SUITES SIMPLES
Comme toutes les opérées, après avoir été sanglée dans un bacdage de corps, la malade sera couchée à plat dans un lit au préalablement chauffé. L’on placera sur son abdomen une grosse vessie de glace lourde,”qui outre son rôle classique, aura pour but d’éviter les phénomènes de décompression dus à la diminution brusque du volume de l’utérus.
Un urinal est mis entre les jambes de l’opérée pour recueillir les urines et établir une courbe de diurèse. Il faut insister sur le fait que la sonde doit être constamment ouverte pendant les 12 premières heures, ce qui permet de mettre au repos cette vessie augmentée de vo'ume et étalée contre la paroi abdominale du fait de la grossesse, et toujours un peu traumatisée d’abord par le travail utérin, puis par l'intervention. Mais surtout en évitant la formation d’un globe vésical, on empêche le tiraillement au niveau du péritoine vésico-utérin, ce qui permet une coaptation plus rapide et plus facile des décollement péritonéaux effectués au cours de l'intervention.
Pendant les 24 premières heures, une bonne pratique consiste à continuer la perfusion et à la préférer à la voie sous-cutanée qui, elle, sera réservée à la deuxième journée. Dans l’ensemble; un litre et demi de sérum au cours de ces premières 24 heures nous semble une juste moyenne chez ces nnalades déshydratées. Après le sérumni glucosé pré et per-opératoire, l’on pourra faire suivant les cas, soit du sérum salé, soit du sérum bicarbonaté, surtout si la malade a présenté une gestose au cours de sa grossesse, soit du plasma lorsque la tension artérielle baisse.
Il va sans dire que les antibiotiques commencés avant l’intervention seront continués au rythme de toutes les trois heures. Mais d'ordinaire nous attendons 18 à 24 heures avant d’entreprendre une thérapeutique antibiotique nouvelle ou à des doses supérieures, ceci pour connaître les réactions de la malade à la pénicilline et lui éviter une thérapeutique intempestive,
Le pouls, fidèle indicateur des pertubations cireulatoires, plus fidèle indicateur que la température de l'infection, et la tension artérielle, seront pris et notés toutes les heures pendant les 12 premières heures et toutes les trois heures ensuite.
I faut surveiller avec attention l’abdomen de la malade et surtout veiller à la persistance d’un bon globe utérin: La mèche vaginale sera retirée à la huitième heure. Dès le réveil de la malade, la mettre en position mi-assise.
. Pour assurer une nuit calme à la malade, lui faire le soir une piqûre de morphine, précédée une heure avant d’un tonicardiaque : camphre où mieux spartéine, à cause de son action légèrement ocytocique.
ME Vs
Le lendemain, les soins seront semblables à ceux de tous les opérés.
I faut insister sur la nécessité d’une instillation vésicale au nitrate d'argent. La surveillance du globe utérin et des pertes vaginales qui doivent se solder par quelques caillots et un suintcment séro-hématique sans odeur. Pouls, température, tension artérielle, courbe de diurèse feront l’objet d’une surveillance attentive. Le sérum intra-veineux sera remplacé par un demi ou un litre de sérum sous-cutané, suivant la température antérieure et l’état d’hydratation de lPopérée. On autorisera la malade à boire un peu, un demi-litre dans la journée de tisane diurétique ou d’eau minérale non gazeuze lactosée à boire par petites gorgées.
Si la malade se plaint de météorisme intestinal, ce qui est fréquent chez ces opérées, lui installer une sonde rectale.
Au bout de 48 heures, on retirera la sonde vésicale après instillation au nitrate d'argent et l’on permettra à l’opérée des boissons plus nutritives et plus variées : café au lait, bouillon de légumes, jus de fruits naturels, à l'exception du citron, qui provoque souvent des crampes d'estomac douloureuses et persistantes.
Vers la 36° heure faire donner, pour rétablir le transit intestinal, un petit lavement salé et gls'cériné (eau 150, glycérine 30 gr., chlorure de sodium 15 grammes) suivi 12 ‘heures après d’une injection de prostigmine et d’un grand lavement évacuateur salé. Si ceis ne suffit pas, faire le soir un lavement de : eau 100 cc., sulfate de magnésie 30 gr., glycérine 4 cuillerées à soupe, suivi le lendemain d’une purgation : huile de ricin-glycérine à partie égale, 1 cuillerée à soupe.
Le troisième jour, l’opérée pourra commencer à s’alimenter. Si tout va bien, la pénicilline toutes les trois heures sera remplacée par la pénicilline retard et, vers le sixième jour, toute médication anti-infectieuse pourra être arrêtée.
Les agrafes seront enlevées le sixième jour, les crins le douzième et la malade pourra sortir, munie d’une bonne ceinture postopératoire, à partir du quinzième jour.