EFFETS DE LA FORCE CENTRIFUGE SUR LES ANIMAUX ADULTES
Pour plus de clarté, nous étudierons successivement quelques types bien définis en allant du simple au composé.
Parmi les êtres unicellulaires, certains présentent déjà une complexité structurale remarquable. Tels les Infusoires, par exemple.
Ceux-ci, malgré une différenciation physiologique très accentuée, peuvent être soumis une demi-heure et plus à de grandes vitesses rotatoires sans inconvénient aucun.
Infusoires. — Nos essais portèrent principalement sur des Paramécies vertes et des Vorticelles.
Les premières sont très intéressantes à étudier, vu leur taille relativement grande et la facilité que l’on a pour distinguer les points essentiels de leur organisation.
Des échantillons centrifugés à près de 3.000 tours ne sont n1 détruits, ni même abîmés après plusieurs périodes de trente minutes chacune.
La face ventrale et la face dorsale apparaissent aussi flexibles que normalement. On voit l'animal onduler pour éviter un
obstacle. Son allure n’est en rien modifiée, et il continue à progresser, la grosse extrémité en avant.
Le jeu des vacuoles contractiles se produit aussi régulièrement que sur les témoins. Les systoles ont conservé toute leur vigueur.
Les cils, considérés comme des prolongements du cortex, ne sont pas plus atteints que lui.
Leur mouvement est si rapide qu'on ne l’aperçoit pas; ils semblent ne pas exister. Mais, l’animal mort, ces organes deviennent très évidents et, après coloration, leur ensemble apparait comme un revêtement épais de cheveux fins et soyeux. La centrifugation ne les modifie en rien.
Les deux couches protoplasmiques demeurent distinctes.
L’externe, assez dense, ne présente aucune lésion. L’interne, que certains nomment « moelle »!, malgré une grande fluidité, reste bien homogène. Les particules alimentaires continuent à se mouvoir dans son épaisseur. C’est là une chose curieuse, contraire à ce que nous avons signalé pour les cellules végétales d'Oignon, d'Elodea et de Spirogyre*.
Cela résulte-t-1l d'une stabilité plus grande de la Paramécie? Non, puisque récemment tués, ces infusoires tendent à se comporter comme les végétaux.
La différence prouverait plutôt que, malgré la force centrifuge, ces animaux se meuvent. Leur cellule, prenant des positions sans cesse différentes, se trouve orientée en tous sens et son contenu ne peut être eniraîné contre une de ces parois.
Pour avoir quelques prix, les expériences doivent porter souvent sur de nombreux individus.
Nous n'avons pas eu personnellement l’occasion d'employer les procédés ordinairement utilisés pour cultiver les infusoiresi
1 Les auteurs anglais en général. Cf. spécialement Lecons de Biologie élémentaire, par T. Jeffery, traduction Marie, chez Masson, Paris.
? Cf. chapitre III : LA CELLULE.
3 Cf. Technique microscopique, Bühm et Opfel, 5° édition (traduction de Rouville, chez Vigot, Paris). d
par suite de la découverte de volumineux amas de Paramécies vertes, etc!.
Les Vorticelles, traitées comme les Paramécies, se conduisent de la même manière,
Les colonies apparaissent simplement un peu tassées. Elles arrivent à former un véritable tissu de cellules polyédriques, les pédicelles remuent normalement. C'est à peine si quelquesuns sont arrachés. Bientôt, d'ailleurs, après une courte période de repos, les individus s'isolent, doués d’une forte motilité.
Presque toujours fixée à la façon d'une plante par l'extrémité de sa tige, la Vorticelle est d’un examen facile. On voit nettement une « cuticule », une « écorce » et une portion « médullaire » avec une grande vacuole centrale?,
Cette structure est à peine modifiée par les rotations les plus rapides, À côté d'individus absolument normaux apparaissent, de-ci, de-là, quelques types à protoplasme légèrement condensé. Mais jamais le bioprotéon n'est entraîné comme chezles Algues.
Puisque la colonie se resserre sous l’action de la force centrifuge, on ne peut admettre que son mouvement l'empêche de se comporter à l'instar des végétaux. Ne changeant pas d'orientation, il faut reconnaître une résistance spéciale aux tissus dont elle est formée. |
La comparaison des Paramécies avec les Vorticelles montre donc déjà deux causes susceptibles d'empêcher le tassement du contenu cellulaire. À savoir : d’une part, la motilité d’un organisme ; de l'autre, sa stabilité spéciale,
Ces deux catégories d'infusoires soumises non plus à des vitesses de 2.500 tours, mais à des centrifugations lentes pendant cinq jours, ne sont aucunement modifiées. Les Vorticelles ne présentent même plus le tassement signalé tout à l'heure,
! Ces infusoires, aussi nombreux et bien sélectionnés que s'ils étaient issus de
cultures artificielles, provenaient de Sainte-Foy-lès-Lyon. Ils nous furent apportés
par notre excellent maître M. Couvreur. Nous sommes heureux de le remercier une fois encore.
? Cf. T. Jeffery Parker, loc. cit.
3 5oo tours à la minute,
Ces derniers animacules abondent dans toutes les mares. Il est difficile d'examiner l’eau d’un étang sans en découvrir. Bien plus, dans un cristallisoir rempli d'herbes ou d’algues extraites d’un bassin stagnant, on voit bientôt apparaître à la surface du liquide, lorsque les conditions sont favorables, des petites taches blanchâtres, ce sont des colonies de Vorticelles. L'expérimentation sur ces animalcules devient ainsi des plus commodes.
Remontant dans la série animale, nous avons centrifugé après les Infusoires quelques Vers.
Vers. — Des Rhabdocèles d'abord, types les plus petits et les plus simples parmi les Plathelminthes. Il est aisé de se proeurer le Convoluta roscofjensis. C’est pourquoi il nous servit dans nos recherches.
Quelle que soit la vitesse employée, on ne remarque aucune modification dans ce Turbellarié. Sa structure externe ou interne ne varie point.
Le Vortex viridis, du même ordre lui aussi, reste intact au sortir de la centrifugeuse entraînée aux allures les plus différentes. Les leucites pigmentés! et les œufs dont ces animalcules sont souvent garnis conservent leur position naturelle.
Les Lombrics, mis à centrifuger à petite vitesse? sur de la terre humide, n’éprouvent aucune gêne et parviennent même à s’y enfoncer comme ils le feraient à l’état de repos. Par contre, à 2.500 tours, ce ver résiste mal; si on le place dans les conditions voulues d’hydratation, il perd cependant du liquide et éprouve quelque paresse au sortir de l'appareil, Très rapidement d’ailleurs, les mouvements redeviennent normaux. Les organes ne sont point détruits. La gène du début ne comporte aueune systémalisalion spéciale, C’est une torpeur généralisée.
Insectes. — Plusieurs variétés d'insectes furent soumis à la force centrifuge.
1 Cf, Couvreur, Socièleé Linnéenne de Lyon, t. XLHF, 1915, p. 19-24. ? 500 tours.
Qu'il s'agisse de Mouches, de Coccinelles, de Moustiques ou de re comme le FER de les rotations lentes ne donnent aucun résultat.
À 2.500 tours, la femelle du Bombyx pond plus vite et en moins de temps que les témoins. Le mâle éjacule. Ni l’un, ni l’autre ne rendent du liquide comme les chrysalides, sauf si, pris au sortir du cocon, ils ne sont pas encore vidés.
Mais, ce sont là des actions purement mécaniques, comparables aux phénomènes obtenus lorsqu'on presse le ventre d'un poisson, pour réaliser la fécondation artificielle.
Le Hanneton n'éprouve nul malaise d’un semblable traitement, même à près de 3.000 tours. Il sort intact de la machine. Sa marche est naturelle, ni accélérée, ni ralentie. Sa stabilité est parfaite. Les antennes restent droites et fort mobiles.
Poursuivant nos essais comparatifs entre la force centrifuge et la déshydratation, nous soumîmes quelques Papillons de vers à soie aux vapeurs d'éther jusqu’à ce qu'ils fussent manifestement endormis. Les mâles n'éjaculèrent Jamais, tandis que deux femelles expulsèrent cependant leurs œufs!
Mollusques. — Les Mytilus edulis et les Venus verrucosa servirent à expérimenter sur les Mollusques. La seule raison de ce choix fut la facilité de faire entrer les coquilles dans les tubes des centrifugeuses.
Aucune réaction n'apparut, sauf une défense énergique de l'animal. Même avec de petites vitesses, les valves restèrent closes*. Une fois sorties de l’appareil, Praires et Moules s'ouvrirent comme leurs congénères. Au moindre contact étranger, vite les animaux se refermaient.
Poissons. — Avec les Poissons, surgissent des troubles sérieux. Ces perturbations vont d’ailleurs crescendo plus on utilise des êtres perfectionnés.
! Deux femelles sur trente-quatre examinées.
? Cependant au-dessous de 200 tours, quelques sujets entrebaillérent leurs coquilles.
Hat | De petits Vairons centrifugés cinq minutes à 2.600 tours ne peuvent nager. Ils flottent à la surface d’un aquarium, couchés sur- le flanc, ou même le ventre presque en l'air. Orientés! dans un sens ou dans l’autre, ils présentent toujours ces mêmes accidents excessivement fugaces. Un quart d'heure de repos suffit à les remettre en parfait état?.
Batraciens. — À partir des Grenouilles, nous analyserons plus en détail les effets observés, ces animaux se prêtant bien aux recherches minutieuses.
Jusqu'à ces Batraciens, la situation des sujets dans la centrifugeuse fut sans importance. Maintenant elle devient capitale.
1 Nous allons bientôt voir l'influence de l'orientation.
? Les accidents légers constatés chez les poissons font songer à l’hyperhydratation.
Quand on augmente artificiellement l’hydratation, on peut aussi produire des effets analogues à ceux que détermine la déshydratation.
En 1883, Certes et Regnard ont montré que, sous l'influence de très hautes pressions dans l’eau (jusqu'à 600 ou 700 atmosphères), de nombreux animaux aquatiques tombaient dans une sorte de vie latente, sans que l'on sut pourquoi. Au début de ces expériences, P. Regnard avait remarqué que les pattes de grenouilles comprimées dans l’eau à 600 ou 700 atmosphères, devenaient raides. R. Dubois démontra alors que cet effet est dû à la pénétration de l'eau dans les cellules, à l’hyperhydratation du bioprotéon, de la façon suivante : 1° les muscles devenus raides augmentent de poids; 2° ils retrouvent leur élasticité après un temps sufisant de séjour dans un appareil à dessiccation, ou bien par immersion dans des substances déshydratantes, comme l'alcool étendu d’eau à 10 pour 100; 3° en enfermant les grenouilles avant la compression, dans un sac de caoutchouc imperméable, elles ne deviennent pas rigides. Au moment de la décompression, l’eau introduite de force dans le bioprotéon quitte celui-ci, et vient s'accumuler entre le sarcolemme ou le névrilemme et la partie protoplasmique. On avait objecté à R. Dubois que le bioprotéon, n'étant, pour ainsi dire, que de l'eau, ne pouvait pas être pénétré par de l'eau; l'expérience a prouvé le contraire et la connaissance que l’on possède aujourd'hui de la constitution des colloïdes permet d'expliquer cette hyperhydratation d’une manière rationnelle. D'ailleurs, il n’est pas nécessaire d’avoir recours à de hautes pressions pour produire l'hydratation des tissus et des organismes ; l'eau pure est un poison du muscle, du nerf, de l'organisme même. La chaleur, comme la pression (ce qui se comprend, car elles agissent de la même manière), facilite l'hyperhydratation, jusqu’à une certaine limite pourtant; on peut le prouver en faisant dans les artères des muscles des injections d’eau à des températures croissantes. Les contractions deviennent d'abord plus énergiques. puis bientôt survient la rigidité musculaire; ce n’est pas la température du liquide qui agit, mais la surhydratation qui augmente avec elle. (Cf. R. Dubois. article HyDr4- TATION (Fonction d'), Dictionnaire de Physiologie de Richet, t. VIII.)
Ainsi, lorsque la centrifugation n'excède pas six heures à 500 tours, ou vingt minutes à 1.900, les Grenouilles à tête centrale sont bien plus malades que celles à tête périphérique.
Au sortir de l'appareil, les deux types d'animaux sont affaissés. Ils restent immobiles. Mais bientôt ceux à tête périphérique reviennent à la vie normale, réagissent au plus léger attouchement, gardent leurs pattes en position naturelle, nagent, tandis que les autres restent complètement insensibles aux excitations. On peut placer leurs membres de la plus extravagante façon sans qu'ils les remuent. Mis sur le dos, 1ls y demeurent. Dans l’eau, ils prennent une station presque verticale, comme leurs congénères curarisés. Les mouvements du plancher buccal restent seuls apparents.
Les cœurs normaux étudiés présentent très exactement neuf contractions en cinq secondes d'une amplitude à peu près constante.
Ceux des Grenouilles à tête périphérique donnent des tracés deux fois plus grands, mais ne battent que cinq fois et quart dans le même temps.
Ceux des animaux à tête centrale, plus lents encore, correspondent au contraire comme amplitude à peu près à la normale.
Les faits sont d’ailleurs très visibles sur les tracés n°5 55, 56, 57, 58°.
Au sortir de l’appareil, les Grenouilles à tête orientée périphériquement présentent en outre les mouvements giratoires de sens inverse au mouvement de la centrifugeuse. Ces manifestations, de courte durée, n’ont pas lieu avec les grandes vitesses. Notons que l'animal enfermé dans un tube opaque ne peut avoir la plus petite conscience du monde extérieur et tourne sans en rien apercevoir.
! Les sujets furent tous centrifugés dans des paniers de tôle perforée, permettant aux échanges respiratoires de s'effectuer sans encombre.
2 55 et 56, cœurs normaux; 57, tête périphérique; 58, tête centrale. Ces tracés ont été accentués pour les besoins de l'impression,
: Les Grenouilles orientées d’une façon diamétralement opposée, ne remuant pas de longtemps au sortir de la centrifugeuse, on ne peut les comparer aux précédentes, pour ce qui est des mouvements giratoires,
Es
[Si
Signalons enfin que, laissés libres de se disposer à leur guise dans l'appareil, ces animaux se placent l'extrémité antériéüure dans le sens du mouvement, avec le dos tourné vers l'axe et
le ventre vers l'extérieur.
Conjointement à ces troubles, il existe chez la Grenouille un
certain nombre de lésions, souvent communes aux diverses positions occupées par l’animal.
Les téguments sont rouges du côté périphérique. Leur colo-
FiG. 57.
Fic. 58.
ration ne tient pas à des hémorragies. Niles hématies, ni même de l'hémoglobine! n’ont traversé les parois des vaisseaux.
Ces taches, d’un aspect rouge orangé par suite de la pigmen-
: Au chapitre IL, il a été démontré que les choses se
passent différemment, quand on opère sur des segments de veines,
re QUO (pe
tation des sujets, sont mal limitées. Tantôt discrètes, tantôt confluentes, elles vont s'estompant sur les bords. Intenses parfois, par exemple en cas de localisation sur la langue, ces placards proviennent uniquement d’une grosse dilatation des capillaires.
L'examen des membranes interdigitales montre une circulation paresseuse, tandis que la numération des globules indique une grosse élévation numérique de ceux-ci dans le train le plus soumis à la force centrifuge.
L’autre extrémité, pour être moins riche en hématies, en renferme cependant plus qu’à l’état normal.
Nous pouvons, par conséquent, conclure à une concentration sanguine, puis à une slase.
La méthode des numérations globulaires est vraiment trop connue pour qu il soit nécessaire de la décrire. Disons simplement qu'avec l'appareil de Malassez nous avons relevé en plus de la normale 86.000 globules rouges du côté périphérique et 30.000 du côté central!.
Comme complément, lhémochromométrie fut pratiquée par le procédé du D" Sahli, peu connu en France. Nous le résumerons donc rapidemen{?.
Il consisie à mélanger une certaine quantité de sang avec une dose dix fois plus forte d'acide chlorhydrique convenablement diluée, en vertu de laquelle cet ensemble devient brun par formation de chlorhydrate d'hématine. Ce mélange est dilué avec de l’eau dans un petit tube gradué jusqu’à ce que la liqueur examinée par lransparence prenne la nuance d'une solution type (standartlosüng des Allemands). La quantité d’eau nécessaire pour établir l’équivalence des couleurs indique la teneur du sang en matière colorante.
1 Les prises de sang furent faites au niveau de l'épaule d'une part et du mollet de l’autre, de manière à relever les plus grandes différences possibles entre les deux bipèdes.
2 Cf. professeur Sahli de Berne, Congrès de médecine interne, 1902 RE de pt denzblatt für Schweizer Aezle, 1902). Constructeurs Büchi et fils, opticiens àBerne.
HN
Cette méthode a, sur les autres employées jusqu'ici pour déterminer l'hémoglobine, ainsi que sur les appareils de Gower et de Fleischel-Miescher, le grand avantage que la comparaison des couleurs se fait avec des substances absolument identiques au point de vue chimique et de la coloration. On peut arriver ainsi à une parfaite exactitude grâce, à l'extrême sensibilité de l'œil à l'égard des teintes à apprécier.
Ne voulant pas décrire l'appareil, nous dirons simplement que la façon d'opérer est celle usitée pour l'hémoglobinomètre de Gower. La supériorité de la méthode Sahli passe pour incontestable, vu l’inaltérabilité du liquide étalon.
Nous tenions à signaler ce modus faciendi, car 1l doit rendre des services à « Lyon la brumeuse » puisque les observations peuvent être réalisées sans inconvénient à la lumière artificielle comme à celle du jour.
Nous avons trouvé du côté périphérique un accroissement ROLE supérieur de 12 pour 100 à la normale et de 7,9 pour 100 du côté central.
L'hypothèse de concentration sanguine fut encore vérifée par le viscosimètre !. Sans doute aucun, le tissu sanguin des grenouilles centrifugées, traité par lesulfate de soude, est plus dense que celui des grenouilles normales, préparé de la même façon.
D'autre part enfin, on peut suivre ce phénomène jusqu’à son terme ultime, jusqu'à la coagulation pour ainsi dire dans les vaisseaux faute de sérum. Il suffit de faire tourner les grenouilles, pas très vite (150 tours suffisent*?). Petit à petit, Les sujets se ralatinent pour finir momifiés, au point extrême, infiniment plus secs qu'on ne peut les obtenir en laissant plonger leurs pattes dans des solutions déshydratantesî.
L'examen direct du sang prélevé à divers moments montre des globules abîmés, Re de plus en plus.
! Cf. chapitre IT : Les viscosimèrres, de H. Clément.
? Pour éviter les causes de dessèchement imputables au déplacement d’air, placer l'appareil dans une enceinte riche en vapeur d'eau.
$ Expérience classique, de CI, Bernard.
Il nous a paru intéressant de fixer dans le formol, au sortir de la centrifugeuse une grenouille de chacun des types prineipaux étudiés en vue d'examen anatomo-pathologique.
À l'autopsie, une chose frappe de prime abord. C'est l'aspect friable des muscles du cêté où la force centrifuge agissait au maximum. |
Chez tous les sujets, les organes sont non modifiés macroscopiquement, le foie est intact, le tube digesüf reste plein. La vessie contient de l'urine. Les organes génilaux des deux sexes ne sont nullement atteints, et des œufs prêts à sorlir ne furent pas expulsés comme chez le Bombyx.
Au microscope, on constate que les noyaux ne sont pas entraînés, le protoplasme non plus à l'une des extrémités cellulaires. Toutes les coupes examinées présentent à ce sujet une similitude complète.
II faut donc admettre (comme nous avions commencé à le faire! june résistance beaucoup plus grande des tissus animaux que végétaux.
L'œsophage n'offre aucune modification. La muqueuse intestinale montre des tubes glandulaires à lumière très rétrécie chez les bêtes à tête centrale.
Les animaux orientés périphériquement présentent une turgescence marquée des vaisseaux hépatiques (troncs principaux et capillaires radiés).
Il existe une violente congestion des reins lorsque la force centrifuge agit principalement sur le bipède postérieur.
Le cœur apparaît sans lésions. Les parois des artères sont normales et ne présentent aucune déchirure des tuniques, aucune poche anévrismale. La dilatation du système circulatoire considérable, sur le vif, utilisait donc normalement les artères, faisait jouer leur élasticité sans altérer en rien leurs parois.
Toutes les recherches sur le système nerveux central mon-
1 Cf. même chapitre : LES INFUSOIRES.
Re de trèrent la forte irrigation des cerveaux orientés périphériquement et l’ischémie de ceux disposés en sens inverse. Les veines béaient d'une manière très nette, dans le bipède le plus soumis à la centrifugation.
Ces quelques recherches histologiques grossières n'avaient qu'un but : corroborer les enseignements de la macroscopie. Elles montrent surtout d’une façon précise la résistance bien supérieure des cellules animales comparées à celles des végétaux et la non sortie des globules rouges au travers des capillaires.
Mammifères. — Désireux d'expérimenter sur des êlres plus perfectionnés encore, nous avons établi un appareil! pour centrifuger des Rats, des Cobayes et des Lapins.
Au mois d'avril 1914, nous avions même reçu deux Macaques pour clôturer sur eux nos travaux. Malheureusement, il fallut d'abord apprivoiser ces animaux, les rendre aptes à circuler en hberté. Ce fut une tâche fort longue. Aussi élaient-ils à peine utilisables au commencement d’août. Et comme beaucoup d’autres laboratoires, nous avons dû les premiers Jours de la guerre, abandonner nos animaux, le personnel chargé de les garder, ayant été mobilisé ou utilisé en vue de l'intérêt général.
Cinq ordres d'expériences furent institués sur les Rats, Cobayes et Lapins :
1° L'animal est centrifugé avec la tête placée dans le sens de la rotation ;
2° L'animal est centrifugé avec la tête orientée dans le sens opposé;
3° L'animal est centrifugé avec la Lête disposée du côté périphérique ;
4° L'animal est centrifugé avec la têle tournée du côté central ;
5° L'animal est enfin centrifugé avec la tête et la queue
1 CF, chapitre premier. Cet appareil communiquant librement avec l'air, évite toute perturbation susceptible d'être produite par un milieu confiné.
simultanément périphériques, c'est-à-dire le centre de l'appareil passant par le milieu du corps.
1° Tête placée daris le sens de la rotation :
Les phénomènes observés sont identiques chez les différents Mammifères utilisés, mais, par suite de sa vivacité, le Rat donne d'excellents résultats. IL est spécialement à conseiller. D'autre part, sa petite taille ne nécessite pas d'appareils trop volumineux.
Avec une vitesse de 800 à 900 tours, l'animal est obnubilé en trois minutes. Sorti de la machine à ce moment, il titube, écarte de plus en plus les pattes antérieures, probablement pour agrandir sa cage thoracique, car 1l présente une dyspnée intense, où pour augmenter son polygone de sustentation.
La tête, au lieu d’être rectiligne, se tourne latéralement, les yeux regardant du même côté. Si on essaye de la placer dans la position naturelle, on y parvient aisément, mais dès qu'on l’abandonne à elle-même, elle reprend sa situation primitive.
Ce syndrome, très connu des cliniciens, fut étudié, et décrit par Vulpian sous le nom de déviation conjuguée de la tête et des yeux.
Cette déviation se ferait du côté opposé à la partie lésée du cerveau la produisant, comme si le malade se détournait de sa lésion, d’origine protubérantielle pour Desnos.
Sur les bêtes centrifugées, les yeux regardent en sens inverse de l'axe de l'appareil. Le phénomène est fortnet chez les Lapins.
Les troubles sont encore très superficiels, car, laissés au repos, l'animal revient peu à peu à son état naturel. Le lendemain matin, les individus traités la veille vers 17 heures sont dans leur cages, mangeant comme les autres. Il serait impossible de les distinguer sans leurs plaques indicatrices.
Huit minutes de centrifugation semblable produisent chez les Rats et Lapins des mouvements irrésistibles en baril, de gauche à droite, c’est-à-dire inverses à la marche de l'appareil.
Ces lésions sont encore curables. Tout en une nuit rentre dans l’ordre.
Si de huit minutes l'opération est portée à un quart d'heure (douze minutes exactement), il y a anesthésie complète avec perte du réflexe oculaire. À celte phase, l'animal ne se rétablira plus, cependant son état s'améliore avec le repos. Mais il reste dans un coin couché, soit sur le flanc, soit sur le ventre, ne mange pas, ne se défend point, si ses compagnons viennent à lui dérober sa nourriture.
Ayant eu une femelle dont la présence troublait profondément les mâles voisins, les incitant à se livrer bataille, nous l'avons isolée avec un Rat centrifugé huit minutes, sans qu'il fit cas d’elle. Deux jours après, ce Rat mourut sans que l’autopsie ait pu révéler aucune lésion splanchnique.
Contrairement aux Papillons Bombyx et comme les Grenouilles, les Mammifères n'urinent n1 ne défèquent à celte période du traitement.
Vingt minutes de rotation aux mêmes vitesses suffisent à donner la mort. Ce temps fut fatal à tous les Rats examinés, sauf un plus résistant qui rendit le dernier soupir après vingtcinq minutes.
L’autopsie, immédiatement pratiquée, ne montre aucune lésion brutale des organes, pas de déchirure des glandes pancréatiques, hépatiques, des reins ou de la vessie, pas de fractures.
Le cœur en diastole renferme un sang non pas asphyxique, mais brunâtre, se coagulant très vite. Les ventricules ne peuvent ètre mis en mouvement, même par une excitation violente (piqûre, pincement), tandis que les oreillettes sont susceptibles dans les mêmes conditions d2 donner quelques battements.
Pas d'infarctus pulmonaire. Le péritoine renferme une sérosité claire, citrine, sans louche aucun.
La matière cérébrale n’est pas écrasée. Le cerveau sectionné en coupes parallèles et perpendiculaires à son grand axe est exempt de toute hémorragie.
Mais 1l en existe une violente dans l'hémisphère gauche du cervelet complètement inondé de sang.
me 169: —
2° Téte opposée à la rotation :
La marche des phénomènes ressemble beaucoup à celle précédemment indiquée.
Trois minutes donnent de l’abrutissement, de la titubation, de l'écartement des membres antérieurs, mais moins marqué, une déviation conjuguée de la tête et des yeux en sens inverse du premier cas.
Huit minules produisent des mouvements irrésistibles en baril de droite à gauche, c'est-à-dire analogues au déplacement de la centrifugeuse.
La mort survient, comme dans la première position, en vingt minutes environ.
Mèêmes constatations à la nécropsie que tout à l'heure. Toutefois, l'hémorragie cérébelleuse siège à droite.
Avant de passer à l'étude de la troisième position, nous avons institué de nouvelles expériences que voici :
On arrête l'opération après huit minutes, c’est-à-dire lors de l’apparilion des mouvements en baril. Ceux-ci, dûment constatés, avec l'orientation 1 par exemple, puis nous plaçons les sujets suivant le second dispositif.
Le contraire a été également tenté. Des animaux primitivement tournés, la tête opposée à la marche du moteur, furent ensuite disposés en sens inverse.
Nous pensions que ces deux centrifugations successives effectuées coup sur coup dans des conditions inverses pendant des temps égaux, se contre-balanceraient l'une l’autre.
Il n’en fut rien: l'animal, au sorur de la centrifugeuse, üitube, hésite pour ainsi dire, puis brusquement se trouve entraîné du côté de la lésion primitive. Il fait alors de longues pauses sur le dos, agile les membres, cherche à se mouvoir de nouveau, mais ne peut se relever qu'aidé. Si on lui tend une règle, il la saisit, se remet d'aplomb et le cycle recommence, il hésite, balance, pour tomber finalement le ventre en Pair.
Mais, nous insistons sur ce point, l'entraînement irrésistible
précédant la stase dorsale, se produit toujours du côté de la lésion primitive.
Les deux centrifugations, pour ne pas s’annuler complètement, exercent toutefois une action réciproque l'une sur l'autre. En effet, l'animal traité seize minutes en tout, n'est pas mourant, comme le serait un de ses congénères resté le même temps dans une seule-position.
Le meilleur moyen de surprendre le secret de ces lésions nous parut être une strangulation brutale d’un rat ainsi centrifugé. Tout autre procédé de mort pourrait fausser les résultats.
Avant la centrifugation d'un rat, nous lui passons un fort cordon autour du cou. Puis, après huit minutes de rotation dans un sens, huit minutes dans l'autre, nous l'étranglons brusquement et faisons l’autopsie.
Rien à signaler pour les organes de la cavité thoraco-abdominale, mais 1l existe une stase sanguine considérable du cerveau postérieur.
3° Téte périphérique :
Pour pouvoir disposer les sujets dans notre essoreuse, nous avons dû abandonner souvent le lapin et n’utiliser que le rat et les cobayes. Ces derniers, fort dociles, commodes à entraver sont faciles à orienter.
Après trois minutes de rotation à 900 tours, les cobayes furent non seulement abrutis, comme dans la position 1 et 2, mais pris déjà de mouvements irrésistibles. Les rats réagissent un peu moins vite. Quatre minutes sont nécessaires.
Malgré tout, cette position est donc beaucoup plus active que celles déjà décrites.
Les animaux ne sont pas entraînés comme précédémment, à l'instar de barils, mais « en aiguilles de montre » et dans une direction opposée à la rotation de l’essoreuse.
A ce propos, rappelons le fait déjà signalé des grenouilles, tournant en sens inverse de la centrifugeuse.
Ainsi que pour les Batraciens, il y a également concentra-
rues
tion sanguine, générale, mais plus accentuée encore dans le bipède antérieur. Les calculs donnent en chiffre rond, 6.000.000 d'hématies pour l'un et 5.870.000 pour l’autre.
Trois minutes suffisent encore pour injecter les téguments, pour faire apparaître des placards rosés dans les régions sans poils, et rendre les conjonctives hyperhémiées et leurs culsde-sac enflammés.
Ces phénomènes peuvent cependant s'amender. Après trois ou quatre heures, l’animal reprend une vie normale. En attendant, il rampe, essaye de marcher droit, vacille.
La mort survient toujours après quinze minutes de centrifugation avec la tête périphérique.
L’autopsie, pratiquée aussitôt, montre des troubles congestifs du cerveau en général et du métencéphale en particulier.
Comme pour les grenouilles, les muscles paraissent lavés. Les placards cutanés ne renferment ni globules rouges extravasés, n1 hémoglobine laquée.
Pas d’infarctus pulmonaire. Le foie est gorgé de sang. L'’estomac, l'intestin, la vessie sont à demi remplis.
Aucun rejet de fèces, ni d'urine.
4 Tête orientée du côté central :
Avec cette position, les sujets ne présentent pas de mouvements involontaires, sont abattus, dans un complet relâchement musculaire.
Ils réagissent peu ou point à la piqûre, traînent le train postérieur et gardent la tête placée entre les pattes antérieures.
Chez le lapin. les oreilles apparaissent livides par transparence. Un frottement, même énergique, ne ramène par leur coloration primitive.
Pour obtenir ce cortège de perturbations, huit minutes sont nécessaires. Quinze minutes de traitement n’empêchent pas toujours un certain retour à la santé avec le repos. Six heures plus tard, les lapins placent encore volontiers le museau entre leurs pattes. Le lendemain, tout peut avoir disparu.
Mais, une fois le quart d'heure dépassé, plus rien n'est. à espérer, la mort arrive bientôt. ‘
À l’autopsie, il existe üne stase généralisée du sang dans tout le train postérieur ; les vaisseaux, dilatés à l'excès, n’ont pas cependant éclaté ; le cerveau semble d’une teinte cireuse, à peine rehaussée de rose par-ci, par-là."
5° Tête et queue orientées du côté périphérique :
Il semblait à priori que les lapins, ainsi disposés, présenteraient simplement les troubles de 1 et 2 réunis. En réalité, les choses sont un peu différentes.
Après six minutes d’une rotation à goo tours, il y a déviation conjuguée de la tête et des yeux en sens inverse du mouvement de la machine. L'animal dodehne de la tête, présente des troubles locomoteurs avec balancements alternatifs et légers du corps vers la droite et vers la gauche. La face est injectée. Le train postérieur, flasque, reste insensible à des excitations violentes (pincements).
Cette anesthésie diminue peu à peu, en s'irradiant à l’abdomen et au thorax.
Le nécropsie ne révèle aucune lésion brutale des organes, sauf une congestion du cervean puis des reins. Celle de l'encéphale est moins marquée toutefois qu’en 3. L’estomac, l'intestin et la vessie restent pleins.
Les (roubles du sang signalés dans ces différents cas tiennent aux pertes de sérum et à l’hyperconcentration du plasma.
Quant aux manifestations nerveuses constatées sous l'aspect de mouvements irrésistibles :
En baril, de gauche à droite, avec les têtes tournées dans le sens de la rotation :
En baril, de droite à gauche, avec les têtes orientées de façon contraire
En aiguilles de montre, avec les têtes périphériques ;
Ges manifestations, disons-nous, sont analogues à celles produites par des lésions des pédoncules :
3 i RS PES &#:,, Se.
pere Pr
se AU 3 | DEEx < \ P Ne CHE à j EURE \
v! cv xD
r++se+
4 + - de 8
Fic. 59.
Cérébelleux moyens, dans le cas du baril! ; Cérébelleux supérieurs, dans celui des aiguilles de montre.
1 Nous avons réuni en un tableau {n° 59) ces div:rs mouvements el la façon de les produire.
indique le sens de rotation des appareils. +++ + la position des
animaux —— — — les mouvements irrésistibles au n° 5 les lignes conceutriques
figurées ++ + +, le fureut par erreur, elles devraient être sous forme de — — — —.,
Les physiologistes sont unanimes aujourd'hui à déclarer l'interprétation de ces phénomènes comme fort difficile.
L'expérimentation apprend simplement que, pour les lésions des pédoncules cérébelleux moyens, l'animal tourne du côté sain vers le côté lésé, tandis qu’il « fuit sa lésion » pour les troubles dus aux pédoncules supérieurs.
Les pédoncules cérébraux atteints dans leur intégrité produisent des manifestations identiques.
Une seule chose nous permet donc d'incriminer les uns plutôt que les autres: ce sont les hémorragies constatées au cours des autopsies pratiquées soit après mort naturelle, soit après strangulation.
Le mot hémorragie est d’ailleurs excessif dans le cas des nécropsies, après étranglement. C’est stase qu'il faut dire.
Quant à savoir le pourquoi de cette stagnation sanguine en certains points, ce n’est pas chose facile.
Et, la seule explication à donner apparaît bien simpliste... Le sang séjourne en ces points qui sont sans doute des lieux de moindre résistance !
Que dire, d'autre, en effet ?
Pour ne pas interrompre les descriptions des troubles dus à la centrifugation, nous avons cru bon de renvoyer ici l’étude des tracés pris sur des lapins.
! Rappelons à ce sujet notre appareil pour mesurer les temps {Société Linnéenne de Lyon, t. LXIT, 1915). Il s'agit d'un électro-aimant muni d’un trembleur T actionné par une pile de force électromotrice constante P, fig. 60.
Lorsqu'on relie aux bornes du signal S, d’une part la vis platinée m, de l’autre le trembleur T, les vibrations d2 l'interrupteur se trouvent fidèlement transmises au Despretz.
La vis platinée doit être du type micrométrique et posséder une large tête A portant des graduations A’, facile à mouvoir.
Suivant que l'écart sera plus ou moins grand entre le trembleur et la pointe de la vis, On aura un rythme vibratoire dilféreat, rythme d'autant plus rapide que la distance sera moindre.
[ suffit donc d'un étalonnage préalable avec des diapasons chronographes pour pouvoir à volonté marquer telle ou telle fraction de seconde, par simple déplacement de la têt> de vis devant l'index I. À défaut de diapasons, il suffira de faire fonctionner notre système pendant 2, 3, 5 secoiles, par exemple, et de diviser le
Le graphique 61 montre la respiration excessivement rapide d'un Lapin centrifugé pendant 10 minutes « la tête dans le sens du mouvement ». Prise avec une canule trachéale!, elle est assez régulière dans son ensemble.
Le tracé 62, pris un peu plus tard, montre un changement complet d’allures à des inspirations de grande amplitude
FrG. Go.
comparables aux précédentes, succèdent, une série de mouvements très faibles, figurant une variété de Cheyne-Stokes.
Si l’on augmente la vitesse (1.000 tours), bientôt le rythme désordonné se calme petit à petit et l'animal meurt.
Dans cette première position, le cœur est simplement ralenti.
Tous ces phénomènes cardio-pulmonaires existent, mais moins marqués chez les Lapins à tête orientée inversement. Toutefois le Cheyne-Stokes fait défaut.
Il est intéressant de comparer à la figure 63 (cycles cardiaque normaux) la figure 64, obtenue sur un sujet centrifugé avec la « téte périphérique ». La courbe enregistrée, d’allure très
nombre de vibrations inscrites par 2, 3, 5, pour connaître sa vilesse. Bien plus, on peut supprimer le signal en fixant une plume appropriée à l'extrémité O du trembleur. 1 Toutes les respirations furent obtenues par ce moyen.
Fire, 6»,
lente (une contraction par seconde), mais très ample, représente une marche sans à-coups (pas d’angles aigus). Nous avons déjà signalé semblables caractères pour la Grenouille.
Le parallélisme avec ces Batraciens se retrouve aussi chez les Lapins à tête centrale. Le muscle cardiaque offre ‘des contractions moins fréquentes et bien moins prononcées que dans le cas précédent (fig. 65).
Fic. 63,
Qu'il s'agisse de la position 3 ou 4, la cage thoracique fonctionne avec peine et très vile, mais sans troubles particuliers. : Enfin la courbe 66 fut obtenue avec un animal « tête et queue périphériques » Comment l'interpréter? S'agit-il d’un enregistrement décomposé des ventricules et des oreillettes? Le procédé utilisé ! ne saurait donner de semblables détails... Un tracé pneumographique pris simultanément, montre d’ailleurs une superposition des mouvements du cœur et des poumons sur la courbe en question. Nous avons donc en réalité un rythme cardiaque ralenti et de faible amplitude.
On connaît notre intention primitive d’expérimenter sur les Singes et les circonstances qui nous en eémpêchèrent.
1 Procédé dit de l'aiguille.
‘99 "Or
sn . FRERE
Ur)
Nous comptions faire plus encore, en essayant prudemment sur les conseils de notre maître le professeur Raphaël Dubois, la centrifugalion humaine, de manière à pouvoir relater les sensations éprouvées, puis à en tirer quelques données psychologiques.
Construire des centrifugeuses assez vastes pour enfermer un Homme eut élé chimérique, mais, nous songions à utiliser les altractions venues depuis peu dans nos foires, sous des noms aussi étranges que peu scientifiques!.
AP FRA de Lyon existait précisément un « plateau de la danse ». C'était, comme son nom l'indique une immense surface ronde. Un moteur électrique la mettait en mouvements. À la grande joie des spectateurs, les audacieux montés sur l'appareil fuyaient petit à pelil par la tangente au fur et à mesure que la vitesse croissait.
Le directeur de cette intéressante entreprise avait bien voulu mettre à notre disposition son contremailre pour manœuvrer le plateau à toutes les vitesses possibles.
Silôt les vacances commencées, quelques amis de bonne volonté devaient nous accompagner.
Mais le 1° août, le parc d'attractions essentiellement germanique était fermé, le directeur devançant les événements, fuyait avant d’être appréhendé.
Nous apportons donc seulement les résultats de trois séances d'autocentrifugation heureusement faites ayant la guerre, c'est peu, comparé à ce que nous escomptions.
Le premier jour, nous avons été entraîné, à 30 tours par minute, ce qui sur les bords de l'appareil représente une vitesse assez appréciable.
Tout d’abord, la tête dans le sens de la rotation, les yeux ouverts, il nous fut loisible de nous maintenir quelques secondes seulement sur le disque.
En sortant, on éprouve la sensation d'être projeté au
1 « Plateau de la danse », « Saladier d'amour », « Plaisir céleste », etc., etc.
dehors avec tant de violence que l’on est surpris de se retrouver intact.
Orienté la tête en sens inverse du mouvement, on peut, par une sorte de piétinement sur place au début, rester un peu plus longtemps (dix à douze secondes) sur l'appareil.
Les mêmes expériences, répétées avec les yeux fermés, puis bandés (tant il est difficile de ne pas les ouvrir) sont excessivement pénibles, l'esprit restant dominé par la crainte d'une catastrophe.
Enfin, pour résister plus longtemps à la force centrifuge, nous avons répélé une seconde fois les essais ci-dessus, mais dans la station couchée.
Avec la tête orientée dans le sens de la marche du plateau, on éprouve des bourdonnements d'oreilles violents. Le temps de relever le bras pour demander l'arrêt de l'appareil et nous ressentions en descendant par terre des piqûres généralisées de la face, du cou, du thorax, comparables à celles produites par les agents vaso-dilatateurs.
La tête inversement dirigée, on ne perçoit rien de semblable, mais une titubation assez marquée se manifeste après vingt secondes d'expérience. |
Si quelqu'un de remarquablement vigoureux désire reprendre cette étude, 1l devra utiliser, non plus le « plateau de la danse », mais le « saladier d'amour »!, qui, avec ses excavations, donne une stabilité plus grande au patient! |
! Le Saladier est un disque perforé de cuvettes profondes rembourrées de ressorts …, chacun y est entraîné. Hommes, femmes …, tout est confondu! d’où ce nom grivois donné au système.