ET LEUR PASSAGE AU TRAVERS DES MEMBRANES
Aucun phénomène vital ne peut se manifester sans la présence de l’eau. Sa diminution progressive entraîne le ralentissement de plus en plus grand des fonctions biologiques. « La molécule d’eau est Peu de la partie où se jouent : la santé, la maladie, la vie et la mort!. »
Mais, pour ne comprendre le rôle que l’on doit accorder aujourd'hui à l’eau, en physiologie, il est indispensable de connaître la conception récente de la substance vivante, ou bioprotéon, d'après les travaux du professeur Raphaël Dubois. Nous pouvons en donner ici une notion élémentaire en citant les passages qui s’y rapportent dans l'introduction de son livre sur la Vie et la Lumiére?.
D'après notre maître, « toute substance vivante est considérée comme élant à l'état de colloïde instable. Les tissus sont à l’état de gels et les plasmas à l’état de sols. »
« Le biocolloïde, comme tousles autres colloïdes est composé
! Raphaël Dubois, Dictionnaire de Richel, article sur : Hyprarariox (fonction d'). ? La Vie et la Lumière (Biblioth. scientif, internationale, Paris, Alcan, 1914).
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de particules, de granulations en suspension dans un liquide. Ce liquide, c’est l’eau qui, chez certains animaux, comme les Cœlentérés, par exemple, peut représenter 98 pour 100 du poids du corps. Dans les muscles, dans le cerveau, on en trouve 750 à 760 pour 1.000, et dans les os et les cartilages seulement, en moyenne 500 pour 1.000. Sa proportion est donc en relation avec le degré d'activité du tissu considéré, sous le rapport de sa noblesse, pourrait-on dire. Abondante chez les sujets jeunes et robustes, elle diminue beaucoup avec la sénilité. J'ai démontré ! que les propriétés vivifiantes de l’eau sont en rapport avec sa chaleur spécifique, qui est la plus élevée de celles de tous les liquides organiques neutres, et que tous ceux qui, par leur mélange avec elle, tendent à l’abaisser, ralentissent et entravent le fonctionnement physiologique. Ainsi s'explique l’activité toxique des alcools et des anesthésiques généraux, qui croît en sens inverse de leur chaleur spécifique ; plus celle-ci est faible et plus le pouvoir osmotique des liquides aqueux auxquels ils sont mélangés diminue; or, on verra bientôt que les vacuolides sont comparables à de petits dialyseurs à l'intérieur desquels une certaine quantité d'eau peut être fixée par absorption.
« Autour des granulations vacuolidaires se trouve une atmosphère d’eau tenant en dissolution des corps à l'état cristalloïdal. Celte eau est à l’état d'adsorplion et de liquide intergranulaire, plus ou moins abondant, suivant qu'il s’agit d'un biosol ou d’un biogel et aussi suivant diverses conditions physiologiques d'un même Ussu. L'eau d'absorption, l’eau d’adsorption et l'eau intergranulaire constituent l'eau d'hydralation des tissus. Chez les organismes jeunes et sains, l’eau est retenue avec énergie et l’on doit dire alors que la fension de dissociation de l’eau et des tissus est faible : elle devient, au contraire, grande, quand la vitalité diminue sous l'influence
1 Voir Hyprararion (fonction d’), Diclionnaire de Physiologie de Ch. Richet, Paris, Alcan.
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d'un empoisonnement, d'une maladie, de la sénilité, d’une cause quelconque d'affaiblissement, de déchéance ou de misère physiologique. À
« Les vacuolides élémentaires forment les centres de ces atmosphères aqueuses. Elles possèdent, comme dans tout colloïde, des mouvements spécifiques variables, des charges électriques qui règlent leurs attractions ou leurs répulsions, soit à l’état d'équilibre physiologique, soit à l’état pathologique. En raison de leur innombrable quantité dans 1 millimètre cube, dans une cellule, ces granulations offrent des surfaces énormes aux phénomènes de tension superficielle et à toutes les modalités énergéliques qui peuvent en dériver. Enfin, à cause de la structure même des vacuolides, la superficie offerte aux phénomènes d'absorption, d'imbibition, de diffusion, d’osmose est colossale. C’est elles qui sont le siège d'élection des substances alimentaires ou toxiques. Dans leur plus grand état de développement, les vacuolides sont représentées par les leucites : chloroleucites, amyloleucites, etc. Il y a bien des années que j'enseigne que les leucites dérivent des vacuolides!.
« Or, dans ces derniers temps, Pensa, Lewitsky, Fauré- Fremiet, Guilliermond, elc., ont fait dériver ces mêmes leucites des mitochondries?. Ces mitochondries mises récemment à la mode par Benda ne sont bien évidemment pas autre chose que mes anciennes vacuolides, car deux quantités égales à une troisième sont égales entre elles.
« Les leucites sont constitués par une cavité entourée d'une membrane et c'est dans celte cavité ou vacuole que se fabriquent une foule de produits : pigments, amidon, etc., et que d’autres se détruisent. Les vacuolides sont, en général, beaucoup plus petites que les leucites, bien qu'on trouve entre les unes et les
! Leçons de Physiologie générale et comparée, p. 70 à 78. Carré et Naud, Paris, 1898. Masson, successeur.
* Voir Comples Rendus de la Société de Biologie, t. LXXV, p. 1023, 1913.