N°> 3106 et 3115 du livre des entrées
L'Italie n'a fourni, comparativement à l'Espagne, qu'un nombre infime de ses faïences. J'ai, cependant, trouvé un beau fragment de plat, en terre rosée, décoré en bleu, jaune et or bruni, dont le centre est occupé par un buste de vieillard, d'un très beau dessin, l qui me semble être de la première moitié du xvie siècle. Quelques minuscules fragments, bords de plats des fabriques de Faenza, de Deruta et autres, montrent que, sans avoir été très actif, le mouvement d'exportation a cependant existé d'Italie vers l'Egypte au xvie et au xviie siècles.
De tout ce qui précède il résulte que la fabrication des faïences à reflets métalliques, à pâte siliceuse, soit à émail vitreux, soit avec couverte stannique, était en pleine prospérité au Caire ou plus exactement à Fostât, au milieu du XIe siècle.
La perfection à laquelle les potiers d'Egypte étaient arrivés à cette époque suppose : ou que leurs essais remontaient déjà loin, ou, ce qui semble plus probable, que l'industrie avait été importée par des artisans maîtres dans leur art, car les pièces qui, par le style de leurs dessins semblent les plus anciennes, sont aussi les mieux faites, les plus élégantes. Quant à déterminer de quel lieu et par quelle voie cette importation a pu se faire, c'est ce qu'il me paraît bien difficile d'établir aujourd'hui. Nous pouvons toutefois, grâce au texte de Nassiri Khosrau, éliminer l'origine persane. Le fond de plat, représenté figure 5, planche xm, me paraît prouver que, dès le début, pour certaines fabrications, l'art byzantin ou copte eut une influence très marquée. Les pièces à glaçure vitreuse, à parois en partie transparentes, non moins anciennes, antérieures peutêtre, ont une autre allure et une autre origine. Elles dérivent, pour la pâte et la forme, des procédés chinois.2 L'émail, à reflet métallique, procède peut-être, d'un autre art ?