Matières colorantes
1° Bleue pâle et noire :
Oxyde de cuivre 0-106
Mn 0-106
Cobalt 0-000
1. Je dois ces analysée à l'obligeance de M. Desjakdix Ver Kinder, Administrateur des Forges et Aciéries de Denain, auquel j'adresse ici mes plus sincères remerciements.
2° Bleue foncée avec lignes bleues pâles :
Oxyde de cuivre 0-283
» Mn très faibles traces
Cobalt 0-5481
«La poterie semble avoir été séchée à l'air et au soleil et non cuite avant remaillage. La présence de l'eau de combinaison et de l'acide carbonique le démontre. D'autre part, l'émail incolore très fusible, analogue au verre fusible, bien que fondant à température modérée, est rempli de bulles de gaz. Les matières colorantes sont celles employées actuellement.»
«L'éclat des peintures des poteries résulte principalement de la couche de verre formant couverte qui a été conservée translucide à cause de la sécheresse du milieu.»2 En effet, la couverte vitreuse est irisée ou opaque toutes les fois que les pièces se sont trouvées, pendant un temps suffisant, dans un milieu humide. J'ai souvent trouvé cette altération qui me semble être due non seulement à l'humidité, mais aussi à des fermentations dans lesquelles les microbes de la nitrification me paraissent jouer un rôle important, car le lavage des pièces les plus irisées a donné des solutions fort riches en nitrate de potasse. Pour que l'irisation apparaisse très nette, il faut que la pièce soit sèche. La présence d'un peu de
1. Cette analyse, ayant été faite sur un petit nombre d'échantillons, ne peut être considérée comme définitive. 11 résulte, en effet, des recherches théoriques et pratiques du Dr Bay, du Caire, très versé dans l'étude de la fabrication de la céramique et des émaux, que beaucoup de couvertes, sur la même pâte, sont plornbifères et surtout stannifères. D'après lui, la proportion de silice serait, en général, beaucoup plus considérable que celle qui est indiquée plus haut, dans la couverte des échantillons céramiques trouvés en Egypte. Il y aurait aussi lieu de rechercher sous quelle forme étaient employés les produits chimiques. Pour ne citer qu'un seul exemple, établir si la chaux était à l'état de carbonate amorphe ou cristallisé? (Bay, communication orale.)
2. Les analyses et les remarques qui les accompagnent sont de M. Bastin, chimiste des aciéries de Denain, auquel le travail a été confié par M. Desjabdik.
vapeur d'eau, sur la surface irisée, rend à l'émail toute sa transparence, qui disparaît de nouveau après l'évaporation du liquide.
Un fait, de la plus haute importance, signalé dans l'analyse, est le mode d'application des émaux sur pâte crue, dont j'ai déjà parlé plus haut. Ce procédé, pour la même époque, paraît avoir été général et appliqué à tous les genres de céramique.1
La cuisson devait être faite à feu nu. Dans l'emplacement des anciennes fabriques, au milieu des débris très abondants que l'on retrouve, et parmi lesquels je signalerai les supports à trois pieds dont j'ai déjà eu l'occasion de parler,8 je n'ai jamais rien vu qui ressemblât aux cazettes, inventées ou réinventées par Bernard Palissy, qui fut d'ailleurs un contemporain des faïences signées du Caire.
Ni dans les auteurs, ni sur le terrain, je n'ai pu trouver de renseignements concernant la structure du four. Celui que l'on emploie actuellement pour les poteries grossières en terre, vernissée ou nue, les seules que l'on fabrique encore ici, se compose d'un foyer recouvert d'une voûte à claire-voie sur laquelle on entasse les pièces à cuire, dans une chambre rectangulaire, plus liante que large, surmontée d'une série de cheminées en poterie. Quand le four est rempli, la porte, munie d'un ou deux regards, est scellée. La cuisson a lieu la nuit, sans doute parce que le potier peut mieux juger ainsi de la température, par la teinte que prennent les pièces sous l'action du feu. On a peine à se figurer les pièces