‹ Contribution à l'étude de la céramique orientaleChapitre 15 sur 72 · A. Gayet, op. cit., p · texte numérisé non relu

A. Gayet, op. cit., p

une tombe de la Ve dynastie, découverte sur le plateau rocheux qui domine l'entrée d'Assouan, et un autre sur le revêtement en faïence de la pyramide à degrés de Saqqarah, mais dont les traces ont actuellement disparu.1

Doit- on faire remonter plus haut encore l'existence de cette industrie? C'est ce que l'avenir seul pourra nous apprendre. J'ai attentivement surveillé le passage des objets issus de tombes antérieures à cette époque et je n'ai rien trouvé. Au temps de la pierre taillée en Egypte les poteries fines, colorées par l'oxyde rouge de fer, étaient communes.2 Leur bord est souvent noir et brillant, des traits rouges, noirs ou blancs suivant les cas, les décorent, on observe des dessins géométriques, des animaux et des hommes dessinés au trait, mais en aucun point on ne trouve de traces de vitrification.3

Nous venons de voir que, sous la XIe dynastie, la céramique émaillée avait déjà fait son apparition et était même arrivée à un haut degré de perfection.4 Avec la xvme dynastie nous entrons dans une période pendant laquelle on fabriqua des milliers d'objets remarquables, tant par la pureté de la forme que par la richesse et la variété des émaux.

La palette s'élargit dans une forte proportion. Au bleu, au vert,

1. Il en existerait des fragments à Berlin? (Voir le chapitre des terres vernissées.)

2. de Morgan, Les origines de l'Egypte, t. 1 et 2. Figures faites d'après ses trouvailles et d'après celles, antérieures, do Flinders Pétrie.

3. Des remarques critiques intéressantes ont été déjà publiées sur ces échantillons céramiques. Voir le travail de F. de Bissing, L'Anthropologie, t. ix, p. 253 et sniv. Masson, éd. Paris 1898.

4. Dans la nécropole de Deir-el-Barca, située non loin de Rodah, on a découvert récemment des tombes de la xn" dynastie, qui contenaient des pâtes blanches très friables, comme farineuses sur la cassure, recouvertes d'un bel émail bleu pur ou tirant un peu sur le vert : scarabées ailés, vases votifs avec leur bouchon de forme conique, etc. Dans les mêmes tombes se trouvaient divers ustensiles en schiste émalllé.

au blanc des époques antérieures, viennent s'ajouter le rouge, le violet, le jaune qui tantôt décorent la pièce tout entière, tantôt remplissant des creux ménagés dans la pâte, forment de véritables émaux cloisonnés dont la couleur se détache sur le fond de la pièce. L'emploi de la céramique se généralise; on voit apparaître des bagues, des boîtes à onguents, des vases à Koheul, des pommeaux de poignards, des plaques de faïences murales, etc.1 La fabrique était à Tell-el-Amarna et, si nous tenons compte des découvertes des douze dernières années, nous ne pouvons point nier qu'il existe beaucoup de probabilités pour qu'une influence, étrangère à l'Egypte, doive être invoquée quand on veut expliquer l'apparition des procédés nouveaux de fabrication. Les tablettes cunéiformes découvertes en 1887 2 qui nous donnent une partie de la correspondance entretenue par Khounaten et Aménophis IV avec les princes d'Asie, depuis la Syrie jusqu'à Babylone, éclairent la question d'un jour nouveau. On savait déjà : «que les relations de Khounaten avec les nations étrangères lui attirèrent les haines des prêtres d'Ammon ennemis absolus des Asiatiques»,3 il est vraisemblable de croire que le prince égyptien, avec les coutumes et les vêtements,4 dut emprunter les procédés industriels des étrangers. — La façon dont est traitée la plaque de revêtement mural en céramique incrustée et polychrome, trouvée à Tell-el-Amarna et conservée au Musée de Ghizeh (salle 51, vitrine C, n° 475 bis),

1. En dehors des grands musées de Ghizeh, de Londres, de Paris, de Berlin, beaucoup de collections privées contiennent des pièces de ce genre, je citerai celles du Rd Mac Gbegok, de Greenfell-pacha, du Cap. Myers, etc.

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