fer en cémentite, que les chiffres que j'ai indiqués précédemment sont trop élevés quant à la teneur en gaz carbonique (G. R., 492, 5 janvier 1931)
() Sci. Rep. Tohôku. Imp. Univer., 45, 2 (1926), 159.
(5) Z, Zron and Sleel Inst., 2 (1926), 295.
(‘) Stahl und Eisen, 46 (1926 , 665.
(5) J. Zron and Steel Inst., À (1930), 337.
(5) J. Chem. Soc., 220 (1932), 1647.
tillon massif, équilibre qu'il déclare atteint au bout de 3 minutes, temps notoirement insuffisant même dans le cas des températures élevées. Quant à Bramley et Lord, dont le travail n’a d’ailleurs été publié qu’au moment où je terminais cette étude, ils admettent bien qu'il faut compter sur un temps beaucoup plus long pour atteindre l'équilibre et n’opèrent l’analyse de leur phase gazeuse que lorsque la pression est restée sans variation pendant 3 heures.
On peut cependant leur reprocher, et ce reproche s'adresse également à Takahashi, Johansonn et Von Seth, de ne pas s'être assurés de la présence réelle de cémentite. Ces trois études ont surtout pour but de chercher les compositions gazeuses en équilibre avec une austénite, de teneur en carbone définie, et ce n’est que par extrapolation ou en se basant sur quelques mesures particulières que les auteurs en déduisent l'équilibre en présence de cémentite. En particulier, Johansonn et Von Seth admettent qu'il y a cémentite libre quand la teneur de l'échantillon en carbone atteint 1,6 0/o même pour des températures supérieures ou égales à g00°.
Quant à Becker, l'acier le plus riche en carbone sur lequel il a opéré, titrait 1,37 0/0. L'équilibre, en présence de cémentite, est réalisé au moyen de fonte blanche, titrant 3 o/o de carbone combiné, les autres éléments n'ayant pas été dosés. Il est donc à craindre que, par suite de la présence du graphite de la fonte, il ait mesuré dans ce cas uniquement l’équilibre correspondant à la réaction (1). Les points qu'il indique se placent d’ailleurs exactement sur la courbe représentative de cet équilibre, calculée par Lewis et Randall (!) à partir des expériences de Boudouard (?) et de Rhead et Wheeler (*), montrant ainsi que cette hypothèse
doit être exacte.
{(:) Thermodynamics, New-York, 1923.
(2) Annales de Chimie et de Physique, 24, 7 (rgo1), p. 5. (5) J. Chem. Soc., 97 (1910), 2 178.
56 PIERRE PINGAULT
20 Appareillage.
Afin d'éviter ces diverses causes d'erreur, j'ai employé un appareil maintenant les gaz en circulation continue et les amenant constamment au contact des solides.
On peut alors être sûr d’avoir atteint l'équilibre, lorsque la composition de la phase gazeuse reste constante pendant un temps suffisamment long, à moins, naturellement, que l’on ue se trouve dans une zone de températures où les résistances passives deviennent suffisantes pour empècher toute réaction. Cette possibilité de résistances passives est d’ailleurs facile à mettre en évidence, en essayant d'atteindre l’équilibre par variation dans les deux sens de la composition de la phase gazeuse.
En outre, après chaque série d'expériences, et indépendamment des analyses de la phase gazeuse permettant de supposer l’absence ou la présence de cémentite libre dans lPéchantillon métallique, cet échantillon était examiné micrographiquement pour s'assurer d’une façon rigoureuse de la présence ou de l’absence de cette cémentite.
Pour réaliser la circulation des gaz, Chaudron (1) avait employé le dispositif dû à Guichard (?), et consistant essentiellement en une chute de mereure produisant le mouvement des gaz à l’intérieur d’un cireuit fermé, un certain nombre de dispositifs auxiliaires permettant d'éviter totalement la rentrée des gaz de l'atmosphère. Cet appareillage présentait, dans le cas qui m'intéressait, un certain nombre d’inconvénients.
Tout d’abord, le mercure doit être remonté automaliquement au haut de la chute, si l'on veut pouvoir assurer un ‘fonctionnement de longue durée. Ce remontage automatique,
(!) Ann. Chim., 46 (1921), 227.
(?) Ann. Chim., 1917.
CONTRIBUTION A L'ÉTUDE DE LA GÉMENTITE 57 dû à Verneuil, s'opère au moyen d’un léger vide, obtenu par une trompe à eau ou une pompe à palettes, et est sujet à se dérégler et à s’arrêter lorsque des poussières ou des impuretés quelconques viennent obstruer un des orifices calibrés de la trompe ou du remontage lui-même.
En outre, cette chute de mercure ne donne un débit appré-
ciable de gaz que dans le cas des pressions réduites. Sous la
Pros.
pression atmosphérique, le rendement en devient beaucoup moins satisfaisant. Or, si, dans le cas de Chaudron, où les réactions qu'il étudiait se produisaient sans changement de volume, la pression totale des gaz n’avait aucune influence sur l'équilibre, dans le cas que j'étudie, la pression totale doit être fixé si l’on veut que le système total ne soit que monovariant. Cette pression totale étant ainsi arbitrairement maintenue à une valeur fixe, il est logique d'opérer sous la pression atmosphérique.
Pour ces différentes raisons, j'ai préféré abandonner ce dispositif de circulation des gaz et employer un appareil conçu suivant un principe totalement différent et dérivant du thermosiphon.
font PIERRE PINGAULT
L'appareil réalisé pour cette étude (fig.8 et photo 22) consistait essentiellement en un tube de silice fondue, ayant 2 m. de long et 3o mm. de diamètre intérieur et coudé à angle droit au milieu de sa longueur, une des moitiés étant disposée horizontalement et l’autre verticalement, la branche horizontale S,S, servant de tube laboratoire, tandis que la branche verticale $S,S, assurait la circulation gazeuse. A cet effet, cette branche était entourée extérieurement d’un fil de nichrome disposé en hélice au Fond d’un filetage réalisé à la meule. Le courant électrique parcourant ce fil était réglé au moyen d’une résistance additionnelle de façon que la température du tube de silice ne dépassât pas 350°. Cette tem pérature était trop basse pour provoquer, en l’absence de tout calalyseur, une réaction quelconque au sein de la masse gazeuse parcourant le tube, et cependant suffisante, ainsi que nous le verrons plus loin, pour assurer la circulation des gaz.
Sur la branche horizontale S;S,, était disposé un four électrique à résistance de nichrome, de 300 mm. de long et pouvant coulisser librement sur toute la longueur de cette branche horizontale.
Enfin le circuit parcouru par les gaz était complété par un tube en Pyrex entièrement soudé, et raccordé avec le tube de silice par l'intermédiaire de joints en mastic de Golaz.
Ce circuit comprenait, en outre, les dispositions accessoires suivantes :
a) En M, un manomètre à mercure, destiné à indiquer, d’une façon approchée, le degré de vide régnant dans l’appareil. Au cours des premiers essais, ce manomètre était remplacé par une jauge de Mac-Léod, que j'ai supprimée ultérieurement, après avoir noté que le degré de vide atteint au cours du remplissage de l'appareil, était nettement suffisant.
b) En B, un tube vertical, plongeant sur une cuve à mercure, et mesurant 1 m. de haut. Au début, ce tube, était
constitué uniquement par une tige cylindrique de 3 mm. de diamètre intérieur. Cette disposition avait l'avantage d'éviter l'emploi de tout robinet et par suite de toute possibilité de rentrée d'air, mais elle avait l'inconvénient de rendre le remplissage d’un aussi gros appareil assez délicat, en provoquant fréquemment des entraînements de mercure. Ultérieurement, J'ai pu constater que l'introduction d'un robinet dans cette branche ne présentait aucun inconvénient et, par suite, permettait de remplacer la simple tige primitive par le dispositif figuré simplifiant beaucoup le remplissage.
c) En D, un tube horizontal de 20 mm. de diamètre intérieur, contenant une nacelle remplie d'anhydride phosphorique, destiné à arrêter les traces d'humidité ayant pu échapper à la purification des gaz.
d) Enfin, en A, un dispositif permettant à la fois de mettre tout le circuit en communication par K avec une pompe à vide, de plus, d'interrompre la circulation gazeuse, en fermant le robinet R, et en élevant suffisamment l’ampoule J. et enfin de prélever des gaz à l'intérieur du circuit par le jeu combiné de cette même ampoule Jet du robinet R,. ;
30 Circulation des gaz.
La branche verticale S,S, étant chauffée vers 350°, tout le restant de lappareil étant maintenu à la température ambiante, soit environ 20°, si l’on suppose le circuit coupé par le joint de mercure en A, il est facile de se rendre compte qu'il doit exister, de part et d'autre de ce Joint de mercure, une différence de pression ayant pour valeur :
NZ 1 1 ) La (Tr —;: + «bo h étant la hauteur de la colonne chauffée, a le poids de
l'unité de volume du gaz, 0, et6, la température ambiante et la température de la branche chaude.
6o PIERRE PINGAULT
D'où en admettant que le gaz soit de l'oxyde de carbone,
RATE) De:
A — 80 X 0,00125 = 0 g. 0/75 par cm?.
ou sensiblement 0,5 mm. d’eau.
C'est ce que J'ai pu constater, tout au moins comme ordre de grandeur, au moyen d'un manomètre à eau incliné.
Cette différence de pression, extrêmement faible, permet cependant d'obtenir dans tout le circuit, une circulation des gaz assez rapide. Etant donnée la forme complexe de l’appareil, il serait illusoire de vouloir calculer la vitesse des gaz, d'autant plus que, dès que ces gaz circulent, la température à l'intérieur de la branche ascendante, ne reste plus constante mais s'étage entre la température ambiante à la partie inférieure et 350° à la partie supérieure.
Mais cette vitesse peut être mesurée avec une approximation suffisante, au moyen des dispositions suivantes :
a) En faisant une coupure au milieu de la branche CD et en reliant la partie droite de cette coupure à un flacon laveur dont les parois ont été humectées d’ammoniaque liquide, il est possible de mesurer, au moxen de tortillons de papier de tournesol rouge, disposés en divers points du circuit, le temps mis par l'air chargé d’ammoniaque pour parcourir tout le circuit.
Ce temps, légèrement variable, en fonction de la température du four F qui retarde plus ou moins le refroidissement des gaz chauds, fut toujours compris entre 3 et 5 minutes, et, le plus souvent, très voisin de 4 minutes.
b) En plaçant devant la partie gauche de la coupure la flamme d'un brûleur à gaz, on peut repérer d'une façon empirique, le souffle dû à la circulation gazeuse, souffle trop faible pour agir avec certitude sur aucun autre appareil de mesure. Ce souffle correspondait approximativement à un débit gazeux de 10 litres à l'heure. Le volume total de l’appareil étant approximativement de 1 1. 500. ces deux modes
CONTRIBUTION À L'ÉTUDE DE LA CÉMENTITE Gr
de mesure du débit donnent des résultats suffisamment concordants pour que l'on puisse admettre que les gaz parcourent tout l'appareil en 5 à 7 minutes environ, c’est-à-dire avec une vitesse suffisante pour assurer l’homogénéisation dela phase gazeuse et un contact renouvelé avec les solides.
4° Mesure de la température de l’échantillon.
Etant donnée la difficulté qu'il y aurait eu à placer un couple thermo-électrique à l’intérieur de la branche horizontale du tube de silice, couple qu'il aurait d’ailleurs fallu protéger par une canne contre l’action de l’oxyde de carbone je me suis contenté de placer ce couple à l'extérieur du tube de silice, en le maintenant à son contact par quelques spires de cordon d'amiante. Ainsi disposé, ce couple donne à moins de 5° près, en régime stationnaire, la température d'un échantillon de métal disposé à l’intérieur du tube de silice, ainsi d’ailleurs que j'ai pu m'en rendre compte par une expérience à blanc.
De plus, le four électrique ayant 300 mm. de longueur, et la plus grande dimension des échantillons chauffés ne dépassant jamais 50 mm., ces échantillons étaient chauffés à température uniforme sur toute leur longueur, l'exploration du tube de silice au moyen d’un couple ne montrant pas de différence de température appréciable sur cette longueur.
Enfin, ici encore, comme dans le cas des cémentalions au cyanure, la constance du réseau d'alimentation était suffisante pour que des réglages très simples, à la main, permettent de conserver, pendant un temps très long, une tempéra-
ture constante à l’intérieur du four, à 10° près.
59 Marche d'une expérience.
L'échantillon de métal ayant été mis en place à l'extrémité
droite du tube de silice, et le four poussé tout à fait à gau-
62 PIERRE PINGAULT
che, le circuit est relié en K avec une trompe à vapeur de mercure montée en série sur une pompe à palettes. Un vide de l’ordre du millimètre de mercure ayant été atteint, les fours sont mis en chauffage, le four E étant à sa température de régime, tandis que le four F est maintenu vers 500°. Le four F est alors déplacé lentement vers la droite et amené à sa position définitive, ceci afin d'éliminer les gaz adsorbés par la surface du tube de silice. Le vide pouvait alors être facilement poussé et atteindre le 1/10€ de millimètre de mercure, etle plus souvent un degré beaucoup plus élevé.
Par élévation de l’ampoule I, la communication de la trompe avec le circuit était coupée et, par l’arrivée du mercure en À, le circuit gazeux interrompu.
Les gaz devant entrer en réaction étaient alors introduits par la partie inférieure de B. Ils étaient préparés de la façon suivante ;
19 CO : action de l’acide formique pur sur l'acide sulfurique concentré à 1000. Purification par le pyrogallate de potasse, l’acide sulfurique concentré et l’anhydride phosphorique.
20 CO? : chauffage du bicarbonate de soude pur. Dessiccation par SO‘H? et P?0ÿ.
Par abaissement de l’ampoule J, la circulation des gaz est alors permise. Au bout d’un quart d'heure environ, temps reconnu nécessaire pour permettre l’homogénéisation de la phase gazeuse, mais pendant lequel aucune réaction appréciable ne peut prendre place à l’intérieur du four F par suite de la trop basse température, un prélèvement des gaz pour analyse est opéré.
Ces analyses ont été effectuées, en principe, à la burette simple sur la cuve à mercure, avec contrôle fréquent des résultats par l'emploi de la burette de Bunte. Le gaz carbonique était dosé par la potasse, l'absence d'oxygène, indice de rentrée d’air, contrôlée par l'acide pyrogallique et l’oxyde de carbone dosé par le chlorure cuivreux ammoniacal.
Le prélèvement étant de 50 cm”, et les lectures des volumes gazeux étant faites facilement à o cm° 1 près, la précision des mesures est supérieure à 0,5 o/o chiffre difficilement atteint dans le cas des mesure; physiques de composition, mesures d'interprétation parfois discutables. Enfin, une fois l'équilibre atteint, l’analyse pouvait être, sans difficulté, recommencée en double sur une plus forte quantité de gaz.
Afin, d’ailleurs, de pouvoir effectuer quelques prélèvements avant que l'équilibre soit atteint, sans que la pression gazeuse en soit modifiée, 1l faut que le volume total de Pappareil soit assezgrand. Ici, le volume total était très voisin de 1 |. 500.
Ainsi, un prélèvement de 44 cm° produisait une baisse de pression de 22 mm., la pression atmosphérique étant 743 mm.
D'où :
NA Re sat 486 cm3.
Notons à ce propos que toutes les expériences réalisées ont été conduites sous la pression atmosphérique, tandis qu'en toute rigueur, il aurait fallu opérer sous pression réellement constante. Cependant, une variation de 30 mm. de mercure n’agit que d’une façon inappréciable sur l’équilibre.
La composition de la phase gazeuse de départ ayant été vérifiée, la température du four F est rapidement élevée, ce qui présente l’avantage de compenser le léger vide causé par l’analvse de départ et même de rendre la pression intérieure de l'appareil légèrement supérieure à la pression atmosphérique, d’où impossibilité de rentrée d’air.
Lorsque l'équilibre est atteint, ce qui demande un temps variable avec la température, mais compris entre 5 et 100 heures pour les températures supérieures à 800°, le four F est repoussé à l'extrémité gauche de l'appareil, la circulation
04 PIERRE PINGAULT
gazeuse interrompue, et la portion du tube de silice contenant l'échantillon refroidie au moyen d’un violent courant d'air afin d'empêcher le plus possible les réactions de se continuer entre le gaz et le métal, au cours du refroidissement.
Le tube laboratoire était ensuite ouvert et l'échantillon métallique extrait et exæminé micrographiquement.
60 Résultats.
Afin de rendre meilleur le contact entre les gaz et les solides, j'ai employé, dans mon appareil, le fer sous forme de fil de 6/r10€ de millimètre de diamètre. Cette disposition avait de plus, l’avantage de fournir une surface de réaction assez grande, malgré le faible poids de matière mis en jeu(rà4g. suivant les expériences), et permettait au solide d'occuper toute la section du tube laboratoire.
Ce fer provenait de deux origines différentes :
19 Acier extra-doux ayant pour composition :
CG =10:00, = SE 0,02, 7 M0 20 mm Set PE 7008
29 Corde à piano ç
Co 5 Sr 0:10 Mn 0 ARS 00 SRE T0 02,
Le premier métal nécessitait, pour sa carburisation complète jusqu’à mise en liberté de la cémentite, la décom position d’une fraction plus importante d'oxyde de carbone, mais sa très basse teneur en silicium rendait plus sûre la stabilité de cette cémentite. Aussi, ai-je employé, suivant les cas, l’un ou l’autre de ces échantillons. La quantité de métal mise en œuvre était calculée en fonction du volume probable d'oxyde de carbone décomposé, de façon à atteindre une teneur en carbone dans l’acier, supérieure à 2 0/0, ce qui donnait toute probabilité pour se trouver en présence de cémentite libre, cette présence étant contrôlée, avons-nous dit, par micrographie, à la fin de l’expérience. Une expérience n’était
PIERRE PINGAULT
Photo 2. — Elément de canne pyrométrique carburisée. G — 10. Sans attaque.
Photo 3. — Elément de canne pyrométrique carburisée. G = 10, Attaque picrate de sodium,
Photo 4. — Couche de transition provenant de la canne pyrométrique carburisée, G — 200. Attaque au picrate de sodium.
, pe + SL Là :
LA Frost
Re. CS * i Ve + En # ? * ? È js 4 F4 TS À t * \ i » Ps. "+ . # F3 il : * + d à | F0 | * Photo 5. — Acier extra-doux au carbone. Recuit, Carburisé 25 heures. G = 200 ; attaque au picrate de sodium.
Photo 6. — Acier mi-dur. Recuit. Carburisé 25 heures. G — 200. Attaque au picrate de sodium.
Photo 7. — Acier mi-dur. Recuit, Perlite grossière, carburisé 25 heures. G — 200, Attaque picrate de sodium.
Photo 8. — Acier doux à 2/00 Ni. Recuit. Carburisé 25 heures, G — 200, Attaque picrate de sodium.
Photo 9. — Acier doux à 2,7 0/0 Ni 0,65 o/o Cr. Recuit. Carburisé 25 heures. G = 200. Attaque picrate du sodium,
Photo 10. — Acier mi-dur. Trempé, Revenu à 650°, Carburisé 25 heures. G — 200. Attaque picrate de sodium.
Photo 11. — Acier à 2,7 0/0 Ni 0,65 0/0 Cr. Trempé. Revenu à 650?. Carburisé 25 heures, Attaque picrate de sodium.
Photo 12. — Acier extra-doux. C — 0,09. Carburisé 24 heures à 850. G — 200. Sans attaque.
Photo 13, — Mème échantillon et même emplacement, G = 200. Attaque acide picrique.
ème échantillon et même emplacement.