‹ Contribution à l'étude de la céramique orientaleChapitre 46 sur 72 · Wallis, op. cit., pi. xiv, fig · texte numérisé non relu

Wallis, op. cit., pi. xiv, fig

plats du Musée Kunstgewerbe à Berlin, reproduits dans la troisième partie de "Early lustre Vases". Elles répondent aussi à la description des faïences espagnoles anciennes, décrites par Edrisi et par Ibn-Batoutah . . . Les éléments du dessin de ces fragments font croire qu'ils appartiennent au XIIIe, XIVe et XVe siècle ; mais ce qu'on ne peut affirmer jusqu'ici d'une manière positive, c'est qu'ils aient été fabriqués en Perse, en Egypte, en Syrie ou en Espagne. Certains détails me feraient plutôt croire à une origine persane. »

Depuis que ces lignes de M. Wallis ont paru, la pièce n° 3160, décrite plus haut, est venue m'apporter un nouvel élément d'information et montrer combien les hésitations de l'auteur anglais étaient légitimes, puisqu'il semble bien probable que deux pièces, absolument comparables comme dessin, mais très différentes de pâte, ont été fabriquées dans deux villes différentes ou tout au moins à des époques éloignées l'une de l'autre.

La signature, parfaitement lisible, nous donne le nom de Mouslim (Musulman) qui est assez suggestif. Le fait d'affirmer ainsi sa religion peut nous faire croire que l'artiste vivait dans un milieu étranger et qu'il copiait les anciens modèles de son pays d'origine.1 C'est ce qui a eu lieu, par exemple, pour les lampes en verre émaillé, fabriquées à Venise et expédiées en Egypte. Nous avons, dans tous les cas, une fois de plus la preuve que, les diverses fabriques ou les différents fabricants, avaient une grande tendance à se copier.

En dehors de mes trouvailles aux environs du Caire j'ai reçu aussi, à diverses reprises, des collines d'Achmounein, situées non

1. Jacquemart (op. cil., p. 311) donne un nouvel exemple de ces migrations d'artistes : «. . . Au moment de l'expulsion des derniers Almohades, l'Italie avait ouvert ses portes à des colonies d'artistes musulmans dont elle respectait les croyances et payait largement le talent»

loin de Tounah, dans la moyenne Egypte, des échantillons d'une faïence stannique, à reflet, dont la pâte est également siliceuse, fine et blanche. Ce sont, en général, de minuscules parcelles de pots. Jamais, à ma connaissance, poterie semblable n'est sortie des collines de décombres du Vieux Caire, pendant mes onze années de recherches. L'endroit qui me les a fournies est tout-à-fait voisin des anciennes verreries arabes, et dans cette région les fabriques de céramique n'étaient pas rares.1 On peut supposer qu'il s'agit d'une nouvelle variété indigène, peu répandue. Je n'ose cependant pas l'affirmer jusqu'à plus ample information. Ces spécimens sont décorés de taches mordorées, plus ou moins foncées, semées au milieu de courbes et de hachures plus claires, disposées par rangées (pi. xm, fig. 4).

D'autres échantillons avec la même pâte, une couverte identique et le même émail, présentent des dessins d'or pâle, entremêlés de touches d'un rouge très vif à reflet métallique, d'une belle tonalité, qu'il ne faut pas confondre avec les reflets cuivreux des vases de Manisès de la basse époque. Ils proviennent des couches profondes des décombres de Fostât.2 Presque toutes les fabriques de l'Espagne sont assez largement représentées, par les fragments répandus autour de la ville : Valence, Malaga, Majorque, Minorque ont fourni leur contingent, presque dès l'origine de leur fabrication. J'ai retrouvé, en effet, des fragments décorés des animaux fantastiques qui caractérisent la première manière et, surtout, les entrelacs peints en bleu, les grandes étoiles à rayons im-

Page 1