INTRODUCTION
I y a 20 ans, MICHON publiait sa « Technique de césarienne avec exclusion secondaire de la zone opératoire », dont le but était de mettre à l’abri l’opérée des complications infectieuses toujours possibles. Ce procédé, rapidement adopté à l’étranger et surtout en Amérique latine était jugé comme insuffisant en cas d’nfection évidente. Aussi certains auteurs préféraient-ils, dans les cas limites, les ‘interventions avec extériorisation temporaire de l'utérus, telle l’opération de PORTE, et, dans les cas extrêmes l’hystérectomie sub-totale.
L'apparition dans l’arsenal thérapeutique des sulfamides d’abord, des antibiotiques ensuite ont été autant d’armes mises entre les mains des chirurgiens pour lutter contre les terribles con-
équences de l'infection. Aussi les interventions mutilatrices ontelles disparu au bénéfice de la césarienne avec extra péritonisation secondaire, qui, jusqu'alors était réservée aux cas suspects d’infection, et devient, dès lors, l’opération type des cas avec infection certaine.
Seuls nous intéresseront dans ce travail ces cas très infectés pour lesquels, il y a quelques années, l'indication d’hystérectomie ne faisait aucun doute ; car à l’heure actuelle il est possible, dans tous les cas où l’infection seule commandait hier l’hystérectomie, de l’éviter, et ainsi de sauvegarder les fonctions reproductrices de la femme, ce qui doit être l’idée directrice et l’orgueil du vrai gynécologue accoucheur,
Nous étudierons donc uniquement le cas des femmes présentant des signes cliniques certains d’infection (travail depuis plus de 24 heures, poche des eaux rompue depuis plus de 24 heures, liquide amniotique teinté ou même quelquefois fétide, température supérieure à 38°, accélération notable du pouls) pour lesquelles une césarienne a été décidée
— soit après des épreuves du travail négatives ou mal menées dans des bassins retrécis,
— soit pour des accouchements dans des bassins retrécis méconnus antérieurement,
— soit pour des dyscinesies de la contraction dans toutes leurs formes,
— soit pour les présentations dystociques : siège n’évoluant pas spontanément, épaule négligée.
La statistique que nous présentons a été établie à l’hôpital e! dans la clientèle privée du Docteur DAVEO sur les malades envoyées d'urgence de la ville ou de l’extérieur et dont tous les cas se rapportent à l’une des causes ci-dessus.