INVERTÉBRÉS
Une centrifugation, même rapide, ne détruit pas les infusoires.
En effet, nous avons examiné des Vorticelles après une heure de rotation à 2.900 tours, et la colonie apparaissait comme simplement tassée; sa masse formait un véritable tissu de cellules polyédriques, les pédicelles, arrachés en faible pro-
1 Lors de la montée, nous disposons autour de la claie des séries de bran-
ches mortes.
te portion, remuaient normalement. Bientôt, d’ailleurs, les individus s’isolèrent, doués d’une forte motilité.
Aucune altération ne fut constatée chez les Stentors et les Paramécies vertes, ni non plus chez un rhabdocèle, le Convoluta Roscoffensis.
Cette notion que des êtres aqueux centrifugés dans leur milieu ne sont pas macroscopiquement ni microscopiquement altérés est à retenir.
Les mouches, les moustiques, ne sont nullement incommodés par les vitesses entre 2 et 3.000 tours.
Au bout d'une demi-heure, aucun trouble n’est à signaler chez eux ni pour la marche ni pour le vol.
Les fourmis, les hannetons présentent une activité normale et ne sont troublés dans aucune de leurs fonctions externes.
Les mollusques (Mytilus edulis, Venus verrucosa) restent hermétiquement clos dans des appareils tournant à 2.000 tours.
Placés dans une position telle que leurs valves soient jointes par la force centrifuge, ils parviennent à les écarter si la rotati on ne dépasse pas 200 tours.
Nous avons signalé déjà que les papillons de Bombyx nés d'œufs et de chrysalides centrifugés éclosent plus vite que les témoins.
Mais si l’on poursuit l'expérimentation, et surtout si on la reprend cinq à six jours avant le moment où le cocon doit être perforé, on obtient des papillons incapables de déchirer leur enveloppe. Dans plus de deux cents cocons examinés, nous avons rencontré toutes les phases, depuis celle où l’insecte passe la tête au travers de la paroi sans pouvoir dégager son corps, Jusqu'à celle où il pond, s'il est femelle, contre une
enveloppe invulnérable, où même meurt dans de vains efforts, avant l'expulsion des œufs. Le papillon cependant n’est pas malade : il suffit d'ouvrir le cocon, pour le voir sortir, s'accoupler, évoluer comme ses congénères, mais aussi mourir plus vite qu'eux.
Seul le liquide destiné à écarter les fils dut lui manquer.
Sa vie est d'autant plus courte que la centrifugation fut plus longue.
Soumettre des papillons éclos à la force centrifuge présente peu d'intérêt. Leurs jours sont trop comptés pour pouvoir appliquer une force lente d'assez longue durée.
Celle-c1 suffit toutefois à provoquer une accélération de la ponte.
De grandes vitesses font expulser très rapidement les œufs.
Mais ce sont là des actions mécaniques de pression, pour ainsi dire, bien moins intéressantes pour nous.
Plus un animal est riche en eau, plus 1l peut voir ses phénomènes osmotiques accélérés, plus les modifications deviennent profondes.