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COMPLICATIONS IMMÉDIATES ET ÉLOIGNÉES

Les complications de la césarienne peuvent survenir au moment de l'opération, pendant la période des suites de couches, ainsi que très tardivement. Nous essaierons de passer en revue les plus importantes et

les plus fréquentes de ces complications.

Anesthésie. — Il peut se produire des syncopes,

MIT 7 GIE même mortelles. Mais ces accidents ne sont pas plus fréquents dans la césarienne que dans toutes les autres interventions abdominales. Quant aux complications pulmonaires post-opératoires, on arrive à diminuer leur fréquence par une préparation préalable de la femme chaque fois que c’est possible (lavements à la créosote, etc.) et par l’application de la rachianesthésie. Ces accidents doivent être aussi fréquents dans la césarienne basse que dans la césarienne haute. Nous ne les avons d’ailleurs pas rencontrés chez nos

opérées.

Extraction du fœtus. — Il arrive quelquefois que l'extraction du fœtus soit malaisée à cause d’un commencement d'engagement, la tête étant enclavée au détroit supérieur. Quelquefois l’incision est insuffisante. D’autres fois l’utérus, à la suite d’une injection préventive d’ergotine, se contracte tellement qu'il est impossible d’extraire le fœtus. Dans notre observation n° 11, l'extraction du fœtus était rendue très pénible, à cause de la rétraction de l’anneau de Bandl

sur la tête fœtale.

Pour éviter des déchirures utérines, il faut agrandir la section de l’utérus vers le haut (professeur Couvelaire). Cocq, en discutant de la valeur de la césarienne haute en comparaison avec la césarienne basse, mentionne cet accident. Il précise que celui-ci est beaucoup plus fréquent au cours de la césarienne basse où il se produit une extension de l’incision mus-

culaire vers le bas, par déchirure de l’ouverture créée

es

dans le segment inférieur quand la tête la traverse. Chez une de ses opérées, cette déchirure s’étendait si loin vers le bas et latéralement, qu’il a été obligé de

pratiquer une hystérectomie.

Hémorragie utérine. — La plupart des auteurs signalent des hémorragies graves par atonie utérine. Cet accident est assez rare, d'autant plus rare que l’on emploie la rachianesthésie. Certains auteurs préfèrent une injection préventive d'ergotine ou de gynergine, quelques instants avant le début de l’opération, afin d'agir sur la contractilité des fibres musculaires de l’utérus. Dans nos observations 1,57 287 51: 39 90 99 et 40, nous avions des hémorragies utérines plus ou moins abondantes, qui cédaient toujours à l'injection d’ergotine ou de gynergine. Dans l'observation n° 1, il s’agit d’une hémorragie par inertie utérine, après

délivrance.

Difficultés à la délivrance. — Nous avons remarqué dans nos observations que le placenta se trouvait Soupent inséré sur la face antéro-interne de lutérus, de façon que la plupart du temps l’incision utérine tombait en pleine zone placentaire (33 %. Obs. 8, 11, 13,16, 20, 21, 22, 24, 28, 29, 32, 33, 34, 35 et 36). D’habitude le placenta se décolle facilement. Mais quelquefois il reste très adhérent à la paroi utérine et est difficile à extraire.

Il n’en est pas de même des membranes qui, la plupart du temps, sont très friables. Elles restent souvent adhérentes au niveau des cornes, du segment in-

R. Ellenbogen 5

GG férieur et du col. Leur extraction est très malaisée et on arrive à les enlever par lambeaux. L’iodage et l’écouvillonnage de la cavité utérine, après la délivrance, ramène souvent des débris de membranes. Si l’on est intervenu avant le début de tout travail, il est indiqué de passer une pince (à travers la paroi utérine avant suture) dans le col, pour le rendre perméable et faciliter ainsi l'évacuation des membranes qui pourraient encore rester.

L’hémorragie interne par désunion de la plaie utérine est encore une complication à redouter, quoique extrêmement rare. Il s’agit dans ce cas d’une désunion de la plaie utérine après relâchement de la suture pratiquée.

Par hantise de la fragilité du catgut, certains auteurs préconisent l’emploi de la soie pour la suture utérine. Pour bien des raisons, nous estimons que LEE ploi de la soie devrait être proscrit. La soie étant un corps non résorbable, elle semble agir à la manière d'une mèche et drainer par sa capillarité le contenu de la cavité utérine vers la cavité péritonéale, d’où danger immédiat d'infection de la grande cavité péritonéale.

De plus, il existe un danger secondaire d’adhérences serrées autour des fils infectés ainsi que la possibilité de formation de fistules utéro-pariétales.

En utilisant un catgut n° 2 à résorbtion lente, celui-ci gonfle et obture les trajets des fils, empêchant ainsi toute communication entré utérus et péritoine.

La suture par catgut donne un affrontement suf-

Dons PR

fisant pour obtenir une cicatrisation parfaite. Il s’agit seulement d'apporter le plus grand soin aux nœuds, qui doivent être bien serrés (sans couper) et triples.

L’opérée est souvent très agitée après l’intervention, ce qui peut provoquer les accidents les plus divers. Nous conseillons de pratiquer chaque fois, à la fin de l'intervention, une piqûre de morphine pour permettre à la malade de reposer et d’être à l’abri de complications du côté de la paroi abdominale.

Dans l’observation n° 18, nous rapportons le cas d’une de nos malades qui souffrait le lendemain de l'intervention et qui présentait des vomissements. Quelques crins avaient sauté et la paroi suintait. Redescendue dans la salle d'opération, on ouvrait la plaie abdominale. Les catguts du plan musculaire avaient sauté et des anses intestinales étaient venues faire hernie dans la plaie. Après suture de la paroi, la femme se sentait bien. Les suites de couches étaient normales, après avoir été pendant quelques jours

fébriles.

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