‹ Contribution à l'étude de la Césarienne HauteChapitre 66 sur 69 · PUCES · texte numérisé non relu

PUCES

Dans l’observation n° 20, nous rapportons le cas d’une malade ayant fait le douzième jour une forte élévation thermique. Le col était béant et laissait écouler des lochies nettement purulentes. Néanmoins nous n’avons eu aucune complication du côté du péritoine et, après quelques jours du traitement anti-infectieux la température revenait à la normale et permettait à la femme de quitter le vingt-neuvième jour le service en excellent état.

La solidité de la cicatrice utérine est de la plus haute importance pour l’avenir obstétrical de la femme. Une grossesse, après une césarienne antérieure, doit toujours nous faire craindre une rupture utérine au niveau de la cicatrice. Notre Maître, M. Devraigne, rapportait dernièrement trois cas de ruptures insidieuses de l'utérus gravide avant tout début du travail chez des femmes ayant subi antérieurement des césariennes hautes. Maïs ces ruptures sont encore assez rares. Morisson-Lacombe, en rapportant 41 observations de gestation après césarienne haute, constate deux ruptures utérines. Dans l’une de ses observations, la rupture ne s’est pas produite au niveau de la cicatrice même, mais un peu en dehors d’elle et parallèlement à elle. Il conclut à 4 % de ruptures utérines dans les césariennes hautes. D’après une statistique antérieure établie par Marioton, la fréquence de la rupture utérine serait seulement de 2,54 %. D’autres auteurs trouvent des chiffres plus ou

moins élevés,

Dans l'observation n° 6, nous rapportons le cas

PE

d’une rupture utérine pendant le travail. Il s’agit d’une femme avec un passé obstétrical tout à fait exceptionnel. Un premier accouchement normal, une fausse-couche de six mois, une fausse-couche de trois mois. Une première césarienne haute avec suites de couches fébriles. De nouveau une fausse-couche de trois mois et demi suivie de curettage. Une deuxième césarienne itérative avec suites de couches fébriles. Une troisième césarienne itérative un an plus tard, et enfin la dernière césarienne itérative quatorze mois plus tard au cours de laquelle on constate la rupture de l’utérus.

Déjà, pendant les césariennes antérieures, on avait remarqué des adhérences nombreuses, dues probablement à une infection légère post-opératoire qui nous avait donné les suites de couches fébriles. Les grossesses extrêmement rapprochées ainsi que le curettage subi, dans l'intervalle de deux césariennes, sont vraisemblablement les facteurs principaux de la production de cette rupture. Il est intéressant à noter que ce n’est pas une désunion de la cicatrice qui s’est produite, mais un déchirure irrégulière de l’utérus avec un lambeau formant languette.

Nous croyons que la cicatrice utérine est plus résistante que l’on ne suppose. Il faut des circonstances exceptionnelles pour produire une rupture utérine. Parmi les facteurs les plus en cause, il faut ranger les grossesses très rapprochées, les curettages provoquant des lésions de la paroi utérine, les distensions

fortes par hydramniose ou grosse tête, les con-

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