‹ Contribution à l'Étude de la Césarienne dans les cas limitesChapitre 15 sur 22 · SUITES COMPLIQUEES · texte numérisé non relu

SUITES COMPLIQUEES

Comme après toute intervention portant sur l'abdomen, de nombreuses complications peuvent émailler les suites opératoires de la césarienne.

Parmi ces complications, les unes sont fréquentes ou propres à la césarienne et ce sont elles surtout qui retiendront notre attenton. Les autres ne se voient pas plus souvent après césarienne qu'après toute autre intervention abdominale.

Parmi les complications immédiates propres à la césarienne, la seule à craindre est l’hémorragie utérine. Survenant dans les cinq premières heures après l'intervention, cette hémmoragie a pour cause, soit une rétention placentaire provenant le plus souvent d’un cotylédon abhérent qui a passé inaperçu, soit une inertie utérine secondaire. Cette complication est d’ailleurs rare dans sa forme grave. Trillat et Pigeau, Le Lorier et Meyer en signalent chacun deux cas. De plus, dans le cas particulier qui nous intéresse, le col étant toujours dilaté, Khémorragie externe permet un diagnostic rapide. L’hémorragie, après la césarienne, revêt la même sympiomatologie que l’hémorragie immédiate des suites de couche. Elle est très influencée par la thérapeutique habituelle. Après révision utérine prudente et soigneuse, l'injection d’ocytocique (posthypophyse et au besoin ergotine) remet tout en plaec. L’inertie relative du segment inférieur où a porté l’incision d’hystérotomie autorisant à employer des doses fortes d’ocytocique sans risques de désunion des sutures, ce qui n’est pas le cas des césariennes corporéales, il est recommandé de replacer, lorsque tout est rentré dans l’ordre, une petite mèche, précédé d’uné injection intra-utérine de pénicilline.

La dilatation aigüe de l'estomac et l’ileus précoce, s'ils ne sont pas propres à la césarienne, ne s’en voient pas moins plus fréquenrment ici qu'après toute autre intervention. La brusque dépletion de la cavité abdominale, jointe au météorisme intestinal que l’on rencontre toujours chez ces malades, doivent en être la cause. Le syndrome précoce survient dans les 36 premières heures qui suivent l'acte opératoire. Le début peut être brutal. Il apparaît alors après une courte période normale qui a suivi le réveil de Popérée. Parfois, au contraire, il est insidieux el succède aux vomissements du réveil, qui augmentent alors d'intensité,

Le ballonnement qui apparaît et se développe est surtout susoibilical. Il est rare que cette complication devienne grave. Une

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thérapeutique appropriée en a, dans la majorité des cas, facilement raison. Mais parfois il se développe une véritable dilatation aigüe de l'estomac qui n’est qu’une impression particulièrement marquée et sévère du syndrome précédent. La thérapeutique consiste en une aspiration gastro-duodénale continue associée à une rechoruration interne et à l’atropine.

Mais de toutes les complications que l’on peut voir dans les suites opératoires, celle qui fut sans conteste la plus grave et qu obligeait à pratiquer la césarienne suivie d’hystérectomie on l’opération Ge Portes est bien l'infection secondaire.

Les antibiotiques actuels diminuent considérablement ces risques d'infection secondaire, aussi bien dans leur fréquence que dans leur gravité et autorisent à conserver l’utérus et à fermer la paroi abdominale sans drainage. L’infection revêt d’ordinaire des formes cliniques de plus en plus graves et contre lesquelles il est de plus en plus difficile de lutter au fur et à mesure de leur évolution. Cest dire l’importance d’une thérapeutique anti-infectieuse intense et rapide, dès les premiers signes annonciateurs de cette complication. La température, au lieu d’amorcer franchement sa chute dès le deuxième jour, ne « décroche » pas 38°. Le pouls reste rapide, aux environs de 100. C’est alors, sans plus attendre, qu’il faut commencer les antibiotiques : pénicilline à la dose de 1 million d'unités par jour, toutes les trois heures, associée à 1 gramme de streptomyeine et à 2 grammes d’auréomycine ; d’ordinaire, le début de l'infection est vite jugulé, la température et le pouls redeviennent normaux et les antibiotiques sont progressivement supprimés.

Le plus souvent, cetie température provient de la résorbtion d’un hématome sous-péritonéal localisé à la zone du péritoine décollé,

Si les antibiotiques sont commencés tardivement ou donnés à des doses insuffisantes, l’hématome sous-péritonéal peut s’infecter. [ se traduit alors par des manifestations cliniques plus précises. La température est un peu plus élevée, plus oscillante (38°-38°5) L’opérée se plaint de gêne hypogastrique et de quelques troubles vésicaux, la palpation de l’abdomen est douloureuse, mais ne renseigne pas de façon précise, c’est le toucher vaginal qui apporte la clé du diagnostic en montrant un cul-de-sac antérieur bombé, malgré l’évacuation de la vessie, douloureux et tendu, cette sensation douloureuse se propage un peu latéralement. Sous l’action des antibiotiques et de la glace, la résorbtion est de beaucoup l’évolution la plus fréquente. Mais avant la découverte des antibiotiques, l’abcès ainsi formé pouvait fuser au niveau des ligaments larges et se transformer en phlegmon du ligament large, complication très redoutée de par elle-même de par sa transformation possible en pelvi-péritonite, ou même en péritonite généralisée, qui emportait presque fatalement la malade. C’est la disparition quasitotale de ces dernières complications qui autorise des interventions conservatrices plus tardives.

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Toute infection, si légère soit-elle au niveau de la zone péritonéale décollée pourra produire des phénomènes d'irritation vasculaires siégeant surtout au niveau des veines des pédicules latéroutérins et #e traduire par des phénomènes phlébitiques trombo emboliques. |

Cependant ces complications veineuses ont beaucoup diminué de fréquence grâce à une technique opératoire moins traumatisante et à l’action des antibiotiques. Dans ces cas, les anticoagulants actuels seront maniés avec prudence et sous contrôlé quotidien du taux de prothrombine, du fait des hémorragies très importantes qu’ils peuvent provoquer au moment du retour de couche.

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