STATISTIQUES
Malgré l'intérêt tout à fait relatif que présentent les statistiques, elles ont pourtant l’avantage, si on les considère dans leur ensemble, de donner une idée à peu près exacte de l’évolution de la césarienne.
De cette étude il ressort une diminution progressive de la mortalité maternelle. Les statistiques sont d’autant plus difficiles à apprécier du point de vue qui nous intéresse que nous étudions, non pas la cause pour laquelle à été décidée la césarienne, mais uniquement un facteur qui la complique. È
La. première statistique digne de foi que l’on rencontre est celle de Robert Harris, qui porte sur 50 césariennes faites dans le monde de 1869 à 1880, dans laquelle on note 29 décès maternels, soit 58 %. Nous ne la citons qu’à titre documentaire et nous passerons sous silence toutes les statistiques du début du siècle portant sur la césarienne en général ou sur la querelle césarienne corporéale, césarienne segmentaire.
Des statistique que l’on rencontre dans la littérature française et étrangère on peut dresser le tableau suivant :
RER NT A NOMS Mortalité! Cas | Creme | globale | infectés |Hysterectomie Hd de) RNA ARE EURE 1920-35 135 | © COHEN (6 16 1934 393 | KESSLER Sen lt 112 1938 480 | PODLESCHKA | 6 24 6 1938 1.176 KOVACK Tr 15 12 1938 | 2 229 MIGLIAVACCA | 47 16 34 1942 88 LEPAGE | 1,94 11 10 1948 304 PORTE An 07 | 2925 1948 195 BAZIN Dr 0 0 1949 65 ROUCHY PSS 3 0 1949 182 NORTON 2 2 0
O0 De ce tableau on peut tirer les conclusions suivantes :
1°. — La mortalité maternelle globale, qui oscillait il y a une
quinzaine d’année aux environs de 5%, est descendue aux environs de 2% ;
2°. — Le nombre de césariennes suivies d’hystérectomie a con- Sidérablement diminué et l'indication d’hystérectomie pour infection ne se rencontre plus dans les statistiques actuelles ;
3°. — Le nombre de décès maternels dans les cas impurs a passé de 15% environ à 1 ou 2% et c’est surtout l’abaissement du taux de la mortalité dans les cas impurs qui a amélioré les statistiques globales.
SOINS PRE-OPERATOIRES
Lorsqu'une femme, présentant le tableau clinique que nous: venons de décrire, est amenée d’urgence dans un centre obstétrical et que l’indication de césarienne a été portée, il faut intervenir le plus vite possible. Cependant, les soins pré-opératoires revêtent ici une importance capitale car l’intervention se fait sur une femme fatiguée et infectée et pour un enfant qui subit in utero les conséquences d’un travail long et de l’infection. Il n’est évidemment pas question de prolonger au-delà du plus strict minimum ce temps pré-opératoire, mais mieux vaut retarder de quelques instants lPopération, si l’état fœtal ne commande pas l’urgence immédiate, pour one opérer avec le maximum de garantie fœtale et maternelle. |
On profitera de ce laps de temps pour faire pratiquer quelques examens indispensables : pour le sang, temps de saignement, temps de coagulation, hémogramme, urée sanguine et facteur Rhésus. Pour les urines : albumine, sucre et examen cytobactériologique des urines prises aseptiquement.
Il faudra commencer tout de suite la réhydratation de Ia malade ; elle se fera par voie endo-veineuse. Cette réhydratation sera poursuivie pendant et après l’intervention ; aussi la dénudation d’une veine, de préférence au cou-de-pied, et la mise en place d’un trocard de Salmon nous semble indispensable. Le sérum glucosé isotonique apyrogène offre de nombreux avantages ; il est directement assimilable par le muscle, active la diurèse, augmente la réserve sucrée du foie et renforce le rôle antitoxique de cette glande C’est donc à lui que nous nous adressons le plus volontiers avant l'intervention et nous lui associons, si le besoin s’en fait sentir, une ou deux ampoules de coramine ainsi que de la méthionine.
En même temps, on commencera l’oxygénisation maternelie qui permet de lutter avec efficacité contre l’anoxie fœtale. Nous employons l’oxygénisation intermittente avec masque non étanche, à un débit de 5 litres minute, pendant 5 minutes tous les quarts d'heure. Ces doses, suffisantes du point de vue fœtal, permettent d'éviter les accidents d’hyperoxygénisation chez la mère.
Les antibiotiques entreront également en jeu. La pénicilline à la dose de 1.500.000 unités par jour, faite toutes les trois heures, et commencée dès avant l'intervention, sera le traitement de fond auquel pourra venir s'ajouter ultérieurement l’auréomycine, intraveineuse au besoin, et surtout la chloromycétine. Dans les cas particulièrement graves, la streptomycine pré-opératoire sera également faite.