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6. Deux de ces fragments, donnés au Louvre, doivent actuellement être exposés à Sèvres. Ils sont assez rares en Egypte, car je n'ai jamais pu en découvrir depuis.
1492, bien que l'industrie de la faïence à reflet métallique fût aux mains des Maures, la fabrication ne cessa pas. En 1517 elle était encore en pleine activité et le chroniqueur de Ferdinand et d'Isabelle, Lucio Marineo, dit qu'à Malaga «on fait aussi de très belle faïence» .*
Quelques années plus tard, la rigueur des persécutions religieuses interdisant, en même temps que le travail à la Mauresque, l'usage de la langue et de l'écriture arabes,2 marqua bientôt ses effets dans les résultats de la fabrication, qui ne tarda pas à décliner. Plusieurs fragments de grands plats, recueillis au Vieux Caire, ornés de dessins d'or sur fond blanc, et qui paraissent devoir être rapportés à la fabrication de Malaga, présentent des semblants d'inscriptions arabes, absolument illisibles, manifestement tracés par la main d'un ouvrier qui ne connaissait pas la langue.3
Comme pour bien marquer l'intrusion de l'élément chrétien dans la fabrication, un autre fragment, trouvé tout à côté du précédent, présente sur un fond vermiculé, au milieu d'une grande réserve, un portrait d'homme dessiné de trois quarts, coiffé à l'Espagnole, avec une mèche en « accroche cœur» sur la tempe.4
Un joli petit fragment, trouvé récemment à Fostât, me semble plus difficile à classer (fig. 2, pi. xm). La pâte est blanche, fine et compacte. La couverte stannique est très belle, décorée en or brillant de personnages assez bien dessinés. Me basant sur la nature de la pâte et sur quelques lettres arabes de caractère très archaïque, trouvées à la face extérieure, je crois que la pièce doit être de fabrication orientale, de Perse ou de Mésopotamie. Quand on y regarde de près, le groupe rappelle les dessins de certains cuivres gravés de Mossoul.