‹ Contribution à l'étude de la centrifugation expérimentale en biologieChapitre 36 sur 51 · ISI · texte numérisé non relu

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destinée à démontrer que la gravilation oriente les végétaux en raison de l'accélération de masse exercée sur les organes sensibles.

Pour réaliser ces essais, on dispose sur un disque horizontal des plantules dirigées dans tous les sens, puis on communique à cetle roue un mouvement rapide autour d’un axe vertical.

Lorsque la force centrifuge égale la gravitation, les racines des plantules se dirigent vers l'extérieur, et prennent une position inclinée de 45 degrés vers le sol (résultante de la force centrifuge et de la gravitation). Mais, si on imprime au disque une plus grande vitesse, la force centrifuge augmente et les plantules croissent de plus en plus horizontalement, les racines dirigées vers l'extérieur, les tigelles vers le centre du disque. Ce qu'il y a d'imporlant dans cette expérience, c'est qu'elle nous permet de substituer à l'accélération de masse communiquée par la pesanteur, une autre forme d'accélération par la force centrifuge. |

Si la pesanteur est agissante dans l’orientalion des végétaux, il suffirait de l’annuler, pour voir que les organes écartés de la verticale n'y reviennent pas, mais croissent dans la position où1ls se trouvent. .

On ne peut pas, en réalité, annuler la pesanteur, mais on peut supprimer ses effets, grâce au clinostat.

C'est encore un disque tournant sur un axe horizontal, au moyen d'un mouvement d’horlogerie. Les plantules fixées sur le plateau regardent alternativement le ciel, puis la terre. Les actions arrivent ainsi à s'opposer et l'effet directeur devient nul.

Ces détails montrent l'importance des influences cosmiques sur les êtres vivants.

Les expériences de Knight font songer à celles réalisées par M. Dubois sur les animaux et aux lois anticinétiques formulées par ce savant!. Mais, elles en diffèrent essentiellement,

1 V. Raphaël Dubois, Sur l’anticinèse rotatoire (Comptes Rendus Société de Biologie, t. LXXVIIX, p. 617, 1915, et la note de la page 618 en particulier.

en raison des vitesses rotatoires respectivement employées'.

Avant d'étudier les résultats produits par la force centrifuge sur les végétaux supérieurs, orientés de telle ou telle façon, nous avons cherché d’abord ce qu’elle produisait au point de vue général sur la jeune plante.

Les vitesses de 2 à 3.000 tours sont à proscrire sous peine de léser les organes. Celles de 500 conviennent à des traitements prolongés (sept à huit jours).

Bien entendu, il faut placer les sujets en milieu hydraté. Généralement, nous les installons sur du coton mouillé. L'atmosphère de l'étuve à centrifuger est elle-même riche en

vapeur d’eau.

Malgré toutes ces précautions, la végétation est difficile. Comparée à celle des témoins poussés dans le même milieu, elle présente des signes de faiblesse extrême. Tiges et feuilles sont flasques, ridées.

Au sortir de l'appareil, les jeunes plantes peuvent être élevées, mais gardent leur aspect chétif. Après quarante-huit heures, si on leur donne beaucoup d’eau, une certaine turgescence Lend à se manifester, les organismes se redressent,

‘ Ainsi qu’il l’a fait observer dans un travail récent (Raphaël Dubois, les Origines nalurelles de la guerre, influences cosmiques et théorie anticinétique, in la Paix par la Science, p. 8, Georg, Lyon, 1916), il ne faut pas confondre les expériences de l'auteur sur l’anlicinèse qui remontent à l'année 1881 avec celles qui ont trait à la centrifugation. C’est à tort que l'on a prétendu que les expériences de R. Dubois étaient une réédition de celles de Knight sur le géotropisme. Ce dernier s’est bien servi de la rotation d'un plateau horizontal, mais c'était pour étudier l'action de la force centrifuge, et, pour cela, il le faisait tourner à une grande vitesse, nullement en, rapport avec celles dont s'est servi R. Dubois dans ses recherches,

D'ailleurs, l'anticinèse n'est pas forcément rofaloire ; elle peut s'exercer en ligne droite. C'est la propriété qui incite tout être vivant animal ou végétal, tout bioprotéon, à réagir contre un mouvement tendant à l’entraîner, ou exerçant une pression sur lui, qu'il s'agisse d'un agent mécanique ou physique, tel que l’eau, l'air, la force d'inertie, la lumière, etc. L'anlicinèse est une des manifestations les plus générales de la propriété la plus caractéristique de la substance vivante ou bioprotéon, de l'irritabilité. Elle explique les faits que l'on désigne en général sous les noms de tropisme, expression antiscientifique dont il importe de se débarrasser, ainsi que l'a démontré le professeur Dubois au Congrès international de Psychologie de Genève (v. Comples rendus du Congrès de Genève, 1909, p. 343).

mais ce début de restauration est de courte durée... la plante meurt bientôt.

[es coupes faites au microtome montrent des cellules plissées quant à leurs parois. Seul le tissu libero-ligneux reste d'aspect régulier, mais de petite taille ; la lumière des vaisseaux est de faible diamètre.

Sur des centaines de préparations en série, nous n’avons remarqué aucune autre modification de structure interne, ni dans la racine, ni dans l’axe hypocotylé, ni dans la tige. Les faisceaux de bois et de liber sont aussi nombreux que chez les plantes normales. L'épaisseur relative des lissus les uns par rapport aux autres n’est en rien changée.

Les expériences de Knight sont trop complètes et trop classiques pour nécessiter d’être contrôlées. Nous avons donc simplement examiné quelques points particuliers en étudiant les plantes supérieures comme nous avons étudié les Mammifères.

Par divers artifices, nous sommes parvenu à centrifuger de Jeunes plantes, soit avec leurs racines, soit avec leurs feuilles en position périphérique.

On trouve dans le commerce anglais des petits pots gros comme deux dés à coudre, renfermant des graines destinées à produire des « Pixies Plantes ». Nos alliés utilisent cette végétation pour orner leurs tables et composer de gracieux surtouts !

Ces graines sont de deux variétés : les unes noires, les autres rouges, mais apparliennent à la même famille des Crucifères.

La terre des vases une fois humectée, on ferme le tout sous des verres à boire formant cloches de forçage. Des soucoupes placées dessous avec un peu d’eau empêchant le dessèchement.

Ces plantes sont fort précieuses ; car, parcourant leur cycle évolutif en quatre ou six jours, on peut agir sur elles durant toute leur croissance.

Vingt-quatre ou quarante-huit heures après les semis, ces derniersatteignent 2 centimètres de hauteur. C'est à ce moment où nous commençons la centrifugation.

Les essais tentés avec les racines en position périphérique sont des plus faciles. Les pots entrent sans peine dans la centrifugeuse, et la terre, retenue par la force agissante, ne saurait s'échapper. |

Dans ce cas, on constate un gros accroissement du système souterrain comparé à la partie chlorophyllienne.

Nettement plus longues que chez les témoins, les racines n’en diffèrent aucunement n1 par la couleur, n1 par la forme.

Le système absorbant subsiste dans son intégrité.

La force centrifuge produit donc moins de troubles sur les plantes adultes que sur les graines en germinalion.

Toutefois, les sujets ainsi traités meurent bientôt (vingt heures avant les témoins!}, et ce malgré toutes les précautions possibles prises.

Il est fort délicat d'orienter les « Pixies » dans la position : racines centrales, sous peine de briser les jeunes pousses contre le fond des tubes centrifugés.

On y parvient cependant, voici comment :

Il faut disposer sur le pourtour des pots, entre le rebord et les graines semées bien au centre, du coton mouillé. Des fils passent au milieu des tiges croisés et recroisés, ils suffisent à retenir dans leurs mailles les grains constitutifs du sol, et s’imbibant sur la ouate, contribuent à maintenir l'humidité de l’ensemble.

Au fond des tubes de la centrifugeuse, des couronnes de hège empêchent les tiges de venir s'écraser. Celles-ci passent dans l'ouverture centrale, tandis que les bords des vases butent sur les appuis ménagés à cet effet.

Il convient d'augmenter un peu la vitesse et de réduire la durée à deux jours, pour ne point iéser les jeunes pousses. Bien entendu, toutes les conditions de milieu (chaleur, humidité) doivent exister.

L'opération terminée, on constate que les racines ne quittent

! Rappelons que les « Pixies Plantes » normales vivent une semaine au maximum.

pas brusquement la verticale. Il y a lutte au début entre le géotropisme et la force centrifuge. Les organes, après un certain nombre d’oscillations, finissent par ne plus subir l’influence de la pesanteur, cerlains font un angle de 90 degrés, avec la normale, mais jamais il ne fut possible de le dépasser.

Quelques heures de rotation à 1.000 lours accentuèrent imperceptiblement l'angle formé, mais ce fut tout.

Avec des vitesses bien plus rapides, arriverait-on à faire mieux ? Tiges et racines finiraient-elles par devenir parallèles? Rien ne permet de se prononcer.

La végétation aérienne ne présente dans ce cas aucun intérêt à être examinée. Placée dans de trop mauvaises conditions, 1l serait peu sage de vouloir rechercher ses modifications.

Des coupes minces pratiquées dans ces racines de croissance anormale, ne présentent rien de spécial, ni comme disposition, ni comme contexture intime.

Pour continuer le parallélisme avec les expériences faites sur les animaux, nous centrifugeons enfin des plantes couchées soit le sommet de la tige dans le sens de la rotation, soit dans la direction opposée.

Nous ne relevons rien d’anormal, hormis une courbure du végétal, excentrique dans les deux cas à l'axe du moteur.

Tels sont les résultats acquis par l'examen de végétaux adultes soumis à la force centrifuge.

Bien des points peuvent sembler de minime importance, et cependant, pour émelire celte simple affirmation : rien n'est changé; il fallut pratiquer beaucoup d'essais, exécuter de nombreuses coupes.

Mais, il y a parfois des modifications intimes difficiles à saisir, malgré les précautions techniques les plus minutieuses. Peut-être est-ce 1c1 le cas.

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